Colite (généralités)

Grec : kôlon : côlon.

Définition 

La colite désigne l'inflammation du gros intestin : le côlon.

Généralités 

Le mot colite traduit des affections parfois très variées de cette partie du tube digestif.

La colite peut avoir 2 significations selon que l’on parle de colite aiguë ou chronique.

 

Classification 

Il existe un grand nombre de colites (liste non exhaustive) :

La colite aiguë correspond à une inflammation de la muqueuse du côlon telle qu'elle se rencontre dans différentes affections gastro-entérologiques (spécialité médicale concernant l'appareil digestif) comme par exemple la recto-colite ulcéro-hémorragique, la maladie de Crohn, le mégacôlon toxique, la colite due aux antibiotiques, la colite lymphocytaire etc. La colite aiguë survient également à la suite d'une infection par un virus, une bactérie, un parasite. Les parasites les plus souvent concernés sont l'amibe, Shigella, Salmonella, Yersinia, Clostridium et campylobacter jejuni. Il s'agit d'affections plus ou moins graves selon les symptômes présentés par le patient. Ainsi un individu ayant une fièvre qui dépasse 38° 5, une accélération du rythme cardiaque au-dessus de 120 battements par minute, des douleurs abdominales intenses, une chute de la tension artérielle, des diarrhées avec ou sans sang, des difficultés à évacuer les selles, une perte de poids et un amaigrissement trop rapide, ce patient présente une colite aiguë grave. Dans ce cas des examens de laboratoire et plus précisément le nombre de globules blancs montre une élévation des leucocytes (leucocytose), et un syndrome inflammatoire (vitesse de sédimentation élevée, PCR élevé). Le patient peut éventuellement, selon la gravité de la colite présenter des troubles électrolytiques (perte de sels minéraux et d'oligo-éléments liés aux diarrhées). Le dosage de la procalcitonine, qui est élevée, met en évidence une inflammation liée à une infection. Ce dosage permet de faire la différence entre une inflammation de nature systémique (comme par exemple un syndrome rhumatismal) et une inflammation de nature infectieuse. L'évolution de ce type de colite se fait quelquefois vers une anémie pour laquelle les analyses de sang montrent un taux d'hémoglobine inferieur 8 g pour 100 ml, ce qui signe la gravité de la colite. Le fait que le patient ne se rétablisse pas, à l'aide de transfusions est un autre signe de gravité. La radiographie est l'examen de base qui montre un abdomen distendu de manière globale. Les spécialistes en gastro-entérologie appellent cela une colectasie. La radiographie du côlon montre quelquefois une segmentation de celui-ci dont le diamètre dépasse 7 cm. Cet examen montre également l'irrégularité des bords du côlon ou l'on voit des images à double contour et la distension de l'intestin grêle situé en amont comportant des niveaux liquidiens.

La colite toxique se caractérise par une perte du tonus musculaire du côlon dont la taille augmente (dilatation) progressivement. Les spécialistes en gastro-entérologie parlent de mégacôlon toxique.L'augmentation du diamètre survenant sur un mode aigu du côlon qui a perdu sa tonicité physiologique, c'est-à-dire normale, est susceptible d'évoluer vers l'apparition, d'une perforation et secondairement d'une péritonite, puis d'un choc septique (infection grave). Le syndrome de la colite toxique s'observe essentiellement au cours de la recto-colite ulcéro-hémorragique. La colite toxique s'observe également dans la maladie de Crohn mais plus rarement. Les colites bactériennes peuvent se compliquer en colite toxique. Il en est de même des colites dues à une parasitose, essentiellement l'amibiase. La radiographie avec lavement baryté, la prise d'antidiarrhéique ou d'anticholinergique sont susceptibles également d'entraîner la dilatation du côlon.

La colite lymphocytaire, appelée également colite microscopique, est une pathologie gastro-entérologique qui se caractérise par l'association d'une diarrhée aqueuse survenant sur une longue période, non accompagnée de modification de la muqueuse du côlon (c'est-à-dire que l'endoscopie est normale). À cela s'ajoute une augmentation importante du nombre de lymphocytes situés à l'intérieur de l'épithélium (couche de cellules de recouvrement) de la surface de la muqueuse du côlon et du rectum. On distingue deux variétés de colite lymphocytaire :

  • La forme primitive survient essentiellement chez les individus ayant dépassé la soixantaine et chez la femme. Elle est également retrouvée chez les personnes souffrant de maladies systémiques (comme la collagénose). C'est la raison pour laquelle il a été suggéré que la colite lymphocytaire était de nature auto-immune (maladie au cours de laquelle le patient fabrique des anticorps contre ses propres tissus).

  • La forme secondaire est le résultat d'une prise de médicaments essentiellement la ticlopidine, les procinétiques, le sulfate ferreux, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ne contenant pas de corticoïdes) tels que le piroxicam. Les flavonoïdes sont également responsables de survenue de forme secondaire de colite lymphocytaire. 

Les patients souffrent de (liste non exhaustive) :

  • Douleurs du côlon (colite) associées à une diarrhée hydrique chronique pouvant atteindre entre 15 et 20 selles quotidiennes.
  • Une accumulation de gaz à l'intérieur des intestins (météorisme).

Les examens complémentaires et plus particulièrement la radiographie ne montrent pas de lésion radiologique. Il en est même de l'endoscopie.

L'évolution de la colite lymphocytaire est le plus souvent favorable. Les prélèvements, (biopsie) effectués au niveau du côlon montre ce que les spécialistes en gastro-entérologie nomment, un infiltrat lymphocytaire prononcé c'est-à-dire la pénétration de lymphocytes correspondant à une variété de globules blancs à l'intérieur de la muqueuse du gros intestin. Le taux de lymphocytes intra-épithélial (à l'intérieur d'un endothélium de surface) est supérieur à 20 % . Les spécialistes utilisent le terme de colite collagène quand l'infiltrat inflammatoire, est associé à une bande de collagène située en dessous de l'épithélium. Cette bande devant dépasser 10 mm d'épaisseur. Le traitement de la colite lymphocytaire nécessite l'utilisation d'antidiarrhéïques comme par exemple le lopéramide. La mésalazine est également utilisée à raison de 3 g par jour. Quand les médicaments précédemment cités sont inefficaces, les corticoïdes tels que la budésonide sont proposés aux patients.

La colite due aux antibiotiques.Tous les antibiotiques sont susceptibles d'engendrer la survenue d'une colite due aux antibiotiques avec syndrome diarrhéique. Néanmoins ce sont essentiellement les antibiotiques à large spectre (utilisés pour de nombreux germes) et notamment les pénicillines du groupe A, et les céphalosporines et essentiellement la lincomycine et la clindamycine (par voie parentérale : perfusion) qui sont le plus souvent responsables. Seuls les aminosides par voie parentérale ne semblent pas occasionner la survenue de colite due aux antibiotiques. Cela s'expliquerait par une action nulle de ces antibiotiques sur la flore intestinale.

Les symptômes présentés par les patients ayant une colite due aux antibiotiques sont les suivants (liste non exhaustive) :

  • Diarrhée qui apparaît durant ou après la prise d'antibiotiques. Il s'agit de l'émission de quatre à six selles par jour mal formées et dont la couleur tire sur l'ocre ou l'orange.
  • L'autre caractéristique de ce type de selles est l'absence d'odeur fécale.

L'examen des selles et l'analyse de celles-ci, mettent en évidence la présence d'amidon, de cellulose digestible et l'absence de flore iodophile (colorée par l'iode). La coproculture est normale. Certains patients néanmoins ont des selles contenant du candida albicans. Les examens complémentaires et essentiellement la radiographie avec lavement baryté ainsi que la coloscopie ne montrent aucune anomalie particulière. Le traitement de la colite bénigne nécessite avant tout l'arrêt de l'antibiothérapie et un régime pauvre en résidus. Certains gastro-entérologues préconisent l'utilisation de la codéine si nécessaire. Pour d'autres des préparations contenant des lactobacilles tués sont suffisantes pour traiter les patients.

Anatomie 

Le côlon fait suite à l’intestin grêle, et il est suivi par le rectum.

On distingue trois parties au côlon :

  • Le côlon droit, ou ascendant, qui débute par le cæcum à la jonction iléo-cæcale.
  • Le côlon transverse.
  • Le côlon gauche, ou descendant, qui se termine par le rectum.

Aucun commentaire pour "Colite (généralités)"

Commentez l'article "Colite (généralités)"