L'
hépatite de façon générale, se caractérise, par rapport à l'hépatite aiguë, par l'apparition d'une
inflammation et par le développement d'une
fibrose c'est-à-dire d'une perte élasticité du tissu survenant progressivement. Il peut s'agir également d'une sclérose cicatricielle qui finit par désorganiser progressivement l'architecture de la
glande hépatique dont l'évolution se fait parfois vers une
cirrhose. Par définition hépatite chronique est une hépatite dont la durée dépasse six mois.
Il faut distinguer néanmoins l'
hépatite chronique active qui est une maladie grave du foie se caractérisant par une inflammation une nécrose et une fibrose évoluant vers la cirrhose et l'
hépatite chronique persistante qui est une maladie se caractérisant par l'inflammation chronique du foie ne s'accompagnant pas de nécrose c'est-à-dire de destruction des hépatocytes (cellules du foie) ni de fibrose et qui n'évolue pas vers la cirrhose. On parle alors d'hépatite avec lésions minimes.
L'
hépatite chronique active est une hépatite chronique s'accompagnant d'inflammation très intense. La
fatigue est le symptôme le plus fréquent de l'hépatite chronique. Les spécialistes parlent le plus souvent d'asthénie. Néanmoins chez certains patients, l'hépatite chronique n'entraîne l'apparition d'aucuns symptômes et passe parfois inaperçus. Le diagnostic de l'hépatite chronique nécessite la mise en évidence d'une augmentation des
transaminases à l'intérieur du sang. Cette augmentation va de deux à dix fois la normale.
Les
causes des hépatites chroniques sont les hépatites virales chroniques (hépatite C, hépatite B, hépatite D, hépatite survenant après une toxicomanie par voie intraveineuse, hépatite alcoolique et hépatite par déficit immunitaire). Les hépatites liées à l'absorption de médicaments, le plus souvent l'isoniazide, le méthyldopa, le methotrexate, les nitrofurantoïnes, les sulfamides, le dantrolène et le paracétamol entraînent également des hépatites chroniques. L'hépatite auto-immune qui survient chez les individus présentant une prédisposition génétique aboutit quelquefois à une hépatite chronique. Citons enfin la maladie de Wilson et le déficit en alpha antitrypsine qui aboutissent à l'apparition d'une hépatite chronique.
Pour les spécialistes en gastro-entérologie et en hépathologie, l'anatomie pathologie montre une infiltration portale et périportale par des cellules mononucléées. À cela s'associer une nécrose des hépatocytes de la lame bordante. L'infiltration finit par aboutir à une cirrhose. On constate d'autre part des zones de nécrose qui confluent, finissant par unir les espaces portes ou les zones centro-lobulaires (bridging necrosis). En cas d'hépatite auto-immune il est possible de mettre en évidence une infiltration portale par des lymphocytes et des plasmocytes. En cas d'hépatite lobulaire chronique on constate l'apparition d'une inflammation chronique et d'une infiltration par des lymphocytes à l'intérieur des espaces portes mais pas de nécrose et peu de fibrose.
Les symptômes survenant au cours de l'hépatite chronique sont variables selon le type d'hépatite.
De façon générale on constate :
- Une asthénie (fatigue générale).
- Une anorexie (perte d'appétit).
- Une dyspepsie (digestion douloureuse et difficile).
- Un ictère parfois.
- Un subictère.
- Une splénomégalie (grosse rate).
- Des poussées de fièvre.
- Une insuffisance hépatique.
L'examen du patient ne montre quelquefois une hépatomégalie (gros foie) parfois sensible.
En cas d'hépatite virale chronique, les symptômes sont quelquefois absents durant un grand nombre d'années.
En cas d'
hépatite auto-immune les manifestations cliniques, c'est-à-dire les symptômes, vont de l'absence totale de symptômes jusqu'aux symptômes désignant une hépatite grave. On constate alors la présence d'un ictère à la phase aiguë pour un patient sur deux. L'évolution se fait quelquefois vers la guérison qui précède à nouveau un épisode d'ictère puis à nouveau on constate, dans la majorité des cas, une évolution vers la cirrhose ou l'insuffisance hépatique, cette fois-ci irréversible. Il faut rechercher, associée à une hépatite auto-immune, entre autres, une thyroïdite auto-immune, une polyarthrite rhumatoïde, une colite ulcéreuse et d'autres maladies auto-immunes.
Les examens de laboratoire mettent en évidence une augmentation des transaminases, une hyperbilirubinémie modérée, une augmentation des gammaglobulines, une augmentation de l'alpha de macroglobuline, une diminution des albumines, un allongement du temps de prothrombine survenant tardivement.
Quand il s'agit d'une
hépatite minime, la bilirubine et les
transaminases sont légèrement augmentées mais on ne constate pas d'augmentation des gammaglobulines.
Il est également nécessaire de rechercher l'
antigène HBs positif, les anticorps anti-HBc négatif, une éventuelle multiplication des virus (augmentation des antigènes AgHBe) et les anticorps anti hépatite B. +D.
En cas d'
hépatite auto-immune il se recherche des
anticorps antinucléaires, des anticorps anti muscles lisses, des anticorps antimicrosmomes, antimicrosmomes, antimitochondries, anticytoplasme des polynucléaires neutrophiles, anti SLA, la
charge virale.
Il est nécessaire d'effectuer une ponction-biopsie du foie.
Les
complications se font vers la
cirrhose du foie,
cancer du foie, le
syndrome des antiphospholipides, la
cryoglobulinémie, le
lupus érythémateux disséminé, la
polyarthrite rhumatoïde, la
polymyosite, dermatopolymyosite et le syndrome de
Gougerot.
Il ne faut pas confondre l'hépatite chronique avec une
hépatite alcoolique, une
cirrhose biliaire primitive, une cirrhose postnécrotique et l'
angiocholite. La certitude diagnostique est obtenue grâce à la ponction-biopsie du foie.
Le pronostic est variable selon la cause de l'hépatite chronique. Ainsi les hépatites liées à la prise médicamenteuse régressent complètement à l'arrêt du médicament en cause. Les formes auto-immunes sont sensibles aux traitements. L'hépatite est liée à une infection par un virus B évolue lentement vers la cirrhose sauf quand il s'agit d'une hépatite nodulaire avec absence de nécrose ou pas de fibrose.
Le
traitement varie en fonction de la cause de l'hépatite chronique. Ainsi, en cas d'hépatite virale B : utilisation de l'interféron alpha. En cas d'hépatite virale C: utilisation des
interférons alpha 2B. En cas d'hépatite auto-immune : utilisation de la prednisolone dont les doses sont progressivement diminuées ensuite. En cas d'hépatite médicamenteuse arrêt du médicament. En cas d'hépatite à lésions minimes régime diététiques uniquement. La cortisone et les immunosuppresseurs sont dans ce cas inutiles.
La prophylaxie consiste à vacciner
(voir le texte hépatite vaccination).