Pneumopathie

Grec : pneumôn : poumon et pathê : affection.
1

Définition 

Le terme pneumopathie désigne toutes les maladies du poumon. Il est utilisé le plus souvent comme synonyme d'infection pulmonaire. 

 

                                                                            

 

 

Généralités 

Une pneumopathie est susceptible de toucher un poumon, ou les deux poumons à la fois.

Les pneumopathies aiguës sont des infections concernant les alvéoles et les bronchioles respiratoires et terminales. Cette maladie pulmonaire provient d'une infection par une bactérie ou un virus.

 

QUELLES DIFFÉRENCES Y A-T-IL ENTRE LA PNEUMONIE, LA BRONCHOPNEUMONIE ET LA PNEUMOPATHIE INTERSTITIELLE ?

  • La pneumonie concerne les alvéoles : l'infection touche parfois l'ensemble d'un lobe pulmonaire et le plus souvent le lobe inférieur. Il s'agit dans ce cas d'une pneumopathie lobaire.
     
  • La bronchopneumonie concerne les bronches et les alvéoles.
     
  • La pneumonie interstitielle se caractérise par une atteinte du tissu interstitiel (tissu qui entoure les différentes structures pulmonaires) : on constate la présence de mouvements liquidiens et plus particulièrement de liquide lymphatique.

 

Les pneumopathies sont des affections plutôt rares par rapport aux bronchites aiguës et aux infections des bronches (surinfections des bronchopneumopathies obstructives sont apparentes). En effet, 5 à 12 individus pour 10 000 sont concernés par cette affection au cours d'une année.
Elles peuvent apparaître chez n'importe quelle personne sur un poumon déjà malade ou sur un poumon indemne.
Les fragilités pulmonaires facilitant la survenue d'une pneumopathie sont l'asthme, l'emphysème et la bronchite chronique.
La pneumopathie survient plus fréquemment dans le sexe masculin que chez la femme, et se rencontre essentiellement chez les jeunes enfants, et les personnes fragilisées par l'âge.
Il s'agit d'une infection dont l'évolution est quelquefois mortelle : en effet, en dehors de sa propre morbidité, la pneumopathie aggrave une infection liée à un déficit immunitaire (défenses de l'organisme).

 

Il existe un grand nombre de pneumopathies (liste non exhaustive) :

  • Les pneumopathies virales sont les pneumopathies les plus fréquentes. Il s'agit d'infections rencontrées sous la forme d'épidémie de pneumonie surtout durant l'hiver, au moment où le virus de la grippe présente une expansion maximale. Le début de ce type de pneumopathie est progressif. On constate d'abord la survenue d'une température de 38,5° à 39°. Le patient présente d'autre part des frissons, et un malaise général ainsi qu'une fatigue globale avec des myalgies (douleurs musculaires). Il existe une infection du nez et de la gorge, s'accompagnant d'une toux sèche (rhinopharyngite). L'auscultation permet, dans ce cas, chez quelques patients seulement, d'entendre des râles (bruits anormaux) au niveau des bronches et de petits crépitements à la base des poumons. La radiographie, qu'il n'est pas utile de pratiquer sauf chez les patients fragilisés, met en évidence des opacités au niveau des hiles c'est-à-dire à l'entrée des poumons. On constate quelquefois d'autre part, une petite inflammation des plèvres pulmonaires (membranes de recouvrement et de protection des poumons). Les analyses sanguines et plus particulièrement la numération formule sanguine c'est-à-dire le nombre de globules rougesglobules blancs et de plaquettes, montrent une origine virale. En effet, cette numération formule sanguine met en évidence une leucopénie (baisse du nombre des globules blancs : les polynucléaires neutrophiles.
     
  • La pneumopathie lobaire aiguë appelée également pneumopathie à pneumocoque présente un début brutal avec une élévation de la température corporelle jusqu'à 40° centigrades. Le patient se plaint de douleurs à l'intérieur du thorax. Ces douleurs sont accompagnées de frissons, de toux et d'expectoration. La pneumopathie lobaire aiguë est associée quelquefois à un herpès labial (bouton de fièvre). L'examen du patient, et plus précisément l'auscultation pulmonaire, permet d'entendre distinctement des râles crépitants (bruits anormaux survenant quand le patient respire). La radiographie des poumons met en évidence une opacité d'un lobe pulmonaire et les analyses de sang, plus précisément la numération c'est-à-dire le nombre de globules rouges, globules blancs et plaquettes, montre une hyperleucocytose à polynucléaires neutrophiles (élévation d'une variété de globules blancs appelés les polynucléaires neutrophiles). Il est également possible de mettre en évidence, grâce aux hémocultures c'est-à-dire aux cultures de sang, des bactéries après avoir effectué un prélèvement sanguin. Ceci n'est possible que pour 30 % des patients. La bactériologie des crachats c'est-à-dire la recherche de certaines bactéries à l'intérieur des crachats n'est pas utile. D'autre part elle oriente quelquefois le diagnostic de manière érronée, à cause du grand nombre de bactéries présentes à l'intérieur de la bouche et de la gorge. C'est la raison pour laquelle il est préférable de réaliser une ponction qui se pratique à travers la trachée ou alors d'effectuer un prélèvement direct grâce à la fibroscopie pulmonaire. La fibroscopie consiste à introduire un tube souple à l'intérieur des voies aériennes supérieures puis des voies aériennes pulmonaires pour visualiser l'intérieur des cavités pulmonaires et éventuellement de procéder à un prélèvement à ce niveau. La fibroscopie pulmonaire ne se réalise que chez les individus présentant une pneumopathie grave ou chez les patients immunodéprimés comme c'est le cas à la suite d'une greffe, d'un déficit immunitaire, un sida ou un traitement anticancéreux.
     
  • La pneumopathie bactérienne à klebsiellastaphylocoque ou à germe anaérobie (qui ne peut vivre au contact de l'air) apparaît chez les individus fragilisés. Il s'agit entre autres des patients ayant fait une intoxication par l'alcool, par le tabac ou encore chez le diabétique. Ce type de pneumopathie a un aspect proche de celui de la pneumopathie lobaire aiguë, mais il existe une différence essentielle : le risque important de survenue d'abcès des poumons. C'est la fibroscopie ou la ponction effectuée à travers la trachée qui permet de procéder à l'isolement du germe responsable avec certitude.
     
  • La pneumopathie à mycoplasme se présente sous la forme d'un début progressif accompagnée d'une température à 38° centigrades, d'une rhinopharyngite et d'une toux sèche. L'examen clinique du patient n'apporte pas, le plus souvent, d'éléments supplémentaires pour orienter le diagnostic de pneumopathie à mycoplasme. C'est la radiographie pulmonaire qui met en évidence la présence d'opacités survenant des deux cotés du poumon. Le diagnostic est obtenu en pratiquant des examens sanguins.
     
  • La pneumopathie atypique (bronchopneumopathie de type viral)
     
  • La pneumopathie des poumons de fermier (léleveurs d'oiseaux)
     
  • La pneumopathie immunologique (pneumopathie par hypersensibilité)
     
  • La pneumopathie à legionella présente la caractéristique de débuter rapidement. Puis progressivement apparaissent une toux, des expectorations et des troubles digestifs à type de diarrhée. Des symptômes neurologiques à type d'agitation, de confusion et de céphalées surviennent ensuite. Ils sont suivis d'une atteinte rénale se traduisant par la présence de sang dans les urines et de douleurs musculaires (myalgies). Le diagnostic de pneumopathie à legionella est obtenu en mettant en évidence le germe à l'intérieur des crachats ou après avoir effectué un prélèvement de race à la fibroscopie bronchique.
     
  • La pneumopathie à Chlamydiae est une affection proche de l'ornithose et de la psittacose. Ce type de pneumopathie est le résultat d'une infection par des micro-organismes dont la transmission se fait par l'intermédiaire des oiseaux les plus particulièrement des pigeons et des perruches. Le diagnostic de pneumopathie à Chlamydia est obtenu par les examens sanguins. Ceux-ci recherchent la présence d'anticorps spécifiques de cette maladie infectieuse. En dehors des examens sanguins la maladie est difficilement diagnosticable.
     
  • La pneumonie interstitielle (atteinte du tissu pulmonaire situé entre les alvéoles et les vaisseaux sanguins, généralement due à une infection virale ou à d'autres micro-organismes comme chlamydia ou à des parasites tel que Pneumocystis carinii).
     
  • La pneumopathie à précipitines.
     
  • La pneumopathie postradique se caractérisant par l'apparition de lésions pulmonaires en relation avec une irradiation thérapeutique : utilisation des rayons X comme traitement.
     
  • La pneumopathie par inhalation d'hydrocarbure, ou pneumopathie lipidique qui est le résultat d'accumulation, à l'intérieur des poumons, de graisse qui ne se résorbe pas et qui ont été inhalée de diverses manières (gouttelettes nasales contenant un corps huileux, inhalation de brouillard contenant de minuscules gouttelettes de corps gras utilisé par le chanteur, fausse route d'une paraffine utilisée pour une constipation persistante).

CAUSES

Le plus souvent, le germe responsable est le pneumocoque (Streptococcus pneumoniae). Néanmoins, d'autres bactéries peuvent également entraîner une infection pulmonaire : il s'agit entre autres de haemophilus influenza, de legionella pneumophila (qui est responsable de la maladie des légionnaires), du staphylocoque doré.

Chez les individus fragilisés, klebsiella pneumoniae et chlamydia (entraînant une psittacose) sont responsables de pneumopathie aiguë. Il s'agit de micro-organismes proches des bactéries provenant des oiseaux.

En ce qui concerne les virus, influenza et les para-influenza (virus de la grippe) mais aussi adénovirusvirus respiratoire syncytialvirus Coxsackie sont la cause d'apparition de pneumopathie aiguë à virus.

Certains virus qui ne sont pas habituellement responsables des infections des poumons (on parle de tropisme pulmonaire) peuvent également entraîner l'apparition d'une affection pulmonaire : il s'agit entre autres du virus Epstein-Barr, du virus herpès, de la varicelle ou de la rougeole. Le cytomégalovirus fait également partie de ces virus ayant un tropisme pulmonaire passager.

Les pneumopathies sont quelquefois le résultat d'un processus cancéreux ou immunologique. Elles peuvent également être de nature allergique ou dues à une intoxication.

Certaines pneumopathie aiguë sont le résultat de l'inhalation accidentelle de liquide : c'est le cas par exemple des pneumopathie, survenant au cours des vomissements. Les crachats peuvent éventuellement être également la cause de pneumopathie aiguë.

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL

Le terme de pneumopathie ne doit pas être confondu avec celui de pneumonie qui correspond à l'infection du poumon provoquée par une bactérie ou un virus.

Ce terme désigne le plus souvent, en pratique, la pneumonie lobaire aiguë due à une infection du poumon par le pneumocoque : cette affection se traduit par une inflammation des alvéoles qui se remplissent de sécrétions anormalement abondantes.

La pneumonie franche lombaire aiguë, dont l'apparition est rapide, s'accompagne d'une hyperthermie (fièvre), de frissons intenses et généralement d'une douleur à l'intérieur du thorax, douleur qui augmente au moment de l'inspiration (quand les poumons se remplissent d'air).

 

Aucun commentaire pour "Pneumopathie"

Commentez l'article "Pneumopathie"

Les textes que vous publiez via ce formulaire sont accessible à tous, et sont susceptibles de constituer des données sensibles. Soyez en conscient lorsque vous rédigez vos messages : vous êtes responsable des informations personnelles que vous divulguez.