1) Les douleurs abdominales se présentent avec une intensité ± importante. Ces douleurs sont de différents types (liste non exhaustive) :
La brûlure épigastrique est une douleur qui traduit une atteinte de la muqueuse gastrique c'est-à-dire des cellules qui recouvrent, si l'on préfère qui tapissent l'intérieur de l'estomac. Les brûlures épigastriques sont caractéristiques de la présence d'un ulcère de l'estomac ou du duodénum ou des deux à la fois.
Le pyrosis, c'est-à-dire la sensation de brûlure qui apparaît derrière le sternum, au niveau de l'oesophage et qui va de la gorge à l'épigastre (zone située au-dessus du nombril), est une douleur qui est susceptible d'irradier vers la nuque, le visage où le cou. Le pyrosis est la traduction d'une irritation de la muqueuse de l'oesophage surtout en présence d'une acidification trop importante de celui-ci, à cause d'un reflux gastro-oesophagien.
La colique correspond à une sensation de douleurs survenant sous forme d'ondes qui vont d'intensité de plus en plus importante à une intensité de moins en moins importante. Ces douleurs sont tantôt fixes tantôt elles se déplacent d'une zone de l'abdomen à l'autre. La colique est le résultat d'un spasme ou d'une distension d'une partie du tractus digestif (tube digestif). Ce type de douleurs s'observe essentiellement quand le patient présente des troubles fonctionnels et des troubles organiques.
La sensation de faim douloureuse correspond à une variété de brûlure qui apparaît essentiellement quand le patient présente un ulcère.
La douleur en coups de poignard est décrite certaines fois par les patients au cours du tabès et en présence d'une perforation du tube digestif, voir dans la pancréatite.
La douleur térébrante est une douleur qui résiste aux antidouleurs (antalgiques). Elle est le signe de l'extension en profondeur d'un ulcère ou d'un cancer.
Le ténesme appelé également fausse envie douloureuse correspond à un besoin d'aller à la selle dû à une contracture du sphincter anal, il s'agit de contracture de type spasmodique. Le patient se plaint également, généralement, de brûlure à ce niveau.
Les épreintes sont des douleurs survenant au niveau du rectum et du sigmoïde (partie basse du gros intestin) qui précèdent et qui accompagnent l'émission des selles à partir des intestins.
2) Les douleurs abdominales ne surviennent pas toujours à la même heure et au même rythme.
Les douleurs précoces se manifestent le plus souvent rapidement après le repas et disparaissent généralement au début du repas suivant. Le plus souvent les douleurs précoces surviennent chez les patients ayant une symptomatologie fonctionnelle.
Les douleurs tardives surviennent une à quatre heures après le repas et persistent généralement jusqu'au repas suivant. Elles sont ensuite calmées par le repas suivant et traduisent, le plus souvent, des douleurs d'ulcère gastroduodénal.
Les douleurs survenant à la suite de prises d'aliments riches en graisse, en chocolat, comportant des oeufs, correspondent le plus souvent à une affection liée à une lithiase vésiculaire (présence de calculs dans la vésicule biliaire).
Les douleurs n'ayant aucun rapport avec les repas ne sont pas spécifiques et s'observent généralement aussi bien au cours de pathologie fonctionnelle que de pathologies organiques du tractus digestif. Quand les douleurs sont térébrantes et surviennent de façon continuelle, elles peuvent être résultat d'un ulcère ou d'un cancer.
3) La localisation des douleurs abdominales permet également d'orienter le diagnostic.
Douleurs survenant dans la région épigastrique c'est-à-dire au-dessus du nombril est parfois caractéristique d'un infarctus du myocarde, d'une perforation de l'oesophage ou encore d'un ulcère gastroduodénal.
Une douleur survenant dans le cadran supérieur droit c'est-à-dire en dessous de la dernière côte, à droite de l'ombilic peut être le résultat des pathologies suivantes (liste non exhaustive) :
- Un ulcère duodénal.
- Une cholécystite aiguë.
- Une hépatite.
- Une appendicite.
- Une pyélonéphrite.
- Une hépatomégalie congestive.
- Une pneumonie droite.
Une douleur survenant dans le cadran supérieur gauche c'est-à-dire à gauche de l'ombilic, au-dessous de la dernière côte (zone de la rate) peut être résultat des pathologies suivantes (liste non exhaustive) :
- Un ulcère de l'estomac.
- Un anévrisme de l'aorte.
- Une perforation du colon.
- Une rupture de la rate.
- Une pyélonéphrite.
- Une pneumonie gauche.
Une douleur survenant dans la région ombilicale peut être le résultat des pathologies suivantes (liste non exhaustive) :
- Un infarctus mésentérique.
- Un pancréatite aiguë.
- Une occlusion intestinale.
- Un anévrisme de l'aorte.
- Une diverticulose.
Une douleur survenant dans le cadran inférieur droit (à droite de l'ombilic et au-dessus de la racine du membre inferieur droit) peut être le résultat des pathologies suivantes (liste non exhaustive) :
- Une appendicite.
- Une salpingite.
- Un abcès de l'ovaire ou de la trompe de Fallope.
- Une grossesse extra-utérine.
Une douleur survenant dans le cadran inférieur gauche (à gauche de l'ombilic, au-dessus de la racine du membre inférieure gauche) peut être le résultat des pathologies suivantes (liste non exhaustive) :
- Une salpingite.
- Une grossesse extra-utérine.
- Un abcès de l'ovaire ou de la trompe de Fallot.
- Une diverticulite du colon sigmoïde.
4) L'atteinte d'un organe est susceptible d'entraîner une douleur dont la localisation est bien précise. Voici une liste non exhaustive pour chaque organe en partant de la bouche et en allant vers l'anus.
Une atteinte de l'oesophage entraîne une douleur au niveau de la gorge et au-dessus de l'ombilic.
Une atteinte du cardia, c'est-à-dire de la partie haute de l'estomac, entraîne l'apparition de douleurs au niveau de l'appendice xiphoïde c'est-à-dire à la partie inférieure du sternum et du dos.
Une atteinte du bas fond de l'estomac entraîne une douleur dans la région épigastrique gauche c'est-à-dire à gauche du nombril légèrement un peu plus haut.
Une atteinte de la petite courbure entraîne une douleur de la région épigastrique c'est-à-dire juste au-dessus du nombril.
Une atteinte du duodénum entraîne apparition de douleurs au niveau de la région épigastrique (au-dessus du nombril) et de l'hypochondre droit (à droite du nombril en dessous de la dernière côte).
Une atteinte du jéjunum entraîne une atteinte de la région ombilicale gauche.
Une atteinte du pancréas entraîne une douleur apparaissant dans la région épigastrique et qui irradie vers l'arrière du dos comme une douleur transfixiante.
Une atteinte des voies biliaires entraîne apparition de douleurs dans la région épigastrique, de l'hypochondre droit et dans la région lombaire et qui irradie parfois vers l'omoplate.
Une atteinte de la rate entraîne apparition de douleurs au niveau de l'hypochondre gauche.
Une atteinte de l'appendice entraîne une douleur dans la zone située au-dessus de la racine du membre inferieur droit.
Une atteinte de l'intestin grêle entraîne des douleurs dans la région ombilicale.
Une atteinte du côlon ascendant c'est-à-dire du colon droit entraîne des douleurs dans la fosse iliaque droite (légèrement au-dessus de la zone où se trouve l'appendice).
Une atteinte du côlon transverse entraîne des douleurs dans la région ombilicale.
Une atteinte du côlon descendant (colon gauche) entraîne des douleurs dans la région ombilicale et dans la fosse iliaque gauche (nettement au-dessus de la racine du membre inférieur gauche).
Une atteinte du foie et de la vésicule biliaire entraîne des douleurs au niveau de l'hypochondre droit c'est-à-dire en dessous de la dernière côte à droite.
Une atteinte du côlon, dans sa partie recto-sigmoïde : partie basse, entraîne l'apparition de douleurs dans la fosse iliaque gauche (au-dessus de la racine du membre inferieur gauche) et dans la région suspubienne c'est-à-dire au-dessus du pubis.
Une atteinte du bassinet (des reins) entraîne l'apparition de douleurs au niveau de l'angle costo-vertébral c'est-à-dire dans le dos, entre la dernière côte et la colonne vertébrale.
Une atteinte de la vessie entraîne des douleurs dans la région suspubienne.
5) Les douleurs abdominales aiguës peuvent être le résultat de nombreuses pathologies (liste non exhaustive) :
- La gastro-entérite aiguë.
- La lithiase biliaire.
- L'appendicite aiguë.
- L'ulcère perforé.
- L'occlusion intestinale.
- La péritonite aiguë.
- La pancréatite aiguë.
- La périhépatite gonococcique.
- La rupture splénique (de la rate).
- La torsion des ovaires
- La cholécystite aiguë.
- L'infarctus du myocarde.
- L'infarctus mésentérique.
- L'angiocholite.
- Le fécalome.
- La stase stercorale.
- La colique néphrétique.
- L'anévrisme de l'aorte abdominale en voie de rupture.
- Le cancer du colon avec ulcérations.
6) Les douleurs abdominales chroniques peuvent être le résultat de nombreuses (liste non exhaustive) affections :
- Le colon irritable.
- L'intoxication par le plomb appelé également colique de plomb
- L'angiœdème paroxystique familial.
- L'intolérance au disaccharide.
7) Chez certains patients une douleur abdominale est confondue avec une autre affection. Il peut s'agir (non exhaustive) :
- D'une pneumonie.
- D'un infarctus du poumon (concernant les lobes inférieurs).
- D'un infarctus du myocarde.
- D'une péricardite.
- Une embolie pulmonaire.
- D'une lésion vertébrale.
- D'une radiculalgie (lésion des racines nerveuses dorsales inférieures lombaires).
- D'une porphyrie.
- D'un saturnisme (intoxication par le plomb).
- D'une intoxication par le mercure ou l'arsenic.
- Du purpura de Schönlein-Hénoch.
- Du tabès.
- De la drépanocytose.
- D'une épilepsie abdominale.