Virus, virémie, virologie

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Définition 

Un virus est une particule de dimension très faible (de 0,02 à 0,3 µ pour les plus gros virus à 10 nanomètres pour les plus petits).

Ces particules ont la capacité de traverser des filtres habituellement utilisés pour arrêter les bactéries : filtres en porcelaine en ce qui concerne les plus gros virus.

 

 

Généralités 

Au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, grâce aux progrès effectués par la recherche en virologie (partie de la biologie étudiant les virus), et en biologie en général, et surtout avec l'avènement du microscope électronique (et plus spécifiquement la microphotographie en lumière ultraviolette), on finit par mieux comprendre la nature des virus.

 

PHYSIOPATHOLOGIE - COMPRENDRE COMMENT UN VIRUS AGIT

Chaque particule virale arrivée à maturité (on parle alors de virion) contient un seul type d'acide nucléique (ARN ou ADN). Celui-ci est enfermé dans la capside constituée par une coque de protéines.

L'ensemble (ARN ou ADN et capside) est appelé nucléocapside. Cet ensemble est lui-même entouré chez certains virus par un péplos qui constitue en quelque sorte la deuxième enveloppe composée de lipoprotéines (lipides plus protéines). Ces constituants protéiniques sont des capsomères disposés géométriquement.

À la surface du virus se trouvent des protéines qui vont également déterminer les propriétés du virus. La coque confère donc au virus les propriétés protectrices et antigéniques (c'est cette partie du virus que notre organisme considère comme étrangère).

L'acide nucléique, qui est à l'intérieur de la coque, représente la fraction pathogène, c'est-à-dire susceptible d'être à l'origine d'une maladie. Ces fractions pénètrent dans la cellule que le virus envahit et vont s'intégrer au matériel génétique (à l'ADN) de la cellule pour en modifier le fonctionnement habituel comme un parasite.
D'autre part, les constituants du virus (capsomères) vont s'ordonner, s'organiser géométriquement, selon une forme et une structure appelée cristalline, qui apparaît soit sous la forme cubique (d'un cube) soit sous la forme hélicoïdale (d'une hélice) soit sous les deux formes (mixtes).

Le virus est incapable, étant donné qu'il ne possède pas sa propre énergie, de se reproduire par lui-même, c'est-à-dire de fabriquer lui-même ses propres molécules. Dans ces conditions, il a besoin d'utiliser le métabolisme des cellules vivantes qu’il envahit. Ce parasitage des fonctions cellulaires est à l'origine d'une maladie de l'organisme infecté.
La cellule infectée voit donc son patrimoine génétique complètement modifié : elle se trouve obligée de fabriquer les acides nucléiques et les protéines du virus, et de cette façon est à l'origine de nouveaux virions appelés néovirions. L'infection se transmet de cellules en cellules.

Les cellules n'ont pas toutes la même façon de réagir à l'intrusion d'un virus : la présence d'un virus dans une cellule entraîne une réponse variable selon la cellule. Cette réponse peut être cytolytique, c'est-à-dire entraîner la mort de la cellule, chronique, persistante, latente, lente ou transformante, c'est-à-dire aboutir à une cellule cancéreuse ou à une leucémie.

La contamination par virus se fait de plusieurs manières, et emprunte différentes voies :

  • digestive
  • respiratoire
  • cutanée (à travers la peau après une excoriation c'est-à-dire une écorchure superficielle)
  • par piqûre, morsure, à travers les muqueuses (couche de cellules recouvrant l'intérieur des organes creux ou l’œil comme la conjonctive entre autres)
  • sexuelle
  • sanguine

Les virus sont capables d'envahir toutes sortes d'organismes y compris les végétaux, les bactéries, les champignons et les algues.
D'autre part, chaque espèce de virus est adaptée à son hôte, et plus spécifiquement à un organe ou à un tissu (tissu lymphatique, foie, peau, tissu nerveux, etc.).

Un grand nombre de virus sont à l'origine de la production d'anticorps par l'organisme envahi. Ces anticorps sont spécifiques, c'est le cas par exemple de la rougeole, de la poliomyélite, de la rubéole, etc… Ils vont permettre à l'organisme infecté de pouvoir se défendre contre ces mêmes virus  lors d'un prochain contact. On qualifie ces virus d'immunogènes.

 

UN PEU DE VOCABULAIRE

Le terme virurie désigne la présence de virus à l'intérieur de l'urine.

Le terme virulence (du latin virulentia : mauvaise odeur) est la capacité des bactéries à se développer dans le corps des animaux, mais aussi à sécréter des toxines à ce niveau. Le degré de virulence dépend non seulement de l'intensité, mais aussi du pouvoir pathogène, qui varie avec la résistance de l'individu infecté, et des différentes influences qui sont susceptibles d'agir sur la bactérie. Ce terme s'emploie le plus souvent pour désigner la pathogénicité et le pouvoir infectieux d'une bactérie. Il est peu utilisé en ce qui concerne les virus.

Le terme virulicide, dont le synonyme est virucide, désigne tout ce qui détruit les virus. Il peut s'agir entre autres d'un sérum ayant des capacités susceptibles de les détruire.

Le terme réservoir de virus désigne un animal ou un milieu extérieur dans lequel le germe responsable de maladie, en l'occurrence le virus, se conserve.

  • Un virus cytotrope est un virus qui ne peut se multiplier qu'au sein des cellules vivantes qu'il parasite.
     
  • Un virus plastique est un virus qui possède la capacité de modifier fréquemment sa structure moléculaire grâce à des multiplications successives.
     
  • Un virus cancérigène ou cancérogène est un virus oncogène c'est-à-dire capable, en introduisant son matériel génétique à l'intérieur d'un chromosome qu'il infecte, de rendre une cellule cancéreuse ou leucémique. Il s'agit d'une transformation, plus précisément d'une modification du patrimoine génétique du virus, ayant pour but de perturber le métabolisme, c'est-à-dire le fonctionnement de la cellule qui accueille le virus (cellule hôte). De cette manière les modifications engendrées à cause du virus entraînent une véritable anarchie, ce qui aboutit à la prolifération désordonnée de cellules se caractérisant par un caractère malin (cancéreux).
     
  • Un virus vaccin est un vaccin qui est constitué par des germes dont la virulence a été atténuée. Il est inoculé afin d'entraîner l'apparition d'une infection latente, ayant les capacités de prévenir l'organisme contre une éventuelle attaque violente du même genre.
     
  • Un virus défectif est un virus qui ne peut pas assurer sa multiplication après avoir pénétré l'intérieur d'une cellule. Il s'agit en définitive, de virus soumis à un cycle abortif, dont la traduction est l'impossibilité, pour ce virus, d'intégrer sont matériel génétique dans la cellule hôte. Ceci entraîne une perturbation qui peut éventuellement, ne pas exister à condition de recevoir l'aide d'un autre virus. C'est le cas entre autres de l'agent delta dont le développement est possible grâce à l'infection conjointe par un virus hépatite B.
     
  • Un virus fixe, appelé également virus de passage, est un virus qui est obtenu, après inoculation de la rage des rues, au lapin. Le virus fixe acquiert dès ce moment une virulence qui ne varie pas au laboratoire. Il s'agit d'une fixité qui est irréversible et permanente.
     
  • Un virus orphelin est un virus identifié, mais dont on ignore un éventuel rôle quant à la survenue d'une maladie. Il s'agit de virus en quête de maladie.
     
  • L'agent delta qui est un virus défectif, découvert par Rizzetto entre 1975 et 1977, appelé également antigène delta, Agd, AgHD, HDV, virus delta, virus de l'hépatite D, Deltavirus. C'est une particule d'acide ribonucléique dont le poids moléculaire est faible et qui mesure entre 35 et 40 nm. Cette particule est liée à un antigène chez certains individus souffrant d'hépatite B. L'association de l'agent delta avec le virus de cette hépatite (dans les formes aiguës et chroniques) indique une intense gravité de la maladie. L'agent delta présente un comportement en tant qu'antigène, ce qui favorise la production d'anticorps antidelta.

 

CLASSIFICATION

Depuis 1976, le comité international de la nomenclature des virus a classé les virus selon les critères suivants :

  • Le type d'acide nucléique (ADN ou ARN)
     
  • La symétrie de la capside (cubique ou hélicoïdale)
     
  • Le lieu où leurs éléments sont assemblés (le noyau ou le cytoplasme de la cellule infectée)
     
  • La présence ou l'absence d'enveloppes (péplos)
     
  • Le nombre des capsomères
     
  • Le diamètre de l'hélice

 

Voici une classification des principaux groupes de virus et des maladie qu'ils entraînent. Il faut distinguer les virus à ADN, les virus à ARN et les virus non classés.

Les adénovirus (virus APC : adénopharyngo-conjonctival), de la famille des adenoviridae ou adénoviridés : il s'agit d'une famille de virus à ADN bicaténaire qui comporte deux genres, Aviadenovirus (infectant les oiseaux) et Mastadenovirus (infectant les mammifères). Les adénovirus spécifiques de l'Homme en font partie.

Un adénovirus (étudié par Rowe en 1953) présente une symétrie cubique et ne comporte pas d'enveloppe. Sa capside est constituée de 252 capsomères et il a 60 à 80 microns de diamètre. 
On parle d'adénovirose pour désigner une maladie due à un adénovirus. Il s'agit de virus qui ont une affinité remarquable pour le tissu lymphoïde et entraînent des inflammations aiguës du pharynx (pharyngites), des conjonctives (conjonctivite), des kératoconjonctivites épidémiques (conjonctivite infectieuse et contagieuse de type folliculaire avec fausses membranes et parfois iritis : inflammation de l'iris et inflammation douloureuse de la cornée associés à des opacités ponctuées), des trachéobronchites fébriles, des bronchopneumopathies, des adénites mésentériques. Ces affections sont presque toujours bénignes.

  • la fièvre d'Auckland est une affection respiratoire à adénovirus qui survient chez l'enfant. Elle a été décrite dans cette ville de la Nouvelle-Zélande en 1965 et en 1977. Son évolution se fait sur le mode épidémique et peut engendrer des perturbations de l'appareil respiratoire, à type de dilatation des bronches avec séquelles.
  • la maladie de Rubarth (étudiée par le vétérinaire suédois, du même nom), appelée également hépatite contagieuse du chien, est une affection provoquée par un adénovirus source de troubles digestifs avec fièvre élevée. Le plus souvent, cette pathologie a une évolution péjorative, entraînant le décès, pour les formes aiguës. Sa prévention passe par la vaccination.
     

Le papovavirus appartient à la famille des Papovaviridae. Le virus HPV (abréviation du terme anglais : human papilloma virus ) et les polyomavirus (virus JC, virus SV40 et virus BK) font partie des papovavirus. Il s'agit d'un virus sans enveloppe dont la dimension avoisine 45 à 55 nm. La leucoencéphalopathie multifocale progressive semble être due au virus JC. Ce virus, suite à une défaillance du système immunitaire du patient, voit son action favorisée à la suite de la maladie sanguine (hémopathie) initiale.
 

La famille des Herpesviridae est une famille de virus comportant une enveloppe, et dont les dimensions varient entre 120 et 180 nm. Cette famille comprend entre autres :

Le pox virus appartient à la famille des poxviridae ou poxviridés. Ces virus à ADN bicaténaires possèdent une enveloppe de forme rectangulaire. Ils sont parmi les plus gros virus (dimensions entre 150 et 300 nm) et comprennent le virus de la vaccine, le virus du molluscum contagiosum (virus oncogène) du genre Orthopoxvirus et le virus de la variole. Certains virus de cette famille, propres aux animaux, sont susceptibles d'infecter accidentellement l'Homme dans le cadre d'une maladie professionnelle :

  • le virus du cowpox (Orthopoxvirus) : ce terme est issu de l'anglais cow (vache) et pox (éruption pustuleuse). Cette affection atteint les pis et des mamelles de la vache suite à une infection par un Poxvirus. Elle est susceptible de se transmette à ceux qui traient les vachesmais aussi à leur entourage. La cowpox se caractérise, chez l'homme, par l'apparition d'une élévation modérée de la température, associée à des boutons (éruption) au niveau des mains, avec de petites papules
     
  • le virus du tubercule des trayeurs
     
  • le virus de la dermite pustuleuse contagieuse (Parapox virus)
  • le Tanapox provoque les fièvres éruptives épidémiques d'apparence vaccinale qui sont le résultat d'une infection par un pox virus. Cette infection a été observée dans la rivière Tana au Kenya en 1957 et en 1962.
     

Le parvovirus de la famille des Parvoviridae fait partie de plusieurs types de virus susceptibles d’infecter l’animal:

  • la maladie de Derszy est une pathologie contagieuse de l'oison (jeune oie) due à un parvovirus, entraînant une hépatite (inflammation des cellules composant le foie) s'accompagnant d'une inflammation du myocarde (muscles du coeur proprement dit) dont l'évolution est péjorative (myocardite mortelle). Cette maladie est prévenue grâce à la vaccination.
     
  • le virus B19 est pathogène chez l’homme. Il s'agit d'un virus sans enveloppe, dont les dimensions varient entre 20 et 25 nm.
     
  • le virus SRV (initial de l'anglais small round virus signifiant petit virus rond) est une variété de parvovirus entraînant l'apparition de gastro-entérite aiguë chez l'homme
     
  • le virus de Norwalk est un virus très petit (27 nm) dépourvu d'enveloppe qui a été classé tantôt parmi les Calicivirus et par certains parmi les Parvovirus. Il est responsable de gastro-entérites aiguës épidémiques.

 

Le picornavirus, appartenant à la famille des Picornaviridae ou picornaviridés, est un virus à ARN monocaténaire de petite taille c'est-à-dire allant 18 à 30 nm. Il s'agit d'un virus ayant une capside de symétrie cubique avec 32 capsomères et sans enveloppe. Cette famille comprend les genres Enterovirus, Heparnavirus (ou Hepatovirus), Rhinovirus (entraînant le rhume commun), Aphtovirus et Cardiovirus. Ces 2 types de virus atteignent le bétail et les rongeurs. Parmi les Picornavirus, il faut citer :

 

L'astrovirus appartient à la famille des Astroviridae (du latin aster : étoile). Il s'agit d'un virus de petite taille (environ 30 mu) à ARN en étoile, entraînant l'apparition de pathologies digestives (virus antéropathogène : viroentéropathogénicité) chez l'Homme, comme la gastro-entérite entre autres.

Les virus de la famille des Flaviviridae ou hépadnaviridés. Il s'agit d'une famille de virus à ADN monocaténaire qui comprend le virus de l'hépatite B chez l'homme et d'autres virus infectant certains animaux. Font partie de cette famille :

L'hepacavirus ou hepacivirus (du grec hepar : foie) est le nom proposé (certains virologues) pour désigner le virus de l'hépatite C.

Le virus Banzi est un virus transmis par les moustiques et responsable des pathologies proches de la dengue habituellement observée en Afrique australe et orientale.

Les arbovirus (virus transmis par des arthropodes) appartiennent également à la famille des Flaviviridae ou Flavivirus.
Alphavirus, Nairovirus, Bunyvirus, Flavivirus (de la fièvre jaune et de la dengue) font partie des arbovirus.
Liste (non exhaustive) des affections dues à un arbovirus :

  • la fièvre de la vallée du rift, en 1930 appelée également hépatite enzootique 
     
  • l'encéphalite équine occidentale transmise par un moustique en Amérique du Nord au Sud
     
  • l'encéphalite équine orientale due à un alpha virus transmise par un moustique (côte Est des Amériques)
     
  • l'encéphalite équine de Saint-Louis due à un Flavivirus et transmise par un moustique (États-Unis et Caraïbes)
     
  • l'encéphalite équine vénézuélienne due à un alphavirus et transmise par un moustique (Venezuela, Mexique, Floride, Europe centrale et orientale)
     
  • l'encéphalite de La Crosse due à un Bunyavirus et transmise par un moustique (États-Unis)
     
  • l'encéphalite japonaise B transmise par un moustique (zone géographique allant du Japon aux Philippines)
     
  • l'encéphalite à tique d'Europe transmise par une tique (Europe centrale et orientale)
     
  • l'encéphalite West Nile transmise par un moustique (Afrique, États-Unis, Moyen-Orient)
     
  • l'encéphalite russe du printemps-été transmise par une tique (Russie et Europe centrale)
     
  • la fièvre de Murray Valley transmise par un moustique (Australie et Nouvelle-Guinée)
     
  • la fièvre à virus Powassan transmise par une tique (Amérique du Nord)
     
  • la fièvre jaune transmise par un moustique (Afrique et Amérique latine)
     
  • la fièvre à tique du Colorado due à un orbivirus et transmise par une tique (ouest des États-Unis)
     
  • la dengue de type 1, 2, 3, et 4 transmise par un moustique (Afrique, Asie et Amérique)
     
  • la fièvre à virus Ross-River due à un alphavirus et transmise par un moustique (Australie et Nouvelle-Guinée)
     
  • la dengue hémorragique transmise par un moustique (Sud-Est asiatique et Caraïbes)
     
  • la fièvre hémorragique d'Omsk transmise par une tique (Sibérie et Asie)
  • la fièvre de la forêt de Kyasanur transmise par un tique (Inde, plus précisément l'État de Mysore)
     
  • la fièvre à virus Chikungunya due à un alphavirus et transmise par le moustique (Afrique et Asie du Sud-Est)
     
  • la fièvre de Crimée-Congo transmise par une tique (Afrique,Crimée et Kazakhstan)
     
  • la fièvre de la vallée du Rift due à un phlébovirus et transmise par un moustique (Afrique orientale et Égypte)
     
  • la fièvre à virus Mayaro (Uruma) due à un alphavirus et transmise par un moustique (Panama et Trinidad)
     
  • la fièvre à virus Sindbis due à un alphavirus et transmise par un moustique (Europe, Afrique et Australie)
     
  • la fièvre à virus Mucambo due à un alphavirus et transmise par un moustique (Amérique du Sud)
     
  • la fièvre à phlébotome due à un phlébovirus et transmise par un phlébotome (Méditerranée, Asie et Afrique)
     
  • la fièvre de Naples (ou de Sicile) due à un phlébovirus et transmise par un moustique (Italie et Égypte)
     
  • la fièvre de Candiru, Punta del Toro, due à un phlébovirus et transmise par un moustique (Brésil et Panama)

 

Les rotavirus (du latin rota : roue) font partie des réovirus (famille des Reoviridae). Il s'agit d'un genre de virus à ARN bicaténaire, dont la symétrie est cubique et dépourvue d'enveloppe. Ils mesurnt entre 60 à 75 nm et se présentent sous la forme de roue. Les réovirus sont quelquefois responsables des diarrhées du nourrisson et d'infections respiratoires.

 

L'arénavirus de la famille des Arenaviridae est responsable des fièvres hémorragiques épidémiques et de la chorioméningite héréditaire.

 

Les myxovirus comprennent le virus de la grippe (trois catégories A, B, C, ou orthomyxovirus), le paramyxovirus c'est-à-dire virus des oreillons, le virus de la rubéole, de la rougeole et le virus syncytial (VRS). Les myxovirus sont appelés également orthomyxovirus (nom qui était primitive­ment donné aux virus de la famille des Orthomyxoviridae car ils possédaient une affinité pour les mucoprotéines). La peste aviaire étudiée par Centanni en 1901 (en anglais avian plague) est une maladie contagieuse due à un orthomyxovirus. Cette maladie se caractérise par la survenue d'une somnolence intense entraînant le décès dans la majeure partie des cas.

 

Le virus de la rage (Lyssavirus) appartient aux ethabdovirus.

 

Les Rhabdoviridee (du grec rhabdos : raie) sont une famille de virus à ARN monocaténaire dont la polarité est négative et la symétrie hélicoïdale. Ces virus possèdent une enveloppe en forme d'obus. Le virion mesure 180 x 80 nm. Cette famille comprend, parmi le genre Vesiculovirus, le virus de la stomatite vésiculeuse et parmi le genre Lyssavirus, le virus de la rage. D'autres virus de cette famille, susceptibles d'entraîner des maladies (donc pathogènes) concernent uniquement les animaux.

 

Les rétrovirus sont des virus oncogènes (entraînant des cancers) appartenant à la famille des retroviridae. Il s'agit d'une famille de virus à ARN monocaténaire de 100 nm de diamètre possédant une capsule avec une symétrie cubique et ayant la capacité, grâce à sa transcriptase inverse, de transcrire son génome ARN en ADN.
Le rétrovirus a la possibilité de s'introduire à l'intérieur du génome constitué d'ADN des cellules qui l'hébergent, et de procéder à une intégration totale puis d'être transmis avec le génome ainsi constitué. C'est ainsi que l'on distingue deux groupes de rétrovirus : la forme libre correspondant à un élément génétique mobile constitué d'ARN , ayant la capacité de passer d'une cellule à une autre et la forme intégrée au génome de la cellule, ceci après utilisation de la transcription en ADN correspondant à la forme sans laquelle il ne peut pas se multiplier. La transcriptase inverse est donc une enzyme qui dirige la production d'un exemplaire d'ADN à partir de l'ARN.

La famille des rétrovirus est divisée en sous familles :

  • Rétrovirus-HTLV, Spumavirus et Lentivirus
     

Parmi les rétrovirus il faut citer :

  • HTLV-I (Human T cell Lymphotropic Virus type I). Ce rétrovirus qui est responsable du lymphome de l'adulte et à la myélopathie spastique progressive
     
  • HTLV-II. Ce virus a été isolé chez les patients souffrant de leucémie à tricholeucocytes retrouvé ensuite chez les toxicomanes par voie intraveineuse
     
  • HTLV-III. Ce terme très peu utilisé désignait auparavant le virus du sida qui porte actuellement le nom de HIV (Human Inmulodeficiency Virus) et en français VIH (virus de l'immunodéficience humaine)
     
  • HTLV-V. Ce virus est considéré comme responsable dans le mycosis fongoïde.

D'autres rétrovirus sont responsables de leucémie et de cancer des animaux comme c'est le cas par exemple du sarcome de Rous.

Les endovirus sont des rétrovirus qui possèdent une forte ressemblance (homologie), ou sont totalement identiques, avec certaines portions du génome de la cellule non infectée, hôte naturel de ce virus. Un endovirus appartenant à une espèce est susceptible d'avoir un comportement identique à celui d'un exovirus, dans les cellules appartenant à une autre espèce.

 

Un protovirus (étudié par Temin en 1970), appelé également transposon, est un élément génétique mobile ayant la capacité de s'intégrer aux gènes de l'ADN des cellules et de se transposer d'un point du génome à un autre. C'est un élément de transposition (ou transposon) pouvant entraîner l'apparition de mutations à l'intérieur du génome de la cellule. Les protovirus peuvent également, sans doute, donner naissance aux provirus des rétrovirus.

 

Togaviridae est une famille de virus contenant un acide ribonucléique (ARN) monocaténaire c’est-à-dire possédant une seule chaîne d’ADN, spécifique d’une espèce. Ce virus présente une polarité positive, mesure 35 à 40 nanomètres de diamètre, ayant la capacité d'assembler ses capsides dans les cellules infectées. La capside est constituée de protéines se présentant sous la forme d'une coque, et entourant le matériel génétique (A.D.N. ou A.R.N.) d’un virus, en l'occurrence l'ARN. Cette famille de virus est responsable, entre autres, de la fièvre hémorragique d'Omsk.

 

Bunyaviridae ou bunyaviridé est une famille de virus qui tire son nom de la localité d'Ouganda : Bunyamwera. Un arbovirus connu depuis 1943, appelé virus californien et faisant partie de la famille des Bunyaviridae, est responsable de l'encéphalite de Californie. La fièvre du Congo est une pathologie liée à un autre virus appartenant à la famille des Bunyaviridae : le Nairovirus. Cette maladie est comparable à celle de la fièvre hémorragique de Crimée.

 

Le calicivirus appartient la famille des Caliciviridae. Il s'agit d'une famille de virus responsable entre autre de gastro-entérite. Ce genre de virus à ARN monocaténaire de 35 nm sans enveloppe, isolé en 1989 par Bradley, et dont la détec­tion se fait par réaction immuno-enzymatique (ELISA), est appelé de cette façon car sa forme est proche de celle d'un calice.
Les calicivirus sont retrouvés dans les selles des enfants souffrant de gastro-entérite épidémique.
Le calicivirus est également responsable de l'hépatite E (HE). Il s'agit d'une hépatite de nature épidémique, dont la transmission se fait sur un mode oro-fécal, de nature épidémique mais jamais chronique, et s'observant essentiellement en Asie en Afrique.

 

Filoviridae est une famille de virus appelé également filoviridés (du latin filum : fil). Elle comprend le virus de la maladie de Marbourg et le virus Ebola. Il s'agit de virus à ARN monocaténaire dont la symétrie est hélicoïdale et possédant une enveloppe.

 

Le virus de la famille des Birnaviridae est un agent viral entraînant l'apparition d'une inflammation des bourses, de nature infectieuse aviaire (des oiseaux). Cette maladie est appelée maladie de Gumboro.

 

Les coronavirus appartiennent à la famille des coronaviridae. Il s'agit d'un genre de virus à ARN monocaténaire de 70 à 120 nm de diamètre et dont la symétrie est hélicoïdale. L'enveloppe de ce virus est surmontée d'une couronne qui rappelle approximativement une fleur, d'où le nom. Il s'agit de virus responsables de rhinite et de rhinopharyngites des adultes jeunes.
Les cooronavirus seraient également responsables d'une autre maladie appelée entérocolite nécrosante du nouveau-né ou entérocolite ulcéro nécrosante.

 

Les virus non classés.

Parmi ceux-ci citons le virus de l'hépatite B et les virus lents (Visoa).
Les maladies à virus lents, plus précisément maladies lentes à virus (maladies étudiées par Sigurdsson en 1954) sont des affections attribuées à des virus divers, généralement non identifiés.
Ces affections ont des points communs :
une longue période muette, allant de quelques mois à quelques années
la maladie n’atteint qu’un seul tissu ou un seul organe
ces virus une affinité exclusive pour certaines espèces animales
l'évolution de la maladie se fait progressivement vers le décès du patient.
On ne sait pas avec précision pourquoi l'incubation de ces virus est prolongée. Pour certains virologues, il semblerait exister une prédisposition génétique.

ICRON (initiales d'Institute for Cancer Research) est un terme qui a été proposé par Blumberg, et qui désigne un ensemble composé du virus et des constituants provenant de l'hôte qui l'héberge. Cette notion d'ICRON a été élaborée à partir du virus de l'hépatite B, possédant une enveloppe considérée comme l'antigène Australie et le virus lui-même constitué d'un certain nombre d'antigènes en provenance du sujet, chez lequel ce virus s'est développé. Quand un virus icron est transmis de l’individu A (dans l’organisme duquel il s’est développé) à un individu B (qui ne possède pas d'antigènes comparables à ceux que ce virus a recueilli sur l’individu A), l’individu B présente une réaction violente, se caractérisant par une production d'anticorps entraînant une hostilité immunologique et occasionnant une inflammation du tissu hépatique (hépatite) grave dont l'évolution se fait vers la guérison complète avec destruction du virus.
Si l’individu B présente les mêmes antigènes que ceux déjà fixés sur le virus, il ne réagira pas. Dans ce cas il ne surviendra pas de réaction de défense de type immunologique, ce qui aboutira à une affection sans symptôme (inapparent).

Dans un autre cas de figure, en présence d'une parenté antigénique plus ou moins intense entre l'icron et son hôte, l'icron présenterait une réaction intermédiaire ou épiphénomène immunitaire à médiation cellulaire. Dans ce cas on constate un envahissement du foie par des cellules immunocompétentes avec apparition d'une hépatite, cette fois-ci chronique active.

En ce qui concerne les infections à virus lents, qui sont nombreuses chez l'animal, il faut citer l'encéphalopathie bovine spongiforme, et la tremblante du mouton (que l'on appelle également scrapie).

L'homme quant à lui est susceptible d'être infecté par quatre « virus » de ce type :

Parmi ceux-ci, il faut distinguer les agents infectieux que l'on considère comme conventionnels (il s'agit de ceux de la leucoencéphalite sclérosante subaiguë) et les l'agents infectieux dits non conventionnels comme les prions ou virinos.

 

 

DIAGNOSTIC - EXAMENS DE LABORATOIRE

La mise en évidence d'une maladie virale se fait par l'intermédiaire d'une recherche d'anticorps dans le sérum (partie liquidienne du sang), et la mise en évidence après culture, des cellules infectées du virus dans le sang, la salive, les urines, les excréments, les différents liquides de l'organisme.

 

TRAITEMENT

Le traitement d'une infection virale est essentiellement symptômatique et dépend de chaque virus.

Le terme antiviral désigne une substance qui est utilisée afin de lutter contre la pénétration ou la multiplication des virus à l'intérieur d'un organisme.

La,prévention passe par la vaccination (spécifique pour chaque virus).

 

EN RÉSUMÉ

Les virus sont des micro-organismes obligatoirement intracellulaires. Ceci signifie qu'ils ne peuvent vivre en dehors d'une cellule dans laquelle ils vont puiser différents éléments, et en particulier l'énergie et « la nourriture » dont ils ont besoin pour se multiplier.

Plusieurs centaines sont susceptibles d'affecter l'homme sans toutefois entraîner l'apparition de symptômes. Ils ont la propriété de traverser les membranes : on les appelle pour cela des virus ultrafiltrables.

L'infection par un virus entraîne l'apparition de ce que l'on appelle l'immunité à médiation cellulaire faisant intervenir entre autres deux variétés de globules blancs : les lymphocytes T et les lymphocytes B.

Ce type d'infection s'accompagne également d'une immunité humorale faisant intervenir les anticorps circulants.

On parle de réaction sérologique (survenant au sein de la partie liquidienne du sang) comme témoin d'une augmentation des anticorps à travers des prélèvements successifs de deux à trois semaines d'intervalle : en effet, un seul prélèvement est insuffisant pour orienter le diagnostic avec certitude. C'est le deuxième prélèvement qui va permettre de savoir si le taux d'anticorps correspondant à un éventuel virus a augmenté, permettant ainsi le diagnostic.

Quelquefois, un diagnostic rétrospectif est possible en effectuant une comparaison entre les résultats de la réaction obtenue en laboratoire en ce qui concerne la sérologie (dosage des anticorps) à la phase aiguë et les résultats obtenus (toujours en ce qui concerne la quantité d'anticorps) au moment de la convalescence d'un patient.

Si certaines molécules (médicaments) comme l'amantadine, entre autres, permettent de prévenir en théorie la grippe de type A, il faut rappeler que les antibiotiques n'ont aucun impact sur un virus.

Généralement ceux-ci sont utilisés pour éviter une surinfection par une bactérie, susceptible d'entraîner des complications parfois graves, comme c'est le cas chez les individus présentant un déficit immunitaire, chez les personnes âgées et les enfants en bas âge. Néanmoins, de façon générale, la prescription systématique d'antibiotiques afin de prévenir une éventuelle surinfection bactérienne ne doit pas être faite.

Certains médicaments (entrant dans le cadre de la chimiothérapie) sont efficaces contre certains virus seulement, notamment le cytomégalovirus, l'herpès virus (qui est le virus de la varicelle et du zona) et le VIH.

La prophylaxie dont le but est, en partie, de prévenir la survenue d'une maladie, est efficace en ce qui concerne de nombreuses affections virales. Celle-ci fait, bien entendu, intervenir la vaccination par l'intermédiaire du processus d'immunisation active.

La période d'incubation du virus, quant à elle, engendre une immunisation passive faisant jouer un rôle aux immunoglobulines spécifiques. Elle va permettre de supprimer, ou d'atténuer, les manifestations symptomatiques de certaines affections virales, c'est-à-dire les signes que présente un malade à la suite de la pénétration du virus dans son organisme.

 

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