Interféron

Substance fabriquée par l’organisme, et ayant des propriétés antivirales et anticancéreuses susceptibles de s’adapter au fonctionnement immunitaire (système permettant à une personne de se défendre). Il existe donc un rapport étroit entre les interférons, et les capacités du système immunitaire.

Les interférons font partie des cytokines. Ce sont de petites protéines sécrétées par différents types de cellules, ayant une action régulatrice et stimulatrice du système immunitaire. Ils sont fabriqués par les globules blancs.

On connaît trois types d’interférons :

  • Alpha (2a et 2b) : ce sont des interférons produits par génie génétique, aux propriétés multiples et dont les mécanismes restent imparfaitement compris. Ils sont utilisés essentiellement dans l’hépatite B chronique active de l’adulte, et chronique virale C avec réplication du virus qui persiste à deux examens au moins réalisés environ à deux mois de distance dont un, dans le mois précédent la mise au traitement.

Leur activité est antivirale en entraînant une inhibition de la réplication des virus. Ils entraînent également l’augmentation de l’activité des macrophages (variété particulière de globules blancs) pendant la phagocytose (ingestion de corps étranger et digestion). Enfin, ils ont une activité anti-proliférative (empêchent la multiplication e façon anarchique des cellules) sur certaines tumeurs.

Ils sont également utilisés dans le traitement

  • Du sarcome de Kaposi (Maladie cutanée caractérisée par des plaques rouges, violettes ou noires, causées par une agglomération de vaisseaux, des nodules (petites "boules") durs violacés, un œdème (gonflement), et des zones colorées

  • Au cours du sida
  • L'hépatite C aiguë et chronique
  • De l'hépatite B
  • De certains cancers
    • Leucémie à tricholeucocytes (maladie du sang rare des adultes du sexemasculin, caractérisée par une asthénie (fatigue importante), une pâleur, splénomégalie (augmentation du volume de la rate), parfois une hépatomégalie (augmentation du volume du foie).
    • Mélanome malin (tumeur maligne) appelé également naevocarcinome, mélanoblastome ou naevocancer pour lequel il existe une polémique au sujet de leur classification. Il correspondrait à un type de mélanome d’apparition spontanée, possédant une coloration brun foncée tirant sur le noir, associé à du rouge, du bleu, du gris et même des nuances de blancs. Ce type de mélanomes apparaît sous la forme d’un relief irrégulier avec des bords déchiquetés et une limite floue. Leur surface est généralement rugueuse et mamelonnée. Il existe un autre type de mélanome malin, le mélanome unguéal (une tache noire apparaissant sous les ongles).
    • Carcinome hépatocellulaire (cancer du foie).

  • Bêta : ils sont utilisés dans le traitement de la sclérose en plaques. Leur mécanisme n’est pas non plus bien élucidé, mais leur utilisation a un impact sur le nombre de poussées. En effet, l’interféron diminue d’environ 30 % les poussées de sclérose en plaques, et diminue également la progression de la maladie, ce qui est objectivé par l’IRM.

  • Gamma

 

La synthèse des interférons alpha et bêta se produit dès le début d'une infection virale et permet de mieux résister à l’agression virale. Les interférons gamma sont, en outre, capables d'empêcher le développement des tumeurs malignes.

Il existe par ailleurs un autre avantage de l’interféron qui n’est pas spécifique d’un virus donné, c’est-à-dire qu’un interféron fabriqué contre un virus, permet de se défendre contre un autre virus n’ayant pas de rapport avec le premier.

Les interférons possèdent une qualité indispensable dans la défense de l’organisme, celle d’activer une espèce de globules blancs appelés macrophages, capables de tuer naturellement n’importe quel corps étranger entrant dans organisme.

Quand ils ont été découverts en 1957, les interférons apportaient un immense espoir en ce qui concerne la possibilité de les utiliser dans le traitement du cancer, mais aussi contre les virus en général. Malheureusement, l’utilisation des interférons comme agent anticancéreux n’a obtenu que des résultats limités.

Les effets indésirables dépendent de la dose absorbée, mais sont réversibles. Il s’agit :

pour les interférons alpha de :

  • Effets généraux :

  • syndrome pseudo-grippal c’est à dire :

  • fatigue
  • fièvre
  • myalgies (douleurs dans les muscles)
  • lassitude pouvant être atténuée par le paracétamol (à prendre avant l'injection)

  • Neurologiques :

  • vertiges

  • troubles du sommeil, somnolence
  • troubles mnésiques (de la mémoire)
  • paresthésies (trouble de la sensibilité, sensation de fourmillements, de picotements, d’anesthésie légère)

  • Cardio-pulmonaires :

  • palpitations

  • variations de la tension artérielle

  • Digestifs :

  • anorexie (perte d’appétit)
  • nausées
  • vomissements
  • troubles du transit (de la digestion au sens large)
  • hépatiques : élévation des transaminases (enzymes que l’on peut doser dans le sang, libérés par des tissus quand ils sont en souffrance)

  • Rénaux :

  • présence de protéines dans les urines (albuminurie)
  • présence de sang dans les urines (hématurie)

  • insuffisance rénale rare (défaut plus ou grave de fonctionnement - de filtration - des reins)

  • Cutanés

  • alopécie réversible (chute partielle ou totale des cheveux ou des poils)
  • psoriasis, c’est-à-dire une maladie cutanée présentant de petites squames (sorte de minuscules écailles de peau) dont l’évolution est chronique qui touche essentiellement les articulations (genoux, coude) et le cuir chevelu
  • sécheresse de la peau et des muqueuses (couche de cellules protectrices des organes creux en relation avec l’extérieur)

  • Endocriniens

  • dysthyroïdies (troubles de la glande thyroïde)
  • hypocalcémie (chute du taux de calcium dans le sang)
  • hyperglycémie (élévation du taux de sucre dans le sang)

  • Hématologiques

  • leucopénie fréquente (baisse du nombre de globules blancs)
  • anémie (baisse du nombre de globules rouges)
  • thrombopénie (baisse des plaquettes) plus rarement

 

 

  • Il peut d’autre part, exister des réactions au point d'injection mais également l’apparition d’anticorps anti-interféron.

Les contre indications

L’aspirine et les produits contenant de l’acide acétylsalicylique (aspirine), utilisés comme analgésique, pour lutter contre la fièvre, comme anti-inflammatoire, ainsi que les corticoïdes inhibent l'action de l'interféron. La théophylline (médicament de l’asthmatique), doit être utilisée sous surveillance pneumologique car les taux de cette molécule dans le sang (les taux sériques) doivent être fréquemment vérifiés. Enfin il est conseillé d’éviter les sédatifs.

  • Pour les interférons gamma environ 300 fois plus efficaces que les autres types d’interféron, les effets secondaires sont :

  • Diminution de la production d'anticorps dans l'organisme, favorisant ainsi les surinfections (tous les interférons suscitent la production d'auto-anticorps, c’est-à-dire des anticorps dirigés contre le sujet lui-même)
  • Réaction locale comme pour les interférons alpha
  • Syndrome pseudo grippal (voir ci-dessus)
  • Allergie grave avec choc anaphylactique (voir anaphylaxie et anaphylactoïde) bronchospasme (spasme au niveau des bronches)
  • Syndrome dépressif
  • Anxiété
  • Leucopénie(diminution du nombre des globules blancs)
  • Elévation des transaminases (enzyme du foie)

  • Les contre-indications pour les interférons alpha sont :

  • Allergie à l’interféron
  • La grossesse : évaluer le bénéfice d’un traitement par rapport au risque pour le fait plus, mais il n’a pas été rapporté d’effet tératogène (développement d’organes ou d’organismes anormaux, monstrueux) en ce qui concerne l’allaitement il n’y a pas de données sur le passage dans le lait, il faut ici aussi faire une évaluation du bénéfice par rapport au risque nécessaire
  • Malades transplantés, le traitement immunosuppresseur peut être diminué (activité immunomodulatrice de l’interféron)

  • Les pathologie cardiaque pouvant être décompensée par de la fièvre ou des frissons

  • L’nsuffisance rénale (diminution ou absence du fonctionnement des reins)
  • L’nsuffisance hépatique (diminution du fonctionnement du foie)
  • L’nsuffisance médullaire (Insuffisance de fonctionnement de la moelle osseuse fabricant les cellules sanguines)
  • La cirrhose du foie à un stade avancé
  • Les antécédents d’épilepsie
  • Les antécédents de maladies psychiatriques graves

Les contre-indications pour l’interféron bêta sont :

  • Même contre-indication que pour l’interféron alpha
  • Allaitement et grossesse (il existe une toxicité chez l’embryon du singe), il faut arrêter le traitement en cas de grossesse car il y a des risques

 

 

 

 

 

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