Articulation

Latin : articulus : articulation.

Définition 

Les articulations sont un lien, une charnière entre deux (ou plusieurs) os.

Généralités 

Selon le degré de mobilité des articulations, on distingue :

  • Les articulations trés mobiles (diarthrose).
  • Les articulations semi-mobiles (amphiarthroses).
  • Les articulations immobiles (synarthroses).

Classification 

On distingue plusieurs variétés d'articulation, dont voici quelques exemples :

  • L'articulation acromio-claviculaire, est l'articulation située sur le sommet de l'épaule : elle joint la partie externe de la clavicule à l'épine de l'omoplate, appelée acromion. Cette articulation possède une mobilité réduite, par rapport aux autres et une de ses caractéristiques pathologiques (concernant la maladie), est la déchirure des ligaments. On constate également une propension aux luxations (déboîtements), à l'occasion de traumatisme direct ou indirect (sport entre autres).
  • L'articulation astragalo-calcanéenne (ou articulation sous astragalienne) correspond, à l'ensemble des deux surfaces articulaires qui unissent les deux os de l'arrière du pied (astragale et calcanéum). Cette articulation permet des mouvements de bascule du talon sur les côtés.
  • L'articulation atloïdo-axoïdienne sert à relier la première vertèbre cervicale (atlas) supportant le crâne à la deuxième vertèbre cervicale (axis). Son rôle est essentiellement celui d'un pivot, autour duquel tournent l'atlas et la tête. C'est donc au moment de la rotation du cou que cette articulation est mise en jeu.
  • L'articulation carpo-métacarpienne correspond à l'ensemble des articulations du poignet. Cette articulation est située à la base des cinq os métacarpiens (os de la paume de la main). Elle permet essentiellement les mouvements d'extension-flexion de la main (élévation et abaissement).
  • L'articulation costo-transversaire apparaît sous la forme d'un renflement à la partie initiale de la cote appelée tubérosité costale. Cette articulation permet l'union de l'apophyse transverse d'une vertèbre dorsale correspondant à la côte. Son rôle est de stabiliser le thorax lors des mouvements respiratoires.
  • L'articulation costo-vertébrale unit l'extrémité supérieure de la cote à la partie latérale du corps vertébral, permettant ainsi à la côte de se stabiliser pendant les mouvements respiratoires.
  • L'articulation coxo-fémorale est l'articulation de la hanche. Elle unit la tête du fémur à une cavité de forme sphérique, qui est creusée dans l'os iliaque (os latéral du bassin) : le cotyle. Les ligaments périarticulaires (situés autour de l'articulation), le ligament rond (ligament situé au centre de la tête fémorale) et la capsule articulaire participent à l'union de cette articulation.
  • L'articulation fémoro-patellaire est l'articulation qui unit la face postérieure de la rotule à l'extrémité inférieure et antérieure du fémur.
  • L'articulation fémoro-tibiale est une articulation qui relie l'extrémité inférieure du fémur à l'extrémité supérieure du tibia appelée plateau tibial. Entre ces deux surfaces articulaires, se situent les deux ligaments croisés du genou permettant l'union du fémur et du tibia. Le rôle de ces ligaments est de s'opposer aux mouvements de glissement en avant et en arrière du genou. Il existe d'autre part, dans cette articulation deux ménisques (interne et externe). Ce sont de petites languettes constituées de fibre et de cartilage dont la section est triangulaire. Elles sont situées dans la cavité articulaire, et leur base est fixée sur la capsule articulaire. Les deux faces de chaque ménisque, viennent se mouler sur les deux extrémités cartilagineuses articulaires. Le rôle des ménisques est d'améliorer la coaptation de cette articulation. La coaptation est le mécanisme par lequel deux surfaces articulaires s'épousent parfaitement, pour assurer la stabilité de l'articulation. Ce terme désigne également, la réduction d'une fracture ou d'une luxation. Une luxation est le déplacement permanent de deux surfaces articulaires, supprimant les rapports qu'elles contractent habituellement.
  • L'articulation interapophysaire postérieure réunit les apophyses articulaires supérieures d'une vertèbre, aux apophyses articulaires inférieures de la vertèbre située immédiatement en dessous de la première. Cette articulation, permet de renforcer et de maintenir la stabilité de la colonne vertébrale. Les mouvements de la colonne vertébrale (rachis), dans son ensemble, sont limités par ce type d'articulation. La mobilité est plus ou moins importante, selon le segment vertébral (cervical, dorsal, lombaire).
  • L'articulation métacarpo-phalangienne unit la tête des os du métacarpe (os de la paume de la main) à la base des premières phalanges des doigts de la main.L'articulation métatarsophalangienne est identique mais au niveau du pied.
  • L'articulation occipito-atloïdienne réunit la base du crâne sur la première vertèbre cervicale : l'atlas.
  • L'articulation omo-humérale est l'articulation de l'épaule.
  • L'articulation sacro-illiaque est une articulation située entre les bords du sacrum. Elle se présente sous la forme d'un triangle au centre du bassin. On décrit les parties postérosupérieures (en arrière et au-dessus) et les deux ailes iliaques (les deux grands os situés de chaque côté du bassin). Cette articulation n'est presque pas mobile, étant donné la puissance des ligaments qui siègent en arrière, permettant la réunion de l'os iliaque à droite à gauche et le sacrum au milieu.
  • L'articulation scapulo-humérale est l'articulation de l'épaule. Cette articulation donne aux membres supérieurs une certaine mobilité par rapport au thorax sur lequel elle s'insère. Il s'agit d'une articulation complexe constituée de deux surfaces articulaires (celle de l'omoplate d'un côté, que l'on appelle la glène ou surface glénoïde, et celle de l'extrémité supérieure de l'humérus : la tête humérale). Ces deux surfaces sont quasiment planes, et permettent une coaptation peu importante. L'importance des mouvements articulaires de l'épaule, s'explique par la mobilité de l'articulation acromio-claviculaire, c'est-à-dire entre l'acromion d'une part et la clavicule de l'autre. Cet ensemble constitue un dispositif qui ressemble à un jeu de cardans. Les pièces osseuses entrant dans la composition de cette articulation, sont maintenues entre elles, par une capsule renforcée par des ligaments et des tendons ainsi que des muscles (biceps, triceps etc.). Ce type d'articulation explique la survenue relativement fréquente de certaines pathologies de l'épaule comme la luxation (déboîtement) et d'autres lésions, touchant plutôt la périphérie de l'articulation, à l'origine de périarthrite (périarthrite scapulo-humérale) que l'articulation elle-même (arthrose).
  • L'articulation temporo-maxillaire réunit l'extrémité postérosupérieure des deux branches du maxillaire inférieur (c'est-à-dire la mandibule) à deux cavités articulaires, situées à la base du crâne, au niveau des os temporaux (sur le côté du crâne). Cette articulation fait intervenir un ménisque comme le genou.
  • L'articulation tibiotarsienne est l'articulation de la cheville qui unit les extrémités inférieures du tibia et du péroné en utilisant des ligaments. Cette articulation fait intervenir une mortaise. Les ligaments latéraux de la cheville (interne et externe) situés de chaque côté de l'articulation tibiotarsienne, empêchent les mouvements de latéralité, et permettent les mouvements dans le sens antéropostérieur, c'est-à-dire en avant et en arrière. Les entorses ou les luxations de la cheville sont le résultat d'une lésion des ligaments latéraux.

Anatomie 

L'articulation en selle est une articulation dite par emboîtement réciproque. Elle oppose 2 surfaces dont l'une est concave dans un sens et convexe dans l'autre. Ces deux surfaces ont la forme de selles qui s'opposent à l'angle droit. L'articulation en selle présente deux axes principaux de mouvements. Un exemple d'articulation en selle est l'articulation carpo-métacarpienne du pouce.

La ginglyme est une articulation composée de deux surfaces articulaires formant une charnière. Dans l'articulation de type ginglyme, la surface articulaire est soit cylindrique, soit en forme de sablier (on parle de ginglyme hyperboloïde), soit complexe en forme de tonneau (on parle de ginglyme paraboloïde). L'exemple d'articulation de type ginglyme est l'articulation huméro-ulnaire (entre le cubitus et l'humérus au niveau du coude).

L'articulation plane est un type d'articulation qui oppose 2 surfaces planes. Ces surfaces sont très fréquemment utilisées en tant qu'articulation. Elles sont en fait, légèrement convexes, c'est la raison pour laquelle elles présentent un  très grand nombre d'axes. L'amplitude des mouvements au sein de cette articulation est très réduite.

La trochoïde est une articulation mettant en présence 2 segments de cylindre creux et plein. L'articulation radio-ulnaire (entre le radius et le cubitus), qui ne possède qu'un axe de mouvement, en est un exemple.

L'articulation bicondylaire est une articulation qui oppose 2 paires de condyle (éminence articulaire). La première paire de condyle est généralement très convexe et la seconde paire de condyle est presque plane. L'articulation bicondylaire est relativement complexe, puisque possédant un axe principal de mouvement, et le plus souvent deux axes accessoires. Le genou est un exemple d'articulation bicondylaire.

Les structures qui favorisent l'étalement de la synoviale, au cours des mouvements, et qui permettent l'adaptation des surfaces articulaires sont les suivantes :

  • Le labrum. Appelé également bourrelet articulaire, il s'agit d'un anneau marginal de forme triangulaire quand on le coupe. Le labrum présente une surface libre et 2 faces adhérentes. Une d'entre elles adhère à la capsule articulaire, l'autre adhère à une surface articulaire.
  • Le ménisque est une structure articulaire se présentant sous la forme d'un anneau marginal avec 2 faces libres, et une face qui adhère à la capsule articulaire. Les extrémités du ménisque sont, dans certains cas, maintenues par un ligament méniscal.
  • Le disque est une cloison située à l'intérieur de la cavité articulaire, et qui adhère à la capsule par son bord périphérique. Le disque divise la cavité articulaire.

Les articulations sont très richement vascularisées. Les vaisseaux proviennent des cercles artériels et veineux péri-articulaires (situés en périphérie de l'articulation). Certains vaisseaux appartiennent proprement à la capsule et aux ligaments, d'autres pénètrent à l'intérieur de la structure osseuse, légèrement en dehors de l'insertion de la capsule.

La circulation lymphatique est également présente au sein de l'articulation, et s'organise de la façon suivante : les noeuds lymphatiques profonds sont rejoints par les vaisseaux lymphatiques articulaires.

L'innervation de l'articulation est particulièrement dense. La capsule articulaire et les ligaments articulaires reçoivent 2 variétés de nerfs, qui participent à réguler de manière réflexe, les mouvements et les postures (fonction proprioceptive) :

  • Les filets sensitifs innervent une articulation et les muscles moteurs de cette articulation, ainsi que la peau qui la recouvre.
  • Les filets vasomoteurs sont situés autour des artères.

 

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