La scintigraphie est un procédé ayant pour but de mettre en évidence la forme et l'activité d'un organe en administrant un produit qui renferme un élément qui émet de la radioactivité : un isotope. La radioactivité émise par l'isotope est captée par des récepteurs spéciaux qui sont des compteurs appelés gammacaméras. La dose qui est administrée à un individu nécessitant une scintigraphie est sans danger pour l'organisme (sauf en cas de grossesse). En effet il existe un risque de passage du produit radioactif à l'intérieur de la circulation foetale avec une incertitude quant aux effets délétères sur le foetus.
Le radioélément administré dépend de l'organe et de la maladie étudiée. Ce peut être :
- Le thallium 201 pour le muscle cardiaque.
- Le gallium 67 quand il existe une réaction inflammatoire.
- Le technétium 99 m ou l'iode 123 pour la thyroïde.
Tous ces radioéléments permettent de mettre en évidence la zone pathologique : celle-ci va fixer beaucoup plus l'isotope que la zone saine. On parle alors de zone chaude (à l'inverse de zone froide ou nulle).
Le déroulement de la scintigraphie s'effectue de la façon suivante. Le malade n'a pas besoin d'être à jeun. Pour pratiquer une scintigraphie, examen totalement indolore et relativement bref (quelques minutes à une demi-heure), il est nécessaire de procéder à une injection intraveineuse d'une très faible dose de produit radioactif qui va se distribuer au niveau d'un organe ce qui permet l'étude du fonctionnement de cet organe. Le produit porte le nom de radiotraceur ou radiopharmaceutique. Son choix est dépendant du problème médical rencontré et est fourni dans le service de médecine nucléaire où doit se rendre le patient pour réaliser les explorations scintigraphiques demandées par le médecin traitant ou par le spécialiste concerné par l'affection du patient. Le produit peut également être introduit dans l'organisme par l'intermédiaire d'une sonde dans un orifice naturel (urètre), ou par inhalation (on respire le produit).
La scintigraphie osseuse est l'une des scintigraphies les plus souvent demandées . La scintigraphie cardiaque, plus précisément la scintigraphie myocardique à l'effort, la scintigraphie cérébrale, la scintigraphie de la thyroïde et la scintigraphie pulmonaire sont les autres scintigraphies demandées également.
Il est utilisé une caméra spécifique que l'on appelle la gamma-caméra équipée d'une ou de deux têtes selon. Son couplage à un système de traitement de l'information par micro ordinateur permet d'obtenir des images qu'il sera possible de commenter ensuite.
La différence essentielle entre radiographie et scintigraphie est la suivante. Dans le premier cas la source de rayons X est externe. La scintigraphie quant à elle se caractérise par le fait que la source du rayonnement gamma provient de l'organisme lui-même.
L'examen se déroule de la façon suivante. Après avoir administré le radiotraceur, on demande au patient de s'allonger puis l'on fait déplacer autour du lit, la gamma-caméra à rotation ou translation.
Le délai entre l'administration de produit et l'examen proprement dit est variable selon l'organe que l'on désire explorer par scintigraphie. Ainsi, pour la thyroïde ce délai varie d'une demi-heure à une heure.
Pour une scintigraphie myocardique le délai est à peu près identique.
Pour une scintigraphie osseuse le délai est plus long puisqu'il varie de deux à trois heures environ.
Enfin si l'on recherche une infection en particulier le délai sera de plusieurs jours.
Selon l'organe la durée de l'examen est plus ou moins longue. Parfois, il est nécessaire de passer l'examen en deux temps, c'est le cas par exemple du squelette ou du myocarde (muscle cardiaque). Justement, pour la scintigraphie myocardique l'examen peut être réalisé à l'effort sous la surveillance cardiologue qui est responsable de l'examen.
Dans un deuxième temps les images obtenues sont numérisées et transmises à un ordinateur. Le temps est variable selon l'organe étudié. Ainsi pour une scintigraphie pulmonaire il est relativement bref alors que pour une scintigraphie osseuse ou une scintigraphie du myocarde ce temps est plus long.
Pour éviter de faire une scintigraphie durant une grossesse, l'examen est généralement réalisé dans les 10 jours qui suivent le début des dernières règles.
Selon les cas, le radiologue enregistre les « clichés » soit très rapidement, dès que le produit est introduit dans l'organisme, soit beaucoup plus tardivement (après plusieurs jours).
Les contre-indications sont :
La grossesse.
L'allaitement (suivant l'isotope utilisé).
Une entre technique consiste à injecter de l'albumine d'origine humaine marquée avec un produit permettant permettre d'obtenir un meilleur résultat à la scintigraphie. Malgré tous les efforts effectués pour éliminer une éventuelle maladie infectieuse (peut-être avec un prion ou un germe encore inconnu), notamment le chauffage destiné à détruire un maximum de « germes » pouvant entraîner une hépatite ou le sida, cette albumine présente un risque pour le patient. Pour cette raison les patients amenés à passer une scintigraphie pulmonaire sont prévenus de ce risque.