Cytomégalovirus

Grec : kutos : cellule, méga : grand, et virus.
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Définition 

Le cytomégalovirus est un virus de grande taille (environ 80 à 100 nanomètres), appartenant à une famille comprenant également (entre autres) :

  • Herpès simplex virus (HSV) ou herpès virus hominis (HVH)
     
  • Virus varicelle zona (VSV)
     
  • Virus Epstein-Barr (EBV)

Généralités 

Le terme de cytomégalovirose est dû à l'apparition dans l'organisme de cellules de grande taille caractéristiques, après une infection par un cytomégalovirus.

Cette famille de virus se caractérise par le fait qu'ils peuvent persister longtemps à l'état latent dans les ganglions nerveux, tout particulièrement pour herpès simplex virus, varicelle-zona et le virus de l'exanthème subit (ou sixième maladie).

L'infection par cytomégalovirus est répandue dans le monde entier. Elle peut toucher le nouveau-né : on a recensé 1 cas pour 100 naissances.

Le cytomégalovirus a été trouvé chez des sujets atteints de tumeurs bénignes ou malignes et tout particulièrement de sarcome de Kaposi et du sida.

En effet, ce virus possède un effet immunodépresseur (il diminue les capacités de défense de l'organisme) et induit une sensibilité supplémentaire aux infections appelées opportunistes.

D'après Martin S. Hirsch (dans le new England J Med), quand un enfant infecté introduit le cytomégalovirus dans un foyer, 50 % des membres réceptifs de la famille se contaminent dans les six mois suivants.

 

Ces virus sont susceptibles de diminuer les défenses immunitaires de l'organisme suite à :

  • un traumatisme sévère
     
  • une émotion
     
  • un déséquilibre psycho-affectif important
     
  • une infection
     
  • toute raison susceptible d'être à l'origine d'une diminution des réserves énergétiques de l'organisme

Ils peuvent être réactivés à n'importe quel moment.

 

Cette famille de virus provoque des maladies plus ou moins graves suivant les individus. Ainsi, les nouveau-nés, les immunodéprimés (malades atteints du sida), les individus transplantés, les malades atteints de cancer du sang, les cancéreux, etc…, sont plus enclins que d'autres à avoir une infection.

Il semble également que certaines couches de la population développent plus facilement des infections à herpès virus que d'autres.

Les cytomégalovirus peuvent être à l'origine de divers degrés d'infection à n'importe quel âge. Les pathologies dues à cytomégalovirus sont très variées, pouvant aller des plus simples aux plus graves (de l'infection sans symptôme en passant par le syndrome de la mononucléose infectieuse chez l'adulte sain, jusqu'à une infection disséminée chez le sujet présentant une défense immunitaire fragilisée).

La transmission  se fait entre autres, par l'intermédiaire d'une transfusion sanguine massive, d'une transplantation d'organe, par un rapport sexuel (notamment homosexuel).

Une transmission a été mise en évidence chez des enfants dans les crèches et entre des nourrissons infectés, leur mère enceinte et le fœtus qu'elle portait.

Mais le virus ne se transmet pas facilement par un contact occasionnel : sa transmission nécessite un contact étroit, prolongé et répété.

 

INFECTIONS À CYTOMÉGALOVIRUS

Syndrome mononucléosique
C'est le symptôme le plus habituel de l'infection à cytomégalovirus. Il est parfois dû à une transfusion sanguine contenant des leucocytes.
Ce syndrome peut survenir à tout âge mais touche plus particulièrement les adultes jeunes en période d'activité sexuelle.
La période d'incubation (période se situant entre la contamination et l'apparition des premiers signes de la maladie) est de 20 à 60 jours.

La maladie peut durer jusqu'à 6 semaines et se caractérise par :

  • une hyperthermie (fièvre élevée) prolongée avec frissons
     
  • une asthénie (fatigue importante)
     
  • des malaises de temps à autre
     
  • des myalgies (douleurs musculaires)
     
  • des céphalées (maux de tête)
     
  • une augmentation de volume de la rate (splénomégalie)
     
  • une éruption cutanée ressemblant à une scarlatine (5 % des patients)
     
  • une jaunisse (5% des cas)
     
  • une méningite

 

Infection congénitale (pendant la grossesse).
Elle touche le fœtus et prend soit des formes inapparentes, soit des formes sévères.
Si la maman a eu une première infection pendant la grossesse, la maladie des inclusions cytomégaliques peut se développer chez environ 5 % des fœtus infectés.

L'infection se traduit par :

  • des pétéchies : taches de purpura de très petite dimension
     
  • une hépatosplénomégalie : augmentation de volume de la rate et du foie
     
  • un ictère (jaunisse) dans environ 64 % des cas
     
  • un retard de croissance intra-utérin (pendant la grossesse)
     
  • une microcéphalie : taille du crâne inférieure à la norme
     
  • des calcifications cérébrales (présence de dépôts minéraux dans le cerveau)
     
  • une prématurité (l'enfant naît avant terme) dans environ 30 à 50 % des cas

 

Infection périnatale (à la naissance).
Cette variété d'infection est due soit au contact du fœtus, au moment de l'accouchement, avec les parois de l'appareil vaginal de la mère infectée, soit par absorption de lait, soit par transfusion sanguine, soit par contact avec d'autres sécrétions de la mère.
L'infestation peut être à l'origine d'une atteinte de l'appareil pulmonaire et notamment entraîner une pneumopathie interstitielle traînante (durcissement et atteinte des alvéoles à type d'inflammation des tissus de soutien de cet organe : alvéolite).
Quelquefois, l'infection périnatale à cytomégalovirus s'associe à chlamydia trachomatis, à P. carinii ou à ureaplasma urealyticum.

 

Environ 10 à 20 % des enfants infectés ne présentent pas de signe à la naissance, mais développent par la suite des troubles auditifs, une atteinte oculaire, dentaire et psychomotrice lors des premières années de leur vie.
L'évolution des enfants présentant la forme sévère d'infection à cytomégalovirus est mauvaise et s'accompagne d'un taux de mortalité de 20 à 30 %.
Les enfants survivants présentent un retard intellectuel associé à une surdité.

 

Infection à cytomégalovirus chez les sujets immunodéprimés et transplantés.
Chez les patients atteints du sida, le cytomégalovirus est à l'origine d'une inflammation de la rétine (couche de cellules recouvrant le fond de l'œil), ou d'une infection disséminée à l'origine de décès.

L'infection par ce virus chez les sujets immunodéprimés se caractérise par :

  • une hyperthermie (fièvre) prolongée
     
  • des malaises
     
  • une perte de l'appétit
     
  • une asthénie (fatigue intense)
     
  • des douleurs dans les articulations (artharalgies)
     
  • des sueurs nocturnes
     
  • des douleurs dans les muscles (myalgies)

Quand il existe une pathologie pulmonaire concomitante, celle-ci se traduit par :

  • une toux productive (ramenant des glaires)
     
  • une hypoxie (diminution de la quantité d'oxygène qui est distribuée aux tissus par le sang).

Dans ce cas, il est nécessaire d'effectuer une biopsie du tissu pulmonaire ou un lavage des bronches et des alvéoles, permettant de poser un diagnostic d'origine.

 

Symptômes d'une infection par cytomagélovirus après une greffe d'organe

L'infection à cytomégalovirus concerne également les receveurs de greffe de rein, de poumon, de foie, etc ...
Il semble que ce virus soit le principal responsable de complications survenant lors des pathologies après transplantation d'organes.

Les symptômes apparaissant alors sont :

  • une fièvre
     
  • une hépatite
     
  • une pneumopathie
     
  • une gastrite (inflammation plus ou moins sévère des muqueuses de l'estomac)
     
  • une oesophagite (inflammation des muqueuses de l'œsophage)
     
  • une rétinite (atteinte de la membrane recouvrant le fond de l'œil = la rétine)
     
  • une colite (inflammation du côlon)

Le risque est maximal au cours des quatre premiers mois après la transplantation.

L'utilisation de certains médicaments immunosuppresseurs comme la cyclosporine ou les globulines antithymocytes semble avoir une répercussion sur le degré de sévérité de l'atteinte.

 

 

DIAGNOSTIC - EXAMENS DE LABORATOIRE

 L'examen en laboratoire permet  :

  • d'isoler le virus à partir de prélèvements
     
  • de mettre en évidence d'une augmentation du taux des anticorps (quantité multipliée par 4 voire plus)
     
  • de constater un taux élevé d'anticorps de façon stable
     
  • de mettre en culture le virus

La présence du virus dans les urines ou dans la salive n'est pas significative d'une infection aiguë (récente), étant donné que le virus peut résider dans les liquides de l'organisme des mois, voire des années après la maladie.
C'est la mise en évidence du cytomégalovirus dans le sang qui présente la meilleure valeur pour détecter une infection aiguë.
L'augmentation des anticorps n'est mise en évidence que quatre semaines après le début de la première infection, et leurs taux restent élevés pendant des années après l'infection.

C'est pour cette raison que le dosage des anticorps sur un seul prélèvement n'a pas de valeur pour un diagnostic d'infection en cours.

 

Infections congénitales :

  • Augmentation de la quantité des immunoglobulines M dans le sang (> 0,20 grammes par litre)
     
  • Lymphocytose (augmentation du nombre des lymphocytes, variété de globules blancs)
     
  • Augmentation des transaminases hépatiques (enzymes libérées par le foie en cas de lésion)
     
  • Thrombopénie (baisse du nombre de plaquettes)
     
  • Hyperbilirubinémie (augmentation du taux de bilirubine dans le sang). La bilirubine est un pigment biliaire de coloration jaune tirant sur le rouge ou le brun, issu de la biliverdine, elle-même issue de l'hémoglobine (constituant principal des globules rouges, destiné à transporter l'oxygène dans le sang). La bilirubine est le principal colorant de la bile

 

Infection à cytomégalovirus chez les sujets immunodéprimés ou transplantés.

  • Leucopénie (baisse du taux de globules blancs dans le sang)
     
  • Thrombopénie (baisse des plaquettes dans le sang)
     
  • Lymphocytose (augmentation des lymphocytes) dans quelques cas seulement
     
  • Perturbation de la fonction hépatique (du foie)
     
  • Insuffisance de fonctionnement des glandes surrénales

 

 

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL

Il ne faut pas confondre cette maladie avec :

 

 

TRAITEMENT DE L'INFECTION PAR CYTOMÉGALOVIRUS

  • Ganciclovir (dihydroxypropoxyméthyle guanine ou DHPG)
     
  • Foscarnet (phosphonoformate de sodium) dans les formes sévères, en cas d'immunodépression. Le foscarnet est toxique pour les reins, et entraîne une hypomagnésémie (chute du taux de magnésium dans le sang), une hypokaliémie (chute du taux de potassium dans le sang), une hypocalcémie (chute du taux de calcium dans le sang), des convulsions, des éruptions de boutons entre autres. Son administration se fait par l'intermédiaire d'une pompe à perfusion et nécessite une surveillance médicale stricte.
     
  • Les globulines anti-cytomégalovirus semblent pouvoir diminuer les surinfections dues à des champignons (fongiques ) ou dues à des parasites chez les greffés rénaux.

 

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