Une équipe de chercheurs américains a démontré qu'une supplémentation en sélénium et en vitamine E, même à faible dose, augmente le risque de développer un cancer de la prostate si ces compléments alimentaires sont pris sans qu'il y ait de carence avérée.

La vitamine E et le sélénium impliqués dans le cancer de la prostate

Avec plus de 40 000 nouveaux cas chaque année en France, le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l'homme.
Comme la plupart des cancers, plus il est détecté tôt, plus les chances de guérison sont grandes.

Mais la prévention doit aussi tenir un rôle de premier plan dans l'approche du cancer, et c'est sur ce sujet que se sont penchés le Professeur Alan Kristal et son équipe, au Fred Hutchison Cancer Research Center, notamment sur l'impact de la supplémentation en vitamines sur le développement des cellules cancéreuses.

Une précédente étude, intitulée "Selenium and Vitamin E Cancer Prevention Trial ( SELECT), avait suivi 35 000 hommes  et avait démontré dans un premier temps que la prise de sélénium et de vitamine E ne protégeait pas contre le cancer de la prostate
Allant plus loin dans leurs recherches, les scientifiques ont ensuite découvert que non seulement ces compléments alimentaires n'avaient pas d'effet protecteur, mais qu'au contraire la prise de fortes doses de sélénium (200 mcg/jour) et de vitamine E (400 UI/jour) augmentait de façon très significative le risque de développer un cancer de la prostate de haut grade.

Plus précisément, les chercheurs ont analysé les ongles des orteils des sujets étudiés pour mesurer le taux de sélénium présent dans l'organisme avant le début de l'étude. Ils ont constaté que les hommes qui avaient un taux de sélénium élevé multipliaient par 2 leur risque de développer un cancer de la prostate de haut grade en prenant du sélénium, et que ceux qui avaient un taux de sélénium bas doublaient ce risque en prenant de la vitamine E.

La suite de l'étude a consisté à mesurer l'impact de la prise de ces compléments alimentaires sur 2 groupes d'hommes : 1739 (sur les 35 000 de l'essai SELECT) ayant développé un cancer de la prostate et 3117 sujets "témoins" sans cancer diagnostiqué, auxquels on a demandé de prendre d'abord séparément, puis en même temps, du sélénium et de la vitamine E. 
La corrélation entre la complémentation en sélénium et vitamine E et la survenue de cancer de la prostate est telle que les chercheurs ont dû interrompre l'étude avant son terme en raison de la survenue de plusieurs cancers.
Le risque de développer ce type de cancer augmente de plus de 90% chez les patients ayant pris du sélénium ou de la vitamine E sans être carencés.

​En conclusion :

  • Le sélénium et la vitamine E sont généralement recommandés pour lutter contre les radicaux libres et l'oxydation des cellules.
  • Si elle n'est pas justifiée par un manque, cette prise de sélénium est très néfaste pour l'organisme
  • La vitamine E quant à elle est nocive pour les hommes carencés en sélénium.

​La prise de compléments alimentaires n'est jamais anodine.
Une alimentation équilibrée suffit normalement à combler les besoins de l'organisme.
Il est prudent, avant de prendre des compléments riches en vitamines, oligo-éléments et minéraux, de demander conseil à son médecin.

Source : Selenium and Vitamin E Cancer Prevention Trial (SELECT) - National Cancer Institute at the National Institutes of Health

Crédit photo : Composition avec les capsules de suppléments alimentaires et des conteneurs. Variété des pilules de drogue -  monticello - 123rf.com

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1 commentaire pour "La vitamine E et le sélénium impliqués dans le cancer de la prostate"

Portrait de Gilles Bernard
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Consommer comme dans l'étude 200 mcg/jour de sélénium est impossible, et 400 UI/jour de vitamine E est effarant. Une personne qui se supplémente en Vitamine E atteint rarement 40 UI. En réalité cette étude a demandé aux participants de prendre en quantités néfastes : 400 UI de vitamine E et 200 µg de sélénium ! Il est donc évident que les participants aient eu des problèmes. Faisons une étude avec 150 UI de Vitamine E et 100 µg de sélénium, doses acceptables et non toxiques, et nous verrons qu'elles ont un effet bénéfique ! Cette étude est la pire que j'aie jamais vu : pourquoi ne pas demander à des sujets d'ingurgiter 2 kg de vitamine E et 10 Kg de sélénium, et en déduire que ces substances sont nocives car ils meurent immédiatement ?

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