Epilepsie

Grec : êpilambanein, saisir.
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Définition 

L'épilepsie est une affection chronique (s'étalant dans le temps) se caractérisant par la survenue de convulsions (crises convulsives), qui sont le résultat de décharges électriques paroxystiques.

Le paroxysme est la période pendant laquelle les symptômes d’une maladie se manifestent avec un maximum d’intensité.

Ces décharges électriques concernent des neurones du cortex cérébral (partie périphérique, substance grise du cerveau).

Généralités 

Les termes mal comitial ou crise comitiale désignent l’épilepsie.
Le mot comitial vient du fait que les comices romains se séparaient si, dans l’assistance, un épileptique avait une crise. Les comices étaient les assemblées du peuple romain pour élire des magistrats ou voter des lois.

On distingue :

  • L'épilepsie généralisée, quand les décharges ont lieu dans l’ensemble du cortex cérébral (écorce du cerveau où se situent les corps des neurones)
     
  • L'épilepsie partielle, quand les décharges se produisent dans une partie bien délimitée du cortex cérébral.

 

 

ÉPILEPSIE - ÉPIDÉMIOLOGIE

Cette pathologie, qui débute souvent avant l'âge de 10 ans (dans la moitié des cas), concerne entre 20 et 80 personnes sur 100 000 chaque année.

On constate une prédominance aux âges extrêmes de la vie.

 

 

ÉPILEPSIE - PHYSIOPATHOLOGIE

L'épilepsie est le résultat d'une activation survenant subitement, de manière simultanée et anormalement soutenue, d'un nombre très important de neurones du cerveau.

Autrement dit, cette maladie se caractérise par la répétition de décharge des cellules nerveuses du cortex cérébral, se manifestant par des manifestations neurologiques :

  • troubles de la conscience
     
  • convulsions
     
  • sensations particulières (impression d’entendre, de sentir, de voir, etc...)

Les décharges neuroniques (des cellules nerveuses) sont susceptibles de survenir chez tout individu.

L’épilepsie est la répétition de ces décharges neuroniques pendant une longue période (plusieurs années).

 

 

ÉPILEPSIE - SYMPTÔMES GÉNÉRAUX

Selon le type d'épilepsie, les symptômes suivants sont susceptibles de survenir (liste non exhaustive) :

  • Myoclonies (secousses musculaires isolées) survenant brièvement des deux côtés du corps de manière symétrique
     
  • Crise tonicoclonique durant entre 15 et 20 secondes se caractérisant par l'apparition de contractions de l'ensemble du corps associées à une perte connaissance suivie d'une phase clonique qui dure environ 30 secondes puis par le relâchement intermittent des contractions musculaires et l'apparition de secousse dont la fin est progressive. La crise tonicoclonique est suivie d'une phase post-critique dont la durée est variable, et qui se caractérise par la reprise progressive de la conscience.
     
  • Les crises d'épilepsie de type Bravais-Jackson se caractérisent par l'apparition de secousses cloniques survenant d'un seul côté, et qui s'étendent progressivement, mais débutent au niveau des doigts puis envahissent progressivement les membres supérieurs, le visage et enfin les membres inférieurs.
     
  • La crise sensitive, ou crise sensorielle, se caractérise par la survenue de troubles visuels, olfactifs, auditifs et gustatifs. Certaines personnes présentent d'autre part des vertiges.

ÉPILEPSIE -  CLASSIFICATION ET SYMPTÔMES SELON LE TYPE

ON distingue plusieurs types d'épilepsie sont divisées en :

LE GRAND MAL

Il regroupe les épilepsies se caractérisant par des convulsions et une perte de connaissance.

Le malade est prévenu quelque jours ou quelques heures avant la crise par :

  • des migraines
     
  • des sensations de fourmillements
     
  • des douleurs diffuses
     
  • des troubles digestifs
     
  • des palpitations
     
  • des troubles du caractère
     
  • des tremblements
     
  • une dépression

Immédiatement avant la crise, le malade ressent :

  • une sensation de souffle parcourant le corps
     
  • des grincements de dents
     
  • des sensations gustatives (goût désagréable dans la bouche)
     
  • des sensations visuelles (mouches volantes, lumières colorées)
     
  • des sensations olfactives (odeurs particulières)
     
  • des sensations auditives (bourdonnements d’oreille, sons de cloche)
     
  • une anxiété accompagnée parfois de colère ou d’agressivité
     
  • une sensation de rêve éveillé
     
  • un hoquet
     
  • des nausées

Survient ensuite la crise qualifiée de "tonique", qui dure environ 30 secondes (contractions associées à des convulsions) et se caractérise par :

  • début par un cri rauque (inconstant)
     
  • chute du malade avec perte de connaissance et blessures
     
  • raidissement des quatre membres
     
  • expiration forcée (le malade expulse tout l’air de ses poumons) et apnée de quelques secondes
     
  • asphyxie et cyanose (inconstante)
     
  • mâchoires serrées
     
  • grincement de dents
     
  • yeux révulsés

Cette phase est suivie par la phase "clonique", qui dure environ 2 à 3 minutes (parfois un peu plus) et se caractérise par :

  • l'agitation du patient par des secousses brusques et rythmées, devenant de plus en plus fortes et moins fréquentes
     
  • la langue est sortie par intermittence
     
  • les mâchoires sont serrées (risques de morsure de la langue, des lèvres, des joues)
     
  • des grimaces
     
  • une hypersalivation (production importante de salive, écume à la bouche), avec production de mousse sanglante en fin de crise (due à la morsure de la langue)
     
  • une émission d’urine
     
  • un relâchement musculaire

La phase comateuse termine cet ensemble qualifié de crise tonicoclonique. Cette phase dure de ¼ d’heure à plusieurs heures :

  • malade inerte et relâché, sans connaissance
     
  • respiration bruyante et profonde (stertoreuse)
     
  • la cyanose (coloration bleue de la peau) régresse doucement
     
  • le patient donne l’impression de dormir calmement
     
  • le retour à la conscience se fait plus ou moins rapidement suivant les individus
     
  • la phase comateuse se termine par des courbatures et aucun souvenir de la crise

Quelques troubles à type de paralysies, contractures, vomissements, colère, anesthésie, fugue, comportements étranges, etc.… sont susceptibles de survenir après la crise de grand mal. Le malade n’en garde aucun souvenir.

LE PETIT MAL
Ce type d’épilepsie, observé le plus souvent chez les enfants, est également appelé absence. Il débute généralement entre 4 et 6 ans et disparaît à la puberté. Les crises durent généralement plusieurs secondes et peuvent se répéter plusieurs fois par jour.

On distingue 4 variétés de petit mal :

  • L’épilepsie myoclonique, caractérisée par des contractions musculaires partielles pouvant s’accompagner ou pas de perte de connaissance.
     
  • L’absence épileptique, qui correspond à une brève suspension de la conscience durant environ une vingtaine de secondes et s’accompagne de cessation totale de toute activité mais d’une persistance de la marche, de la déglutition (le patient avale sa salive), de la respiration, des mouvements des bras, etc... Le malade n’a aucun souvenir de la crise, qui passe parfois inaperçue de l’entourage. Ce type de crise, qui commence et s’arrête brusquement, ne s’accompagne pas de chute ni de convulsions.
     
  • La pycnolepsie traduit des absences très fréquentes, pouvant aller jusqu’à 80 (voire plus) par jour, et se caractérisant par des troubles disparaissant à la puberté.
     
  • L’épilepsie atonique ou akinétique se caractérise par une perte du tonus postural (force musculaire permettant de ne pas tomber) pouvant entraîner un affaissement de tout le corps et une chute.

 

ÉPILEPSIE PARTIELLE
Ce type d’épilepsie ne s’accompagne pas de troubles de la conscience, et comprend :

  • des manifestations à type de convulsions pouvant se limiter à un seul bras, une seule jambe, une mâchoire, un pied, etc.…
     
  • des fourmillements
     
  • des hallucinations
     
  • des comportements anormaux
     
  • des sensations de déjà vu, de déjà vécu
     
  • une sensation d’étrangeté

 

ÉPILEPSIE - COMPLICATIONS POSSIBLES

  • fractures à la suite de la perte de connaissance et de la chute
     
  • installation progressive de troubles mentaux (ralentissement des facultés intellectuelles, irritabilité, hallucinations, agressivité, diminution de la mémoire).

 

 

ÉPILEPSIE - CAUSES

Dans environ 1/4 des cas, il s'agit d'épilepsie essentielle, c'est-à-dire qu'il n'existe pas de causes connues.

Dans les autres cas, il s'agit d'une épilepsie résultant d'une affection connue comme (entre autres) :

 

 

ÉPILEPSIE - DIAGNOSTIC - EXAMENS MÉDICAUX

Certains examens médicaux aident à poser le diagnostic d'épilepsie :

sont systématiquement pratiqués chez un individu ayant présenté une crise d'épilepsie quel qu'en soit le type, essentiellement quand il s'agit de la première crise, de manière à orienter le diagnostic et à trouver la cause de la crise d'épilepsie.

Le tracé électroencéphalographique montre un début et une fin brusques. Il s'agit de pointes brèves et amples, qui sont le plus souvent associées à des ondes plus lentes, que l'on appelle des complexes pointe-ondes.
Le tracé électroencéphalographique est différent selon le type de crise.

On recommande également de pratiquer les examens suivants :

 

 

ÉPILEPSIE - ÉVOLUTION

L'état de mal convulsif représente la complication principale de l'épilepsie : il se caractérise par la survenue successive de crises sans retour à un état de conscience normal.

Cette évolution est péjorative pour le patient.

 

 

ÉPILEPSIE - TRAITEMENT

Il fait appel essentiellement aux benzodiazépines, quelquefois en urgence.

Le traitement de fond comprend les médicaments suivants :

  • la Dépakine (valproate de sodium)
     
  • la phénytoïne (Dihydan)
     
  • le phénobarbital (Gardenal)
     
  • la carbamazépine (Tégrétol)

 

 

ÉPILEPSIE - PRÉVENTION

  • Il s'agit pour le patient de reconnaître les signes avant-coureurs de la crise d'épilepsie.
     
  • Certains risques de la vie quotidienne doivent être évités.
     
  • Le traitement doit être consciencieusement suivi.
     
  • En cas d'arrêt brutal du traitement, le patient doit être prévenu du risque de survenue de crises comitiales.
     
  • La consommation de certains toxiques (alcool, tabac) ainsi que l'insomnie ou certaines activités telles que la télévision ou l'informatique (regarder un écran trop longtemps ou de façon soutenue) sont des facteurs susceptibles de déclencher des crises comitiales.

 

 

ÉPILEPSIE - VERS UN NOUVEAU TRAITEMENT ?

Lire notre article : "La coriandre contre l'épilepsie"

 

 

 

 

 

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