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Fibromyalgie

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Symptômes

La première plainte d'un individu atteint de fibromyalgie et la douleur. Il s'agit soit de douleurs diffuses soit de douleurs localisées. En cas de douleurs diffuses celles-ci se situent globalement dans l'axe du corps c'est-à-dire qu'elles elles concernent les régions du cou, des lombes (bas du dos) et des fesses. Les douleurs localisées se situent au niveau du rachis (colonne vertébrale) essentiellement.

Une caractéristique importante à retenir à propos des douleurs dont se plaignent les fibromyalgies est la majoration de celles-ci par le froid, l'anxiété, le stress, ou encore la fatigue. Cette fatigue touche essentiellement les muscles et donne l'impression d'une sensation de noeud ou de brûlure.

Les patients se plaignent également d'une sensation de gonflement dont la localisation est variée selon les individus. À cela s'ajoutent d'autres symptômes moins fréquents que les précédents. Il s'agit d'une impression de fourmillements (paresthésies), de chaleur ou au contraire de froid concernant la peau, s'associant à une perturbation de la coloration cutanée (ce que l'on appelle des troubles vasomoteurs).

Plus précisément les patients atteints de fibromyalgie décrivent :
  • Des douleurs durant depuis plusieurs mois en trois endroits différents au moins. La moindre douleur est insupportable, intolérable. Elles ressemblent à des brûlures mais ne touchent pas les mains et les pieds et se situent au niveau du cou, en dessous du crâne (entraînant des céphalées : maux de tête), en arrière, au niveau des épaules (pour les spécialistes à l'insertion du sus épineux et du trapèze), au niveau des coudes (zone épicondylienne) et au niveau du grand trochanter (apophyse, zone de la partie supérieure du fémur, os unique de la cuisse).
  • Les douleurs des tendons et des muscles à la pression sont au centre du diagnostic de fibromyalgie. Les zones douloureuses sont (entre autres) les suivantes (d'après l'ACR : American Collège of Rheumatology). En commençant par le haut du corps : l'arrière du crâne (occiput), les dernières vertèbres cervicales (cinquième, sixième et septième cervicales), les coudes, le trapèze, le supra épineux, la deuxième côte, le grand trochanter (hanche), le genou (voir examen physique).

  • Les patients, au cours de cette affection, se plaignent souvent d'une sensation de fatigue intense, fatigue concernant les muscles dans la majorité des cas. Ceci explique que l'individu atteints de fibromyalgie présente un handicap fonctionnelle souvent en inadéquation avec une activité professionnelle. À ce sujet de nombreux patients se plaignent de ne pas être compris ou au minimum entendu par les médecins inspecteurs et contrôleurs de la sécurité sociale qui semble ne pas prendre en considération leurs dossiers cliniques. Le médecin généraliste du patient, dans ce cas, a un rôle particulièrement important à jouer. En effet, il se doit tout d'abord d'élaborer un dossier clinique (le dossier du patient) le plus complet et le plus précis possible. Ensuite, si nécessaire, le médecin doit accompagner sa patiente (le plus souvent) de façon à rapporter le maximum d'explications pragmatiques en ce qui concerne l'impossibilité, pour un individu atteint de fibromyalgie, d'exercer sa profession. Cette incapacité fonctionnelle a été mesurée par le HAQ, autrement dit Health Assessment Questionnaire functional disability index. Il est intéressant et nécessaire de savoir que les symptômes, présentés par un patient dans ce cadre de figure, sont aussi handicapants que ceux de la polyarthrite rhumatoïde.

  • Les troubles du sommeil sont fréquemment décrits (quasi-totalité des patients). Le sommeil apparaît léger, fragmenté et le patient se lève fatigué après un réveil difficile. Il est quelquefois possible de rencontrer, en plus du syndrome fibromyalgique, un syndrome d'apnée du sommeil, susceptible de s'accompagner d'assoupissement, de demi-sommeil durant la journée. Il s'agit d' anomalies du sommeil en termes de qualité pouvant expliquer la survenue de certain symptômes tels que la fatigue générale, la pression de stress, les douleurs des muscles etc. Les examens polysomnographiques ne mettent pas toujours en évidence des modifications du sommeil (anomalies architecturales du sommeil). C'est la raison pour laquelle on ne peut pas compter sur ces examens complémentaires pour préciser le diagnostic de fibromyalgie.

  • Le syndrome du côlon irritable fait également partie du tableau clinique du patient fibromyalgique. En effet, un tiers des individus sont atteints de syndrome du côlon irritable. Ce syndrome que l'on explique pas pour l'instant au cours de cette pathologie, pourrait trouver une explication dans le phénomène suivant. On a remarqué, chez les patients atteints de fibromyalgie un taux de sérotonine inférieur aux autres personnes. La sérotonine est un neuromédiateur qui est donc, de ce fait, particulièrement incriminé dans la fibromyalgie. Il semble exister au cours de cette affection une relation étroite entre les troubles digestifs concernant le colon (gros intestin) et les perturbations neurologiques, plus précisément psychose neurologique rencontrées dans la fibromyalgie. Neuromédiateur, appelé également neurotransmetteur (substance transmettant l’influx nerveux entre les neurones et entre un neurone et un muscle), la sérotonine a une constitution chimique de type aminé. Cela signifie que cette substance est dérivée d’un acide aminé (élément de base constitutif des protéines) le tryptophane (acide aminé essentiel fourni par l’alimentation et participant à la constitution des protéines de l’organisme). La sérotonine est synthétisée par les cellules de l’intestin mais on la retrouve dans la plupart des tissus de l’organisme. La sérotonine participe à de nombreux mécanismes. Elle agit sur les processus nerveux et vasculaires et sur la contraction des muscles lisses (muscles de la plupart des viscères et des artères possédant des contractions automatiques, à la différence des muscles striés du squelette permettant les mouvements volontaires). La sérotonine est transportée par les plaquettes sanguines, puis stockée dans la plupart des tissus où elle transmet des informations du système nerveux central (cerveau et moelle épinière). 
  • Le terme dysautonomie signifie : fonctionnement anormal du système nerveux autonome. La dysautonomie fait partie du syndrome fibromyalgie. De quoi s'agit-il ? La dysautonomie correspond à un trouble du passage de l'excitation nerveuse au niveau du nerf vague (appelé également nerf pneumogastrique). Ce nerf permet la transmission des sensations et des ordres aboutissant aux muscles à l'origine des mouvements du pharynx, de l'estomac, du larynx, du cœur, du foie et des intestins. Ceci aboutit à l'amphotonie, qui est un excès de tonicité portant sur les deux systèmes : le nerf sympathiques et nerf vague. L’hypoamphotonie correspond à une hypotonie (diminution du tonus normal) de ces deux systèmes. La sympathicotonie correspond à une tonicité accrue au niveau des organes innervés par le système sympathique. La vagotonie correspond à un excès de tonicité des organes innervés par le nerf vague ou pneumogastrique. En pratique, c'est-à-dire au cours de la consultation médicale et plus précisément de l'examen physique du patient, on constate la présence d'anomalies de la circulation cutanée, plus précisément de la microcirculation (petits vaisseaux sanguins) de la peau. Ces perturbations se caractérisent par une modification de la vasoconstriction. La vasoconstriction est la possibilité pour un vaisseau de se contracter au contraire de se dilater. Au cours de la fibromyalgie ce mécanisme est perturbé. Les patients présentent plutôt une vasoconstriction (diminution du calibre des vaisseaux) qu'une vasodilatation (ouverture du calibre des vaisseaux). Ce phénomène est susceptible d'expliquer la sensibilité accrue des points caractéristiques (points de Yunus) de la fibromyalgie. L'hypotension orthostatique c'est-à-dire le fait que le patient présente une chute de sa tension artérielle la position allongée la position debout par exemple, est également significatif de la perturbation du fonctionnement de son système nerveux autonome. Une accélération de son rythme cardiaque durant le sommeil (normalement se rythme doit diminuer durant le repos  nocturne)traduit également une perturbation des systèmes de régulation neurologique de son organisme. Enfin, une période de stress, paradoxalement le rythme cardiaque du patient fibromyalgique diminue alors qu'il augmente chez un patient ne présentant aucune affection du système nerveux autonome.
  • Les patients se plaignent également de ce que les spécialistes en neurologie et en psychologie-psychiatrie appellent des troubles cognitifs. Il s'agit avant tout de troubles de la mémoire et pour certains patients  des perturbations du traitement, plus précisément de la vitesse de traitement, des informations qui leur arrivent. Autrement dit, les patients mettent  un certain délai pour comprendre ce qui leur est dit. Mais ceci n'est pas vrai pour tous les malades atteints de fibromyalgie. Les chercheurs ont remarqué qu'il existait une corrélation entre l'intensité de la douleur, l'anxiété, les anomalies du sommeil.

  • Des paresthésies : il s'agit d'un trouble de la sensibilité, désagréable et non douloureux, donnant l'impression de palper du coton, et pouvant s'accompagner d'une anesthésie (disparition plus ou moins importante de la sensibilité). Le terme habituellement employé est fourmillement.
  • Environ un peu moins de la moitié des patients présente une dépression importante (chiffre supérieur à la population générale). Il est impossible de savoir, pour l'instant, si celle-ci est la cause de la fibromyalgie ou sa conséquence. Le plus souvent des antécédents de dépression sont retrouvées. Il semble que  sa dépression soit les conséquences de la fibromyalgie. En effet, étant donné l'états d'isolement social dans lequel se trouvent les patients il semble compréhensible qui souffre d'un syndrome dépressif. Certains examens de laboratoire, permettent de dire avec quasi-certitudeque que la dépression (au cours de la fibromyalgie)  n'est pas organique mais sans doute secondaire. En effet, au cours de la dépression «classique» certains dosages comme par exemple celui du cortisol dans les urines, sont perturbés. Au cours de la fibromyalgie le dosage du cortisol et d'autre test (test à la dexaméthasone) sont normaux.


Voir également


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