Une galactorrhée est un écoulement de lait par le mamelon en dehors de l’allaitement normal de l'enfant.
Elle peut avoir lieu des deux côtés (bilatérale), ou ne se produire qu’à travers un seul mamelon (unilatérale). Il est parfois nécessaire d’appuyer sur le sein pour faire sortir du liquide.
Le plus souvent, la galactorrhée est une production persistante et inappropriée de lait, qui ne doit pas inquiéter.
Un écoulement par le mamelon n'est pas synonyme de cancer du sein. Il peut s'agir d'un phénomène normal (physiologique) même chez une femme après la ménopause. Dans environ 10 % des cas, un écoulement mammelonnaire indique la survenue d'un cancer du sein. Le plus fréquemment un écoulement mammelonnaire contenant du sang est dû à un papillome intracanalaire sous-jacent.
La nature du liquide qui s'écoule d'un mamelon n’est pas clairement définie. Un quart des femmes normales ayant eu des grossesses présentent des sécrétions mammaires pouvant n’avoir aucune signification clinique, c’est-à-dire ne correspondant à aucune pathologie. Néanmoins, un écoulement spontané a plus de signification qu’un écoulement provoqué.
Généralement :
- La couleur blanche de l'écoulement traduit une composition lipidique (lipides : corps gras), permettant d'affirmer qu'il s'agit bien de lait
- La couleur verdâtre nécessite à priori d'effectuer une analyse
- La couleur rouge traduit la présence de sang (il faut alors s'assurer qu'il n'existe pas un cancer du sein).
Il est nécessaire de distinguer les écoulements du mamelon contenant du lait ou ayant l'apparence du lait (écoulements lactescents) que l'on appelle galactorrhées et les écoulements non lactescents.
Les pathologies mammaires c'est-à-dire les affections du sein concernées par les écoulements du mamelon correspondent à 5 % des pathologies du sein.
De façon générale il faut se méfier d'un écoulement concernant un seul sein (risque de tumeur cancéreuse). D'autre part, le fait que l'écoulement survienne de façon isolée, c'est-à-dire sans autres symptômes et en particulier de tumeur, est un bon signe.
Un écoulement de sang par le mamelon n'est pas synonyme de malignité c'est-à-dire ne traduit par systématiquement la présence d'une tumeur cancéreuse du sein. En effet, dans un cas sur deux, un écoulement sanguin est bénin et dans un cas sur trois ans, un cancer n'entraîne pas d'émission de sang par le mamelon.
En ce qui concerne les galactorrhées (le plus souvent bilatérales : concernant les deux seins), c'est-à-dire les écoulements lactescents, il est possible d'avancer que dans un cas sur trois elles sont le résultat d'une perturbation de la prolactine. La prolactine est une hormone de nature protéique, fabriquée par l’hypophyse et plus particulièrement son lobe antérieur (partie de l’hypophyse située en avant). L’hypophyse est la glande «chef d’orchestre» de l’organisme (elle régularise les autres hormones du corps).
Dans certains cas elles sont associées à une maladie bénigne du sein et plus rarement à une pathologie cancéreuse.
Quand l'écoulement mamelonnaire est lactescent et d'autre part s'accompagne d'une stérilité ou d'une aménorhhée (absence anormale de règles), il est nécessaire de pratiquer un bilan de type prolactinémie c'est-à-dire dosage de la prolactine dans le sang, il doit avoir lieu le matin à jeun.
D'autres examens complémentaires sont nécessaires, en particulier l'I.R.M. qui est venu remplacer le scanner. Le champ visuel permet de se prononcer pour la présence ou l'absence d'une atteinte du chiasma optique. Du grec khiasmos, disposé en croix, le plasma optique correspond à la jonction en forme d’X, lieu d’entrecroisement des nerfs optiques au niveau du corps de l’os sphénoïde. Le sphénoïde est l’os de la tête formant le plancher central de la boîte crânienne. Ce croisement se fait au voisinage de la glande hypophyse. Elle stimule la croissance des glandes mammaires. Elle permet de déclencher la sécrétion (fabrication) du lait et l’arrêt des règles après l’accouchement. Elle possède également la propriété d’entraîner une anovulation (absence d’émission d’ovules par les ovaires).
Les autres examens complémentaires sont la mammographie, l'échographie pouvant mettre en évidence la présence de microcalcifications et de modification des canaux que ce soit en quantité ou en morphologie (forme) ainsi que la présence de kystes voir d'adénomes (tumeurs se développant aux dépens d'une glande). La galactographie qui consiste à visualiser, grâce à la radiographie, l'état des canaux galactophores, n'est pas toujours facile à pratiquer. Elle apporte néanmoins des renseignements sur la localisation d'éventuelles minuscules kystes. Dans certains cas les images radiologiques, quant elles sont bien interprétées par un spécialiste de la mammographie, font suspecter la présence d'une tumeur maligne. Ces images sont plus précisément ce que les spécialistes en radiologie appellent des images d'arrêt brutal.
Les causes possibles de survenue de galactorrhées sont (liste non exhaustive) : les médicaments et les tumeurs de l'hypophyse (micro ou macro-adénome sécrétant de la prolactine).
Les psychotropes (médicaments du système nerveux) et plus particulièrement les neuroleptiques font partie de ce médicament. Les médicaments du système nerveux concernés sont (liste non exhaustive) : le Priméran, l'Agréal, la méthyldopa, les opiacés, l'isoniazide.
Les autres médicaments susceptibles d'entraîner une galactorrhée sont les oestrogènes (pilule) et la cimétidine (Tagamet) etc.
Les prélèvements et l'analyse de liquide lactescent provenant du mamelon apportent peu de renseignements. L'étude des cellules qui composent cet écoulement montrent quelquefois la présence de cellules galactophoriques (provenant des galactophores : canaux et orifices des mamelons) ce qui traduit une pathologie bénigne le plus souvent. Par contre une biopsie pratiquée au niveau d'une éventuelle tumeur du sein apporte le diagnostic avec quasi-certitude.
Les ectasies canalaires secrétantes entraînent un écoulement le plus souvent de consistance épaisse et de coloration jaunâtre contenant plus ou moins du pus et quelquefois du sang à cause de l'inflammation des galactophores. Dans ce cas la radio pratiquée met en évidence des minuscules calcifications (microcalcifications). Il s'agit d'un écoulement bénin.
Le papillome intracanalaire est susceptible d'entraîner l'apparition d'un écoulement contenant du sang mais celui-ci est bénin.
Les minuscules kystes (microkystes) sont également sources d'écoulements bénins et fréquents.
Après la ménopause la galactophorite (inflammation des galactophores) dont l'emplacement habituel est modifié et l'inflammation du sein associée à la sécrétion de plasmocytes sont sources d'écoulements bénins également.
Les autres écoulements bénins sont le fruit d'une papillomatose diffuse susceptible d'évoluer vers une prolifération cancéreuse. Il en est de même de l'adénomatose érosive ou l'adénome papillaire.
Les causes malignes d'écoulements mamelonnaires sont (liste non exhaustive) :
- Le carcinome lobulaire.
- La maladie de Paget.
- L'épithélioma papillaire.