Fibromyalgie

Grec : mus : muscle, et algos : douleur.

Définition 

La fibromyalgie est une maladie encore mal connue, et donc mal prise en charge, qui touche environ 2 à 2,5 pour 100 de la population mondiale.

Elle est caractérisée par un état douloureux musculaire chronique (myalgies diffuses) étendu ou localisé à des régions du corps diverses. Ces douleurs sont nptamment présentes au niveau des racines des membres (on parle de douleurs rhizoméliques) et concernent avant tout les insertions des tendons des muscles sur les os.

Une autre caractéristique importante à retenir est l'absence de syndrome inflammatoire biologiqu : ceci signifie qu'aucun examen biologique, aucune analyse de sang ne montre d'inflammation à quelque niveau que ce soit de l'organisme.

 

Généralités 

La fibromyalgie appelée aussi fibrosite, polyenthésopathie, syndrome polyalgique est une maladie, qui est généralement controversée et passe pour une pathologie psychosomatique.

C'est la raison pour laquelle elle a longtemps été (et elle est conre souvent) négligée par le corps médical. Il faut néanmoins savoir qu'elle fait l'objet de recherches de plus en plus poussées de façon à essayer de trouver sa cause et sa physiopathologie (mécanisme de survenue d'une maladie).

Enfin sa définition ne cesse de changer et d'évoluer.

Cette pathologie essentiellement féminine (environ 80 % des cas), de survenue tardive (après 50 ans) mais dont il existe des cas avant 35 ans, amène à consulter de plus en plus fréquemment les cabinets médicaux (médecine générale, rhumatologie, ostéopathie, neurologie). Les individus atteints de fibromyalgie sont moins nombreux à partir de 70 ans. Cette affection consiste en :

  • des douleurs musculaires
     
  • des troubles du sommeil
     
  • une fatigue
     
  • un ralentissement des activités quotidiennes professionnelles ou autres.

Les principaux symptômes dont se plaignent les individus atteints de fibromyalgie, en dehors de la douleur, sont un sommeil perturbé, des paresthésies des membres supérieurs (fourmillements), des perturbations psychiques importantes à type de dépression essentiellement, des douleurs à la pression (légère) de certaines zones précises du corps (points de Yunus), une impression de crispation des mains et une fatigue générale intense.

Les répercussions immédiates de la fibromyalgie découlent pour beaucoup de l'impossibilité pour le patient de récupérer la nuit, ce qui aggrave le processus asthénique (de la fatigue). Des enquêtes médicales tendent à prouver le lien entre la fibromyalgie et un sommeil insuffisamment récupérateur.

La fibromyalgie est au centre d'une polémique concernant les patients et le corps médical. En effet, les patients présentant ce type de syndrome se sentent délaissés par le corps médical qui donne l'impression de ne pas s'intéresser à eux.
Le patient, dans un premier temps, ne sait à quel type de spécialiste il doit s'adresser. Est-ce un rhumatologue (spécialiste des maladies concernant les articulations), un neurologue (spécialiste des maladies concernant le système nerveux), un gériatre (spécialiste des patients âgés), un psychologue (spécialiste des maladies psychologiques), un psychiatre (spécialiste des maladies neuro- psychologiques), ou tout simplement un généraliste ?

La deuxième problématique est la formation (insuffisante pour ne pas dire inexistante) du corps médical concernant cette affection inclassable (pour l'instant). Chaque spécialiste semble se renvoyer la balle, pour ne pas dire le patient qui lui, bien entendu, se sent abandonné (ce qui n'arrange pas son état de santé).

La troisième problématique concernant la fibromyalgie est l'absence de résultats objectifs, vue du côté médical, en ce qui concerne les analyses biologiques. Ce qui semble, pour de trop nombreux médecins, fait des patients atteints de fibromyalgie des malades imaginaires ...

Longtemps, la fibromyalgie a été considérée comme une affection proche, ou en tout cas ayant des points communs avec le syndrome de la fatigue chronique. Cette affection, reconnue par l'OMS depuis 1992 et qui figure dans la liste de ICO-10 rhumatisme non spécifié, est quelquefois confondue avec d'autres affections concernant, de façon globale, le muscle et le squelette.

 

Le terme polyalgie désigne la présence de douleurs de sièges multiples (survenant à de nombreux endroits).
En dehors de la fibromyalgie, au moment de la ménopause, certaines femmes se plaignent régulièrement de douleurs articulaires et pararticulaires (survenant à proximité des articulations).

Le terme arthromyalgie désigne les douleurs articulaires et musculaires.

De nombreuses pistes sont explorées pour essayer de comprendre le mécanisme de survenue de la fibromyalgie. Nous allons en exposer quelques-unes.

Contrairement à ce que les médecins pensaient il y a encore quelques années, la fibromyalgie semble être le résultat d'une atteinte des muscles et non pas des articulations ou d'autres structures de l'organisme (tendon, ligamentcapsule articulaire, synoviale). En effet, les équipes médicales spécialisées ont remarqué que les patients présentant une fibromyalgie avaient une perturbation de leur sommeil et plus précisément de la phase numéro 4 du sommeil. Cette phase est une phase de relaxation au cours de laquelle, normalement, les muscles doivent se détendre. Cette insuffisance, voire absence, de relaxation semble participer au processus fibromyalgique au cours duquel les muscles ne se détendent pas ou insuffisamment, aggravant le tableau symptomatique (les symptômes que présente le patient et plus particulièrement les douleurs). C'est sans doute la raison pour laquelle l'utilisation de certains antidépresseurs, et plus particulièrement ceux intervenant sur la normalisation du rythme du sommeil, sont quelquefois efficaces.

Selon Moldofsky, les individus souffrant de fibromyalgie présentent un sommeil fragmenté, autrement dit un sommeil perturbé par de nombreux petits réveils, que les spécialistes en hypnologie appellent des micro-éveils. Pour ce spécialiste canadien en psychiatrie, les douleurs survenant au cours de la fibromyalgie sont le résultat de cette perturbation du sommeil, et non pas le contraire.
Il est possible d'avancer qu'il existe une corrélation étroite entre les capacités de régulation de la douleur (qui sont faites au niveau de l'hypothalamus) et leur survenue au cours de cette affection, suite à un sommeil réparateur. Une expérimentation intéressante a été faite à ce sujet : on a réussi, chez des individus en bonne santé, à faire apparaître des symptômes de la fibromyalgie en perturbant leur sommeil en les réveillant plusieurs fois dans la nuit. Au contraire, toujours expérimentalement, on a réussi à réduire les symptômes des individus fibromyalgiques en induisant chez eux, un sommeil artificiel profond.

La fibromyalgie semble s'expliquer par le fonctionnement inadapté des neurotransmetteurs (neuromédiateurs permettant le passage de l'influx nerveux des neurones aux muscles). Les examens de laboratoire pratiqués sur certains patients ont montré une diminution de la sécrétion de somathormone et une perturbation de la glycolyse (utilisation du sucre par l'organisme et plus particulièrement les muscles).
La somathormone (appelée également hormone somatotrope, somatotrophine, GH, hormone de croissance) est sécrétée par le lobe antérieur de l'hypophyse (glande située au centre du cerveau au-dessous de l'hypothalamus), et permet de stimuler la croissance. La somathormone régule également l'état et l'équilibre nutritionnel de l'individu, et est anabolisante (reconstruction des tissus de l'organisme), agissant sur les protéines, le calcium, les glucides et les lipides. Son action se fait parallèlement à celle de la somatomédine (hormone dont la composition est proche d'une autre hormone à l'origine de l'insuline : la pro-insuline).
La somatomédine, sécrétée par le foie et les reins, est transportée dans le sang en liaison avec des protéines. C'est en fait le principal médiateur de l'hormone de croissance sous l'influence de l'hypophyse. C'est la raison pour laquelle on parle de médiateur hormonal, plutôt que d'hormone proprement dite. Elle permet la fabrication des protéines, du tissu osseux, du collagène (protéine de base entrant dans la constitution de la majeure partie du tissu), et de stimuler la synthèse de l'acide désoxyribonucléique (ADN). En effet, l'hormone de croissance a une sécrétion très fluctuante, et la sécrétion de somatomédine (et plus particulièrement de somatomédine C) est plus constante. On constate quelquefois un déficit de sécrétion en somatomédine consécutif à celui de l'hormone de croissance. La régulation de l'hormone somatotrope se fait par l'intermédiaire d'autres hormones d'origine nerveuse (neuro-hormone) provenant de l'hypothalamus qui la stimule (GH-RH), la freine ou l'inhibe (somatostatine).

Le taux normal de l'hormone somatotrope est, chez l'adulte, inférieure à 5 microgrammes par litre. Ce dosage s'effectue par le test d'Evans.

Une anomalie du contrôle central de la douleur pourrait expliquer la fibromyalgie.

Certains neuromédiateurs tels que la sérotonine sont accusés d'être des médiateurs de la fibromyalgie. Pour comprendre, il est nécessaire de savoir ce qu'est un neuromédiateur : il s'agit d'une substance chimique (appelée également neurotransmetteur), fabriquée par l’organisme et permettant aux cellules nerveuses (neurones) de transmettre l’influx nerveux (message) entre elles ou entre un neurone et une autre variété de cellules de l’organisme (muscles, glandes). Les neuromédiateurs constituent le langage du système nerveux, permettant à chaque neurone de communiquer avec les autres. C’est de cette façon que se fait le traitement de l’information : les messages passent à travers les cellules possédant la capacité de fabriquer ces substances dans l’organisme. La colère, la faim, le sommeil, mais également la pensée, la réflexion sont les résultats de l’action de ces molécules de communication. Dans l'ensemble, les individus atteints de fibromyalgie semblent percevoir la douleur de façon différente des autres. Il semble s'agir d'une perturbation du seuil de perception de la douleur. Des expérimentations ont été faites en explorant par dolorimétrie la perception de la douleur. Celles-ci ont montré des anomalies quantitatives et qualitatives de la réponse aux stimuli douloureux (au fait de causer une douleur).

La diminution du seuil de perception de la douleur est un phénomène généralisé dans la fibromyalgie n'affectant pas seulement les zones douloureuses à la pression. Les équipes médicales concernées par la recherche sur la fibromyalgie estiment que les individus souffrant de cette affection présentent un état d'allodynie généralisée. Autrement dit, soumise à une douleur à la suite d'un stimulus thermique (par application de chaleur) ou électrique (par application d'une petite décharge électrique), le patient fibromyalgique la ressent de façon intense. C'est la raison pour laquelle les équipes médicales concernées estiment qu'il existe une perturbation de l'interprétation de la douleur par le système nerveux central.

On parle pour cette raison de mauvaises intégrations des stimuli nociceptifs. Le terme nociceptif désigne tout ce qui est en relation, ce qui capte les excitations douloureuses.

Ce phénomène serait le résultat d'un dysfonctionnement de certaines zones du cerveau, et plus particulièrement du thalamus et du noyau codé qui sont des noyaux gris centraux de l'encéphale (partie du système nerveux compris dans le crâne). Une des raisons de ce dysfonctionnement serait une mauvaise vascularisation (perturbation de l'arrivée du sang, voire de son retour) de ces zones. Tout ceci a été mis en évidence par des examens complémentaires médicaux tels que les techniques de débitmétrie cérébrale (single photon emission tomography) SPECT, et d'imagerie par résonance magnétique (IRM) fonctionnelle.
Un autre neuromédiateur mis en cause récemment au cours de la fibromyalgie est la substance P.

Ces deux médiateurs interviennent dans les mécanismes de nociception (perception de la douleur) et d'antinociception (contrôle de la douleur par les substances antidouleurs sécrétées par l'organisme telles que les endorphines entre autres). Les prélèvements effectués ont montré que le taux de substances P est plus concentré dans le liquide céphalo-rachidien alors que le taux de sérotonine et les substances équivalentes été diminué.

D'autres substances ont également été étudiées : il s'agit entre autres de la dynorphine A, le calcitonine gene-related peptide ou le nerve growth factor.

La recherche d'un foyer inflammatoire chronique est utile : il peut s'agir d'un affection d'une dent, d'un sinus, d'un intestin, d'une pathologie gynécologique, entre autres.

 

SYMPTÔMES DE LA FIBROMYALGIE

La première plainte d'un individu atteint de fibromyalgie est la douleur. Il s'agit soit de douleurs diffuses, soit de douleurs localisées.

Les douleurs diffuses se situent globalement dans l'axe du corps, c'est-à-dire qu'elles concernent les régions du cou, des lombes (bas du dos) et des fesses.

Les douleurs localisées se situent au niveau du rachis (colonne vertébrale) essentiellement.

Une caractéristique importante à retenir à propos des douleurs dont se plaignent les fibromyalgiques est la majoration de celles-ci par le froid, l'anxiété, le stress ou la fatigue. Cette fatigue touche essentiellement les muscles, et donne l'impression d'une sensation de noeud ou de brûlure.

Les patients se plaignent également d'une sensation de gonflement, dont la localisation est variée selon les individus.

À cela s'ajoutent d'autres symptômes moins fréquents que les précédents. Il s'agit d'une impression de fourmillements (paresthésies), de chaleur ou au contraire de froid concernant la peau, s'associant à une perturbation de la coloration cutanée (ce que l'on appelle des troubles vasomoteurs).

Plus précisément les patients atteints de fibromyalgie décrivent :

  • Des douleurs durant depuis plusieurs mois, en 3 endroits différents au moins. Elles ressemblent à des brûlures mais ne touchent pas les mains et les pieds et se situent au niveau du cou, en-dessous du crâne (entraînant des céphalées : maux de tête), en arrière, au niveau des épaules (à l'insertion du sus-épineux et du trapèze), au niveau des coudes (zone épicondylienne) et au niveau du grand trochanter (apophyse, zone de la partie supérieure du fémur, os unique de la cuisse).
     
  • Les douleurs des tendons et des muscles à la pression sont au centre du diagnostic de fibromyalgie. Les zones douloureuses sont (entre autres) les suivantes (d'après l'ACR : American Collège of Rheumatology), en commençant par le haut du corps : l'arrière du crâne (occiput), les dernières vertèbres cervicales (5ème, 6ème et 7ème cervicales), les coudes, le trapèze, le supra-épineux, la 2ème côte, le grand trochanter (hanche), le genou (voir examen physique).
     
  • Les patients se plaignent souvent d'une sensation de fatigue intense, fatigue concernant les muscles dans la majorité des cas. Ceci explique que l'individu atteint de fibromyalgie présente un handicap fonctionnel souvent en inadéquation avec une activité professionnelle. À ce sujet, de nombreux patients se plaignent de ne pas être compris ou au minimum entendu, par les médecins inspecteurs et contrôleurs de la sécurité sociale, qui semblent ne pas prendre en considération leurs dossiers cliniques. Le médecin généraliste du patient, dans ce cas, a un rôle particulièrement important à jouer : en effet, il se doit tout d'abord d'élaborer un dossier clinique (le dossier du patient) le plus complet et le plus précis possible, et ensuite, si nécessaire, le médecin doit accompagner sa patiente (le plus souvent) de façon à rapporter le maximum d'explications pragmatiques, en ce qui concerne l'impossibilité, pour un individu atteint de fibromyalgie, d'exercer sa profession. Cette incapacité fonctionnelle a été mesurée par le HAQ, autrement dit Health Assessment Questionnaire functional disability index. Il est intéressant et nécessaire de savoir que les symptômes présentés par un patient dans ce cadre de figure sont aussi handicapants que ceux de la polyarthrite rhumatoïde.
     
  • Les troubles du sommeil sont fréquemment décrits (quasi-totalité des patients). Le sommeil apparaît léger, fragmenté et le patient se lève fatigué après un réveil difficile. Il est quelquefois possible de rencontrer, en plus du syndrome fibromyalgique, un syndrome d'apnée du sommeil susceptible de s'accompagner d'assoupissement, de demi-sommeil durant la journée. Il s'agit d'anomalies du sommeil en termes de qualité, pouvant expliquer la survenue de certains symptômes tels que la fatigue générale, la pression de stress, les douleurs des muscles etc. Les examens polysomnographiques ne mettent pas toujours en évidence des modifications du sommeil (anomalies architecturales du sommeil) : c'est la raison pour laquelle on ne peut pas compter sur ces examens complémentaires pour préciser le diagnostic de fibromyalgie.
     
  • Le syndrome du côlon irritable fait également partie du tableau clinique du patient fibromyalgique : en effet, un tiers des patients fibromyalgiques sont atteints de syndrome du côlon irritable. Ceci pourrait trouver une explication dans le phénomène suivant : on a remarqué, chez les patients atteints de fibromyalgie, un taux de sérotonine inférieur aux autres personnes. La sérotonine est un neuromédiateur qui est donc, de ce fait, particulièrement incriminé dans la fibromyalgie. Il semble exister au cours de cette affection une relation étroite entre les troubles digestifs concernant le colon (gros intestin) et les perturbations neurologiques, plus précisément psycho-neurologiques, rencontrée dans la fibromyalgie. La sérotonine a une constitution chimique de type aminé : cela signifie que cette substance est dérivée d’un acide aminé (élément de base constitutif des protéines), le tryptophane (acide aminé essentiel fourni par l’alimentation et participant à la constitution des protéines de l’organisme). La sérotonine est synthétisée par les cellules de l’intestin mais on la retrouve dans la plupart des tissus de l’organisme. Elle participe à de nombreux mécanismes. Elle agit sur les processus nerveux et vasculaires et sur la contraction des muscles lisses (muscles de la plupart des viscères et des artères possédant des contractions automatiques, à la différence des muscles striés du squelette permettant les mouvements volontaires). La sérotonine est transportée par les plaquettes sanguines, puis stockée dans la plupart des tissus où elle transmet des informations du système nerveux central (cerveau et moelle épinière).
     
  • La dysautonomie (fonctionnement anormal du système nerveux autonome) est un trouble du passage de l'excitation nerveuse au niveau du nerf vague (appelé également nerf pneumogastrique). Ce nerf permet la transmission des sensations et des ordres aboutissant aux muscles à l'origine des mouvements du pharynx, de l'estomac, du larynx, du cœur, du foie et des intestins. Ceci aboutit à l'amphotonie, qui est un excès de tonicité portant sur les 2 systèmes : le nerf sympathique et le nerf vague. L’hypoamphotonie correspond à une hypotonie (diminution du tonus normal) de ces deux systèmes. La sympathicotonie correspond à une tonicité accrue au niveau des organes innervés par le système sympathique. La vagotonie correspond à un excès de tonicité des organes innervés par le nerf vague ou pneumogastrique. En pratique, au cours de la consultation médicale, et plus précisément de l'examen physique du patient, on constate la présence d'anomalies de la circulation cutanée, plus précisément de la microcirculation (petits vaisseaux sanguins) de la peau. Ces perturbations se caractérisent par une modification de la vasoconstriction. Au cours de la fibromyalgie ce mécanisme est perturbé. Les patients présentent plutôt une vasoconstriction (diminution du calibre des vaisseaux) qu'une vasodilatation (ouverture du calibre des vaisseaux). Ce phénomène est susceptible d'expliquer la sensibilité accrue des points caractéristiques (points de Yunus) de la fibromyalgie. L'hypotension orthostatique c'est-à-dire le fait que le patient présente une chute de sa tension artérielle de la position allongée à la position debout par exemple, est également significatif de la perturbation du fonctionnement de son système nerveux autonome. Une accélération de son rythme cardiaque durant le sommeil (normalement se rythme doit diminuer durant le repos nocturne) traduit également une perturbation des systèmes de régulation neurologique de son organisme.
     
  • Les patients se plaignent également de ce que les spécialistes en neurologie et en psychologie-psychiatrie appellent des troubles cognitifs. Il s'agit avant tout de troubles de la mémoire et pour certains patients de perturbations du traitement de l'information (plus précisément de la vitesse de traitement des informations qui leur arrivent). Les chercheurs ont remarqué qu'il existait une corrélation entre l'intensité de la douleur, l'anxiété, les anomalies du sommeil et ces troubles cognitifs.
     
  • Des paresthésies : il s'agit d'un trouble de la sensibilité, désagréable et non douloureux, donnant l'impression de palper du coton et pouvant s'accompagner d'une anesthésie (disparition plus ou moins importante de la sensibilité). Le terme habituellement employé est fourmillement.
     
  • Environ un peu moins de la moitié des patients présentent une dépression importante (chiffre supérieur à la population générale). Il est impossible de savoir, pour l'instant, si celle-ci est la cause de la fibromyalgie ou sa conséquence. Le plus souvent, des antécédents de dépression sont retrouvés. Il semble que la dépression soit la conséquence de la fibromyalgie. En effet, étant donné l'état d'isolement social dans lequel se trouvent les patients, il semble compréhensible qu'ils souffrent d'un syndrome dépressif. Certains examens de laboratoire permettent de dire avec quasi-certitude que la dépression (au cours de la fibromyalgie)  n'est pas organique, mais sans doute secondaire. En effet, au cours de la dépression «classique», certains dosages comme par exemple celui du cortisol dans les urines, sont perturbés. Au cours de la fibromyalgie le dosage du cortisol et d'autre tests (test à la dexaméthasone) sont normaux.

 

DIAGNOSTIC

L'examen clinique consiste à palper le patient, et plus exactement à effectuer une pression à l'aide d'un doigt sur certains points de l'organisme dont la localisation est bien précise. Ces zones portent le nom de points de Yunus.

Cette pression ne doit pas dépasser 4 kg par centimètre carré.

Les zones du corps (points douloureux correspondent aux assertions ont des tendons des muscles sur les os) où doit s'exercer la pression du pouce de l'examinateur sont les suivantes :

  • occiput à l'insertion des muscles sous occipitaux (base du crâne)
     
  • bord supérieur du muscle trapèze
     
  • zone située entre la cinquième et sixième côte (en avant)
     
  • omoplate (bord interne)
     
  • articulation entre la deuxième côte et le sternum
     
  • coude
     
  • muscle fessier (partie supérieure et externe de la fesse)
     
  • hanche (trochanter)
     
  • intérieur du genou

 

 

 

Pour porter le diagnostic de fibromyalgie il est nécessaire de retenir les critères émis par l'American College of Rheumatology en 1990.

L'affirmation du diagnostic nécessite que l'on retrouve au minimum 11 points douloureux sur 18 quand on effectue une pression sur les zones caractéristiques de la fibromyalgie.

Pour certains spécialistes la présence de cinq points douloureux est suffisante pour affirmer le diagnostic de fibromyalgie.

Le nombre des zones citées précédemment est variable selon l'état psychologique et somatique (organique) du patient. Ainsi, en cas de fatigue ou de manque de sommeil, ces points sont susceptibles d'être plus importants (en nombre). D'après certaines équipes spécialisées en rhumatologie (Pr Blotman de Montpellier entre autres), l'absence de réponse à un antalgique (antidouleurs) serait relativement caractéristique de la fibromyalgie.

Par comparaison, certaines zones ne sont pas douloureuses. Il s'agit entre autres du front, de l'avant-bras et de l'avant de la cuisse. Le reste du corps ne présente pas d'anomalie. Les articulations sont indemnes, les chevilles ne sont pas gonflées.

L'examen clinique des autres parties du corps ne montre aucune anomalie (articulation, os, muscle, ligament, aponévrose, peau, etc.). En particulier, l'examen neurologique concernant le système nerveux central et le système neurovégétatif (sympathique et parasympathique) est normal.

 

Analyses de laboratoire

Les examens à réaliser vont permettre d'éliminer d'autres diagnostics proches de cette pathologie qui le plus souvent entre dans le cadre de la consultation de rhumatologie, ce sont :

Habituellement, ces examens sont normaux.

 

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL

Le diagnostic de fibromyalgie ne peut être porté qu'après avoir éliminé d'autres affections telles que :

 

Liste (non exhaustive) de certaines pathologies s'accompagnant de douleurs :

  • Le syndrome de Slocumb, étudié par l'américain Charles Slocumb en 1953, est un ensemble d'épisodes de fatigue survenant périodiquement et s'accompagnant de douleurs des articulations, des muscles et d'une instabilité de l'humeur. Tous ces symptômes sont améliorés par un sommeil récupérateur. Ce syndrome s'observe essentiellement chez les patients qui ont reçu un traitement contenant des corticoïdes (cortisone) durant une longue période.
     
  • Le syndrome du Haff, appelé également myoglobinurique épidémique, est une maladie des pêcheurs rencontrée dans une lagune de la Baltique le Königsberg Haff (Kaliningrad). Les patients, au cours de cette affection, présentent des douleurs musculaires intenses, une fatigue importante (asthénie) et une myoglobinurie (présence de myoglobines dans les urines). La cause de cette affection est une intoxication par l'arsenic provenant de déchets industriels.
     
  • L'akinesia algera, appelée également syndrome de Mœbius, se caractérise par l'apparition de sensations de douleurs lors des mouvements volontaires. Aucune lésion ni dysfonctionnement (mauvais fonctionnement) du système nerveux n'explique l'apparition de telles douleurs. Pour le célèbre neurologue français Dejerine, il s'agit de douleurs appartenant au groupe des algies centrales.
     
  • Les algies diffusantes post-traumatiques de Leriche correspondent à un ensemble de symptômes (syndrome) se caractérisant par l'apparition, en dehors de tout contexte infectieux, de douleurs ressemblant à des brûlures apparaissant sur un mode continu avec des épisodes intenses dépassant la zone blessée au départ, et irradiant dans tout l'organisme. Ce type de douleurs survient après un traumatisme, parfois très léger, et s'accompagne de modification de l'état de la peau (troubles trophiques) et des phanères (poils et ongles entre autres). Les patients présentent par ailleurs une décalcification du squelette osseux et parfois quelques troubles psychiques. Il s'agit d'un syndrome qui serait sans doute dû à un dérèglement sympathique comme peuvent l'être, entre autres, le syndrome extenso-progressif, la mélotrophose traumatique, la névrite ascendante, l'ostéoporose algique post-traumatique, et l'atrophie de Sudeck.
     
  • La mélotrophose traumatique est une pathologie étudiée par Abrami en 1939, et appelée également pseudo-panaris. Ce nom a été donné à un ensemble de modifications de la peau apparaissant à la suite d'une simple piqûre, quelquefois sans infection mais avec apparition de rougeurs, d'oedème local associé à une rétraction (raccourcissement) de l'aponévrose palmaire (membrane de recouvrement  et de protection des muscles et des os situés sous la plante des pieds), quelquefois une décalcification du tissu osseux. Il s'agit sans doute d'une pathologie consécutive à un dérèglement du système nerveux sympathique (partie du système nerveux autonome) proche des algies diffusantes post-traumatiques, de la névrite ascendante, de la maladie de Sudeck, de l'ostéoporose algique post-traumatique et du syndrome extenso-progressif. Cette affection a pour caractéristique de s'étendre sur une durée importante et de s'accompagner de douleurs.
     
  • La sclérose en plaques
     
  • La chorée fibrillaire de Morvan
     

 

TRAITEMENT DE LA FIBROMYALGIE

La fibromyalgie disparaît, plutôt rarement, grâce à un traitement adapté et à un suivi psychothérapique de soutien.

Les traitements médicamenteux ne sont pas toujours efficaces. Ils font appel aux décontracturants musculaires, aux anti-inflammatoires, aux antidépresseurs, aux antidouleurs.
En ce qui concerne les antalgiques (antidouleurs), le tramadol semble plus efficace que les autres : ceci s'explique sans doute par son action faisant intervenir la physiologie de la recapture de la sérotonine entre autres. Certaines équipes médicales l'associent au paracétamol (Efféralgan).

Différents antidépresseurs ont été utilisés : il s'agit notamment de l'Amitriptyline, de la Fluoxétine, de la Paroxetine et du Citalopram.

Des exercices d'élongation ou des exercices en aérobiose ainsi qu'une amélioration du sommeil peuvent apporter un certain bénéfice.

Le reconditionnement à l'effort est utilisé parfois dans la fibromyalgie. Il semble que cette technique ne soit pas particulièrement appréciée des patients. En effet, elle entraîne quelquefois des lésions musculaires et de la fatigue supplémentaire dont se plaignent les patients fibromyalgiques.

L'application de chaleur ainsi que des massages doux associés donnent parfois d'excellents résultats tout comme la mésothérapie : cette technique utilisant des infiltrations (injections) locales de procaïne à 1 % (anesthésique local) associées ou pas avec un corticoïde (cortisone), peut apporter une amélioration. Cependant, l'utilisation de la cortisone doit se faire avec parcimonie et en profondeur, de façon à ne pas entraîner de problèmes cutanés plus inesthétiques que douloureux.

 

Épidémiologie 

 

 

Forum : discussions concernant "Fibromyalgie"

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