Colopathie fonctionnelle

Grec : kôlon : côlon et pathê : maladie.

Définition 

Terme générique désignant toute affection du côlon sans préjuger de la nature de l'affection (inflammatoire ou pas de la maladie). On parle de colopathie fonctionnelle (appelée également intestin irritable) pour le patient présentant une association de troubles digestifs sans qu'il existe de cause organique à type de douleurs de l'abdomen de ballonnements, de troubles du transit (constipation, diarrhée).

Épidémiologie 

Cette pathologie est extrêmement répandue puisque environ 30 % de la population générale est atteinte.

Causes 

L'origine de la colopathie fonctionnelle n'est pas connue avec précision. En effet, les patients présentant ce genre de pathologie n'ont pas de lésion organique (destruction ou fonctionnement anormal) d'un organe qui peut être décelée par un examen clinique ou paraclinique complémentaire tels que des examens de sang, des radios, l'I.R.M. etc.).

On a tenté de percer le secret des colopathies fonctionnelles en apportant quelques réponses. C'est ainsi qu'une colique a été induite chez une souris après l'instillation d'un produit : le dinitrobenzène, ce qui a eu pour effet d'entraîner une pénétration à l'intérieur de la paroi de l'intestin et plus précisément dans les organes lymphoïdes du côlon lui-même. Un organe lymphoïde est constitué de tissu (ensemble de cellules) que l'on retrouve dans certains organes responsables des défenses immunitaires chez l'homme. Ces organes lymphoïdes, où mûrissent des cellules particulières appelées les lymphocytes, sont (entre autres) : en ce qui concerne intestin, les plaques de Peyer (dans l'intestin grêle), l'appendice, certaine zones des muqueuses correspondant aux cellules recouvrant l'intérieur des organes creux en général. Ce tissu est constitué par les lymphocytes provenant de cellules souches (les lymphoblastes ou immunoblastes) à la suite de la pénétration de l'organisme par des antigènes (corps étrangers). Ces cellules se transforment en cellules possédant une capacité immunitaire (immunocytes) qui sont les lymphocytes B. et lymphocytes T. ainsi que les plasmocytes. Ces cellules sont présentes dans le sang, la lymphe, le tissu conjonctif (tissu de soutien et de protection de l'organisme) et dans les organes lymphoïdes cités ci-dessus.  Le système lymphoïde est en relation directe avec le système réticulo-endothélial qui est composé de cellules de nature identique (cellules souches) ayant la capacité de se transformer les unes dans les autres et ainsi de donner naissance à la plupart des cellules du sang (éléments figurés) et plus particulièrement les monocytes (variété de globule blanc de grandes dimensions destinés à devenir des macrophages dont le but est de capter et digérer les éléments étrangers à l'organisme). Cette pénétration de dinitrobenzène a été suivie au bout de six semaines d'une guérison des cellules affectées par ce produit. Par la suite se met en place un excès de contractilité (le côlon se contracte trop) qui persistait longtemps après la guérison des lésions inflammatoires décrites ci-dessus.

Les chercheurs ont remarqué par ailleurs que ce phénomène été réduit chez une variété de souris transgéniques (chez lesquels on avait induit des modifications chromosomiques) et présentant un déficit de la réponse leucocytaire que les spécialistes appellent Th2. Autrement dit les leucocytes étant une variété de globules blancs, ceux-ci répondaient différemment chez cette variété de souris que chez les autres (" normales ").

De cette expérience on pourrait en déduire mais il existe aucune certitude à ce sujet, que certaines coliques fonctionnelles peuvent s'expliquer par une infection à la suite de la pénétration " de microbes " ou d'une intoxication de la paroi du côlon au sens large du terme, par un produit induisant une inflammation.

Symptômes 

Le patient ne présente ni altération de l'état général ni hyperthermie (fièvre). Il se plaint de:

  • Douleurs de type spasmodique (s'accompagnant de spasmes) c'est-à-dire ressemblant à des resserrement du côlon dont le siège se situe sur le trajet du côlon.
  • Troubles du transit intestinal s'accompagnant de constipation, de diarrhée ou encore de l'alternance des deux.
  • Difficultés à la defecation (à aller à la selle).
  • Ballonnements abdominaux.

Examen médical 

Les examens complémentaires et plus particulièrement l'exploration du côlon ou de l'intestin grêle ne sont prescrits que pour éliminer une cause grave telle qu'un cancer, une maladie de Crohn, une rectocolite hémorragique, etc. ou une autre colopathie non plus fonctionnelle mais organique c'est-à-dire s'accompagnant de lésion.

Ces examens complémentaires sont également prescrits quand il existe des antécédents familiaux ou l'apparition récente de troubles ou encore un âge avancé.

Evolution de la maladie 

Autrement dit la colopathie fonctionnelle n'est pas une maladie grave. Elle ne comporte aucunes complications à condition que les examens complémentaires décrits ci-dessus soient effectués en cas de doute sur l'origine de la colopathie.

Traitement 

Le traitement repose essentiellement sur une bonne hygiène alimentaire et un régime très diversifié comportant beaucoup de fibres alimentaires.

Les médicaments ne doivent être utilisés qu'à à bon escient. Il s'agit des antalgiques (antidouleurs), des antispasmodiques, des antidiarrhéiques. En ce qui concerne les antalgiques il doit s'agir d'antalgiques mineurs c'est-à-dire ne contenant pas de codéine qui est un dérivé de la morphine. En effet il faut savoir que ce médicament entraîne une constipation généralement sévère.

Les anticonstipants, utilisés trop fréquemment par le malade lui-même qui pratique alors une automédication ne doivent être utilisés qu'à bon escient C'est le régime approprié qui doit permettre d'éviter la constipation.

 L'intérêt majeur de la consultation du colopathie fonctionnelle chez le médecin est la compréhension de la non invasion de cette pathologie.

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