Maladie des animaux (vertébrés) transmissible à l’homme et réciproquement, il s'agit d'une zoonose due à un virus et transmise accidentellement à l'homme par la salive d'animaux domestiques ou sauvages. La caractéristique majeure de la rage est la survenue d'une encéphalomyélite (inflammation de la substance blanche du cerveau, du cervelet et de la moelle épinière) dont l'évolution est toujours fatale pour l'homme et pour l'animal.
En dehors de quelques cas exceptionnels de rage transmis par la greffe de cornée à l'homme, et en dehors des contrées exemptes de rage qui sont en général les îles (Australie, Angleterre, Japon, Hawaï etc.) la rage animale est fréquente sur l'ensemble des continents.
On estime qu'environ 60 000 (sans doute plus) individus meurent de la rage chaque année sur la planète.
En France le nombre de rages humaines a énormément chuté depuis l'année 1924. Il en est de même des rages animales qui ont quasiment disparu depuis 1998 grâce à la vaccination des renards.
Par contre dans certains pays et plus particulièrement ceux d'Amérique du Sud, d'Afrique et d'Asie, la rage est encore d'actualité. Il s'agit essentiellement de la rage urbaine qui est transmise par des animaux domestiques qui ne sont pas vaccinés. L'animale concerné est le plus souvent le chien et plus rarement le chat. D'autres animaux domestiques sont également susceptibles de transmettre la rage dans ce pays.
Depuis quelques années, au nord de l'Europe, est décrite une forme de rage dite rage sylvestre transmise essentiellement par le renard. Ce type de rage est parfois transmise aux animaux domestiques (le plus souvent le chien et quelquefois les bovidés). Elle concerne parfois l'homme mais plus rarement. Toujours en Europe, cette fois-ci en Europe de l'Est, c'est le loup qui est le vecteur (transporteur) principal de la rage surtout dans les régions arctiques.
D'autres animaux, moins connus comme la chauve-souris, dans certains pays comme l'Afrique du Sud et les Caraïbes, sont susceptibles de transmettre la rage. Enfin, le lapin et certains rongeurs peuvent également être atteints par la rage mais beaucoup plus rarement.
Le virus responsable est un virus à ARN appartenant à la famille des Rhabdoviridæ et à l'ordre des Lyssavirus. Ce virus est transmis par la morsure d'un animal malade. Il est présent dans la salive des animaux infectés depuis trois à cinq jours avant l'apparition des symptômes.
Le virus qui se présente sous la forme d'un petit cylindre (vu au microscope électronique) a la forme d'une balle de fusil.
Les cadavres des animaux et des hommes sont virulents d'où la nécessité de les manipuler prudemment.
Au cours des formes, décrites ci-après, l'animal meurt de la maladie en 15 jours environ.
Au cours de la rage furieuse, l'animal est agité et présente, classiquement, de l'écume à la bouche puis une paralysie. Le chat quant à lui présente toujours une forme furieuse. Cette description classique n'est pas la seule. On décrit également des formes latentes au cours desquelles l'animal est apathique (sans énergie, indolent etc.) avec une salivation abondante.
On distingue de souches de rage :
- Les souches de rage des rues appelées également rage sauvage
- Les souches dites du virus fixe
La rage se contracte (« s'attrape ») de plusieurs manières :
La morsure est la manière la plus classique la plus connue du grand public.
La griffure et le léchage par un animal infecté ou encore la contamination d'une blessure sont les autres formes pour contracter la maladie.
Le virus se propage dans l'organisme par l'intermédiaire du système nerveux à partir du point d'inoculation (porte d'entrée) jusqu'à une zone de l'organisme où le virus va pouvoir se multiplier (réplication) à l'intérieur même du système nerveux. Précisément le virus de la rage, considéré comme neurotrope (se développe dans le tissu nerveux) suit tout d'abord les nerfs périphériques et arrive au niveau de la moelle épinière pour finir dans le cerveau ou sa multiplication a lieu. Ensuite une certaine quantité de virus passe dans les glandes salivaires et dans la salive elle-même.
Si l'on examine une parcelle de cerveau au microscope électronique on distingue plusieurs modifications du tissu nerveux. Tout d'abord on constate, autour des vaisseaux (périvasculaires), la multiplication des lymphocytes (variété de globules blancs) puis une destruction de la substance nerveuse proprement dit (neuronophagie) et (pour les spécialistes) la présence de corps de Negri. Ces corps sont directement présents à l'intérieur des neurones et dans la corne d'Ammon (zone du cerveau : l'hippocampe) à l'intérieur du cervelet et dans les ganglions lymphatiques.