Méningite

Définition 

Le terme méningite  caractérise toutes les inflammations aiguës (survenant relativement rapidement), ou chroniques (survenant dans le temps), des méninges cérébrales (du cerveau) et médullaires (de la moelle épinière), ainsi que du liquide céphalo-rachidien, ceci indépendamment de la cause.

Contrairement à ce que l'on peut croire, une méningite n'est pas uniquement due à la présence de microbes dans l'organisme. Elle peut être aussi due à d'autres pathologies, telles qu'un cancer, une réaction auto-immune de type sarcoïdose comme le lupus érythémateux.

Les méningites les plus fréquentes sont néanmoins les méningites infectieuses.

Classification 

On distingue classiquement :

  • Les méningites purulentes sont dues à une infection par une bactérie telle que :
    • Le méningo-pneumocoque : la plus connue est la méningite cérébrospinale à méningocoque qui débute par une angine, une élévation de la température, des céphalées (maux de tête) et des frissons. Sa contagiosité (collectivités d'enfant ou d'adultes jeunes) est très élevée, sa gravité également. D'autre part, il existe des individus que l'on qualifie de porteurs sains (ils hébergent le germe au niveau du pharynx entre autres, mais ne développent pas la maladie). Pour faire le diagnostic de méningite purulente, l'examen le plus sûr est l'examen du liquide céphalo-rachidien obtenu après une ponction lombaire. L'évolution de cette variété de méningite, est bonne à condition de mettre le patient sous antibiotiques adaptés (nécessité d'un antibiogramme). Après traitement, elle guérit généralement rapidement, et ne laisse aucune cicatrice (séquelles). Il a néanmoins été décrit des cas où l'on constate une complication rapide s'accompagnant d'un état de choc (les principaux organes n'assurent plus leur fonction, comme le cerveau, les reins, le foie). On constate une hémorragie générale.
    • L'haemophilus : la méningite à Haemophilus influenzae est particulièrement sévère chez les jeunes enfants avant l'âge de 3 ans.

    • Le pneumocoque : la méningite à pneumocoque fait suite le plus souvent, à une infection des cavités internes de l'oreille, ou des sinus du visage, ou parfois des poumons. Ce type de méningite présente généralement une évolution très grave.

  • Les méningites à liquide clair sont le plus souvent causées par une bactérie (le bacille de Koch, rickettsie, listeria) ou un virus. En font partie :
    • La méningite tuberculeuse, qui présente une évolution subaiguë, se compliquant parfois, d'une atteinte du tronc cérébral (partie du système nerveux située en arrière du cervelet, au-dessous du cerveau, et au-dessus de la moelle épinière). Ces complications, se caractérisent par une atteinte des nerfs oculomoteurs se caractérisant par des troubles de la vision, des troubles de la déglutition (avaler), ou un coma. De plus en plus fréquente actuellement, cette variété de méningite nécessite un traitement antituberculeux.
    • Les méningites lymphocytaires ou chorioméningite lymphocytaire, qui se caractérisent par la présence d'un liquide clair (liquide obtenu après ponction lombaire, et prélèvement de liquide céphalo-rachidien), le plus souvent dues à une infection virale (oreillons). Elles guérissent généralement spontanément, sans nécessiter un traitement. Appelée également méningite aiguë curable ou bénigne, maladie d'Armstrong, il s'agit d'une zoonose (maladie des animaux vertébrés, qui est transmise à l'homme, et inversement) due à un adénovirus. Cette maladie répandue sur toute la terre, et qui se caractérise par le fait que plusieurs maladies sont retrouvées quelquefois dans la même communauté, se manifeste par un syndrome (ensemble de symptômes) ressemblant à la grippe, et un syndrome méningé qui n'est pas toujours constant. Pour la majorité des individus, l'évolution est bénigne. Le virus responsable de la chorioméningite lymphocytaire est classé dans le groupe des adénovirus. Il s'agit d'une infection endémique, qui apparaît chez certains animaux (les rongeurs en particulier). L'élimination du virus s'effectue à l'intérieur des urines, mais aussi dans la salive, et les selles des animaux qui sont infectées. L'homme, à son tour, se contamine (c'est-à-dire contracte la maladie), à la suite de prises alimentaires, ou après inhalation de poussières, qui contiennent des déjections de souris ou de hamsters qui ont été infectés. L'incubation de la maladie, dure entre une à trois semaines. On distingue plusieurs formes de chorioméningite lymphocytaire :
      • La forme bénigne, appelée également méningite aseptique, débute par l'apparition d'un ensemble de symptômes, ressemblant à la grippe, associé à une pharyngite et un ralentissement cardiaque (bradycardie) plus ou moins important selon les individus. Chez certains patients l'évolution se fait en deux phases. Après une rémission de quelques jours, on constate une reprise de l'hyperthermie (la fièvre), et l'apparition, de manière brutale, d'un ensemble de symptômes, traduisant une atteinte des méninges (syndrome méningé), se caractérisant par l'apparition de maux de tête, d'une raideur de la nuque, de photophobies (le patient ne supporte pas la lumière), de nausées et de malaises. L'évolution de cette forme clinique, se fait spontanément vers la guérison en une à deux semaines le plus souvent. Il a été décrit néanmoins des rechutes.
      • La forme grave se caractérisant par une atteinte de l'encéphale (encéphalite), est une forme survenant rarement, et qui se manifeste par l'apparition de signes neurologiques, que l'on appelle de localisation, c'est-à-dire des crises d'épilepsie et des paralysies éventuellement. Il faut décrire également, une variété de chorioméningite lymphocytaire survenant durant la grossesse et qui est le résultat d'une infection, ayant lieu à l'intérieur de l'utérus, et susceptible d'aboutir au décès du foetus. Cette variété peut également entraîner la naissance d'un enfant atteint d'une affection congénitale avec hydrocéphalie (excès de liquide dans l'encéphale), choriorétinite, surdité, calcifications périventriculaires (au voisinage des ventricules cérébraux qui contiennent le liquide céphalo-rachidien), retard de développement psychomoteur, etc... D'une manière générale, les complications inhérentes à cette pathologie sont les suivantes :
        • Apparition de ganglions anormaux au niveau du cou, et dans les creux axillaires.
        • Eruption cutanée, associée ou pas, à une perte de cheveux.
        • Atteinte des bronches et de l'appareil pulmonaire.
        • Inflammation des glandes salivaires, et en particulier des parotides qui sont les glandes salivaires, placées devant l’oreille, près de l’angle inférieur du maxillaire. Dans certains cas, la maladie se présente comme une fièvre hémorragique, et ne se déclare pas comme une atteinte méningée.
    • La méningite à Listeria monocytogènes (symptômes identiques à la méningite tuberculeuse).
    • La méningite due au virus de l'herpès, qui se traduit par une atteinte du système nerveux central (troubles du comportement, paralysie, convulsions, coma) à l'origine d'une souffrance cérébrale, elle-même consécutive à une méningo-encéphalite (inflammation des méninges de l'encéphale).
    • La méningite due à une cryptococcose (levure) s'observe essentiellement chez les sujets présentant un déficit de la fonction immunitaire (défense de l'organisme), comme ceux atteints de SIDA.
    • Les méningites dues à une affection parasitaire : amibiase, trypanosomiase, toxoplasmose. Dans ce cas particulier, on parle plutôt de méningocèle, associant des symptômes de la méningite, et des signes de l'encéphalite (inflammation de la partie du système nerveux située à l'intérieur du crâne).
    • La méningite plastique ou lymphome aqueux dont les localisations se font spécifiquement aux méninges.
    • La méningite multirécurrente de Mollaret, il s'agit d'une forme particulière, décrite sous le nom de méningite multirécurrente bénigne, se caractérisant par la succession d'épisodes d'atteinte méningée, associés à une petite fièvre qui dure quelques jours, et qui régresse spontanément. L'autre caractéristique de la méningite de Mollaret, est l'intervalle libre, c'est-à-dire l'apparition d'épisodes sans signe neurologique qui séparent les épisodes méningés fébriles (épisodes durant lequel le patient présente une atteinte des méninges associée à une fièvre). Les analyses biologiques, permettent de mettre en évidence, à l'intérieur du liquide céphalo-rachidien, de grandes cellules endothéliales que l'on appelle les cellules de Mollaret et qui sont en fait, des monocytes (variétés de globules blancs) actifs. Récemment, grâce aux techniques de PCR (réaction de polymérisation en chaîne), chez quelques patients uniquement, il a été mis en évidence une infection par l'HSV-2.
    • Les méningites malignes carcinomateuses, dues à un cancer ayant métastasé à partir d'un organe (poumons, sein).

Anatomie 

Les méninges sont des membranes constituées de trois enveloppes, recouvrant le système nerveux central (cerveau, moelle épinière). Ce sont, de l'extérieur vers l'intérieur :

  • La dure-mère ou pachyméninge, épaisse et fibreuse, dont le rôle est de protéger l'encéphale (partie du système nerveux contenu dans la boîte crânienne). L'encéphale comprend le cerveau, le cervelet, et le tronc cérébral (segment supérieur de la moelle épinière), et assure le contrôle de l'ensemble de l'organisme. La dure-mère, située juste en dessous de la boîte crânienne, sépare ces structures nerveuses de l'os.
  • L'arachnoïde fait partie des méninges molles, ou leptoméninges. Elle est  située entre l'arachnoïde et la pie-mère, et est séparée par l'espace sous-arachnoïdien. Ce dernier contient le liquide céphalo-rachidien. Cet espace présente quelquefois, un volume très important à certains endroits, appelés citerne ou base du crâne. Il contient également, des éléments veineux : les sinus veineux.
  • La pie-mère, est constituée d'une membrane très fine, qui adhère directement à la surface du système nerveux.

           

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