Cancer du vagin

Définition 

Le cancer du vagin est un cancer rare qui concerne essentiellement la femme âgée. Il existe néanmoins des cancers du vagin survenant chez la très jeune fille et même chez l'enfant très jeune (3 ans). Il s'agit, entre autres, d'enfants dont la mère a reçu, durant la grossesse, un traitement par hormones et plus précisément par oestrogénothérapie, c'est-à-dire des estrogènes utilisés comme traitement entraînant l'apparition d'adénose ou d'adénocarcinome (syndrome du diéthylstilboestrol).

Épidémiologie 

Le cancer du vagin est responsable d'environ 1 % des cancers découverts en spécialité médicale gynécologique dans le monde occidental.

L'âge moyen diagnostique tourne autour de 60 à 65 ans.

Les patientes ayant présenté auparavant une affection à papillomavirus humain ont une propension à faire un cancer du vagin. Il en est de même pour celles ayant présenté un cancer du col de l'utérus ou de la vulve.                                                                         

L'exposition au diéthylstilbestrol durant la grossesse favorise l'apparition du cancer du vagin. Autrement dit, une enfant imbibée par cette substance durant la grossesse de sa maman a tendance, une fois adulte, a présenter un cancer du vagin.

Classification 

La majorité des cancers du vagin sont des carcinomes que les spécialistes appellent à cellules squameuses. Il s'agit d'une variété de cellules visibles au microscope lorsque l'on examine  des prélèvements effectués au niveau des lésions cancéreuses).

Les autres cancers du vagin sont représentés par :

  • Les adénocarcinomes primaires et secondaires.
  • Le carcinome épithélial à cellules squameuses secondaire, essentiellement chez les femmes plus âgées.
  • L'adénocarcinome à cellules claires, touchant plutôt les femmes jeunes.
  • Le mélanome.
  • Le sarcome botrypoïde (rhabdomyosarcome embryonnaire) : ce type de tumeur survient essentiellement à l'âge de trois ans.

La présence d'un cancer de grande taille en tant que tumeur primitive et une tumeur peu différenciée ne sont pas de bon pronostic.

Physiopathologie 

Le cancer du vagin est susceptible de disséminer (se propager) soit directement par extension de voisinage dans les tissus locaux (à proximité du vagin), soit dans les organes de voisinage tels que le rectum ou la vessie.

Le cancer du vagin est également susceptible d'envahir les ganglions lymphatiques de l'aine (racine de la jambe) à partir des lésions situées en bas du vagin.

Le cancer du vagin peut également émettre des cellules malignes par voie sanguine.

La majorité des cancers du vagin apparaissent au tiers supérieur de cet organe à la face postérieure (située en arrière).

Symptômes 

  • Le plus souvent, la patiente se plaint de saignements anormaux du vagin qui apparaissent quelquefois après un rapport sexuel (post-coïtal).
  • Les saignements dont se plaint la patiente sont quelquefois intermenstruels (entre les règles) ou postménopausiques (après la ménopause).
  • Les pertes vaginales sont parfois les seuls signes d'appel.
  • Les dyspareunies (douleurs au moment du coït sexuel) sont quelquefois signalées par la patiente.
  • Dans quelques cas, la patiente est asymptomatique, c'est-à-dire qu'elle ne présente aucun symptôme. La lésion est alors découverte au cours d'un examen de routine ou de surveillance en gynécologie.

Consultation médecin 

La présence d'une fistule (communication) ou de plusieurs fistules entre la vessie et le vagin (fistules vésicovaginales) ou entre le rectum et le vagin (fistules rectovaginales) apparaissent quelquefois tardivement au cours du cancer du vagin.

Analyses médicales 

Parfois, le test de Papanicolaou (Pap) est anormal et oriente vers le cancer du vagin. Il s'agit là d'une découverte effectuée fortuitement en quelque sorte.

Examen médical 

C'est la biopsie effectuée à l'aide du bistouri qui permet le plus souvent le diagnostic.

Dans certains cas, il est nécessaire de procéder à une excision (on coupe le tissu) locale de façon large (sous anesthésie) pour pouvoir porter un diagnostic.

La radio du bassin, l'examen clinique, l'interrogatoire, la radio du squelette et l'endoscopie permettent de différencier le stade de cancérisation.

Evolution de la maladie 

La survie à 5 ans dépend du stade de cancérisation du vagin.

  • Au stade I,  la survie à cinq ans est de 65 à 70 %.
  • Au stade II, la survie à 5 ans est de 45 %.
  • Au stade III,  la survie à 5 ans est de 30 %.
  • Au stade IV, la survie à 5 ans est de 15 à 20 %.

Traitement 

Le traitement est variable selon la localisation de la tumeur cancéreuse sur le vagin et le niveau de cancérisation (stade du cancer).

Dans l'ensemble, le traitement fait appel à l'utilisation de rayons X (radiothérapie).

Le plus souvent, ce traitement est associé à une irradiation externe et à une brachythérapie. La brachythérapie correspond à une irradiation  par des rayonnements gamma ou bêta, de contact, à l'intérieur de la lumière (intérieur d'un organe creux comme un vaisseau par exemple). Ce type de traitement a pour but de prévenir la réapparition d'une  sténose, c'est-à-dire d'une fermeture du diamètre de l'organe en question.

Quand les tumeurs vaginales sont de petit volume et d'autre part localisées au tiers supérieur du vagin, on peut pratiquer une hystérectomie (ablation de l'utérus) radicale avec une vaginectomie (ablation du vagin) de la partie supérieure de cet organe et curetage («grattage ») des ganglions du bassin.

Dans certains cas, à la radiothérapie est contre-indiquée. En effet, s'il existe une ou plusieurs fistules entre la vessie et le vagin (fistules vésicovaginales) ou entre le rectum et le vagin (fistules rectovaginales) il faut pratiquer une exentération du bassin. Ce terme signifie qu'une éviscération, c'est-à-dire une extériorisation des viscères, est quelquefois nécessaire.

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