Anticorps (généralités)

Définition 

Un anticorps constitue l' immunoglobuline du sang.

Protéine du sang, synthétisée par les cellules du système immunitaire, en réponse à la pénétration d'un corps étranger (antigène) dans l'organisme.

 

Généralités 

Plus précisément il s'agit d'une variété de protéines (globuline sérique), possédant la propriété particulière de se combiner de façon spécifique à une ou plusieurs substances étrangères pénétrant l'organisme, de nature soluble ou faisant partie d'une cellule.

Ces éléments étrangers sont appelés antigènes. Les antigènes peuvent être essentiellement :

  • Une bactérie.
  • Un virus.
  • Un parasite.
  • Un champignon.
  • Un venin.
  • Un vaccin.
  • Une cellule cancéreuse.
  • Et de façon générale tout corps étranger pénétrant dans l'organisme.

Les anticorps sont des immunoglobulines appelées également globulines du système gamma ou globulines immunes, les immunoglobulines sont des protéines jouant un rôle essentiel dans la défense de l'organisme contre les agressions. Elles appartiennent au groupe des gammaglobulines présentes non seulement dans le sang (plus spécifiquement le sérum : partie liquide du sang, plasma débarrassé de certains agents de la coagulation) mais également dans d'autres liquides de l'organisme.

Historique 

Les anticorps ont été étudiés en particulier par Jerne, Ch. Salmon et R. André.

Classification 

Ce sont les anticorps synthétisés par les plasmocytes (variété de globules blancs) et ceux par les lymphocytes B qui apparaissent le plus souvent, après l'introduction d'antigènes dans l'organisme. Leur mode d'action est le suivant :

  • D'abord ils procèdent à la reconnaissance des corps étrangers (antigènes) puis agissent sur eux en les immobilisant, en les agglutinant, grâce à l'action de leurs agglutinines.
  • La phase suivante consiste à procéder à la destruction ou la dissolution de ces corps étrangers. Quand il s'agit d'un anticorps neutralisant, il neutralise l'élément figuré en question, s'il s'agit de cytotoxines, de lysines, d'hémolysines.
  • Quand le corps étranger est un virus qui pénètre dans l'organisme, des enzymes ou des toxines et plus particulièrement des antitoxines, l'anticorps tout d'abord, procède par neutralisation.
  • Il procède ensuite par précipitation en utilisant ses précipitines quand il s'agit de substances albuminoïdes (protéine).
  • L'attaque des antigènes se fait par déclenchement (activation) du complément s'il s'agit d'un agent destructeur présent à l'état inactif dans la partie liquidienne du sang : le sérum. À ce moment-là le complément se fixe sur l'antigène après s'être combiné avec l'anticorps, il s'agit d'un phénomène de sensibilisation.

Les anticorps sériques ou circulants appartiennent à la catégorie des agents de l'immunité humorale. Une autre variété d'anticorps : les hétéro-anticorps apparaissent dans le sang (plus précisément dans le sérum sanguin) à la suite de la pénétration dans l'organisme, d'antigènes qui proviennent d'individus d'une autre espèce.

Les iso-anticorps quant à eux, apparaissent après la pénétration d'un antigène provenant d'un individu de la même espèce. Certains anticorps sont susceptibles d'apparaître de façon spontanée sans qu'il soit nécessaire qu'un antigène pénètre dans l'organisme.

Les auto-anticorps. À la suite d'un dérèglement du système immunitaire certains anticorps sont susceptibles de se retourner contre les cellules propres de l'organisme qui les produit. On appelle ces anticorps auto-anticorps. Ils sont responsables de maladies auto-immunes. Il peut s'agir du lupus érythémateux disséminé, de la maladie de Biermer, thyroïdite de Hashimoto etc.Il est possible de rencontrer spontanément dans le sérum d'individus des anticorps dits anticorps naturels. C'est le cas entre autres des hémo-agglutinines.

Les anticorps antimitochondries (en anglais antimitochondria antibody) correspondent à une variété d'anticorps (non spécifiques d'un organe) dirigés contre certains tissus, que l'on appelle également des auto-anticorps et qui réagissent contre les antigènes de la membrane interne des mitochondries. Les anticorps antimitochondries sont présents dans le sérum (partie liquidienne du sang) dans certaines affections hépatiques (maladies du foie) telles que, essentiellement, la cirrhose biliaire primitive, mais aussi l'hépatite chronique active.

Les anticorps anti-tissus (en anglais antitissue antibody) sont des anticorps qui réagissent contre les antigènes des tissus. Le plus souvent, ils réagissent contre les tissus du sujet qui a fabriqué ces anticorps. On les appelle des auto-anticorps. Ils réagissent contre les tissus d'autres individus de même espèce ou d'espèces différentes. Il existe des anticorps anti-tissus non spécifiques d'un organe : il s'agit des anticorps antinucléaires et des anticorps antimitochondries. Les anticorps antithyroïdiens (survenant au cours du goitre de Hashimoto)  s'attaquent à un seul type de tissu,  à un seul organe ou viscère. Cette variété d'anticorps est relativement nombreuse.

Citons par exemple :

  • les anticorps estomac.
  • les anticorps salivaires (présents au cours du syndrome de Gougerot Sjögren).
  • les anticorps anti-glandes surrénales.
  • les anticorps anti-muscles-lisses.
  • les anticorps anti-muscles striés.
  • les anticorps anti-épiderme.
  • les anticorps anti-foie.
  • les anticorps anti-myéline (présents dans la sclérose en plaques).
  • les anticorps anti-membrane glomérulaire et alvéolaire (syndrome de Goodpasture).

Le terme pananticorps, comprenant des panhémolysines et des panagglutinines, en anglais panantibody, désigne un anticorps du sérum (partie liquidienne du sang) possédant une activité contre une variété d'antigène tel que des globules blancs, des plaquettes ou encore des globules rouges. Cet antigène est issu du patient lui-même, ou d'un individu sain, mais appartenant à la même espèce ou au même groupe sanguin quand il s'agit de globules rouges (hématie).

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