Arthrose
- Anglais : arthrosis, osteoarthritis.
- Terme issu du Grec : arthron : articulation, et du suffixe ose qui désigne une pathologie dégénérative.
Définition
L'arthrose est une maladie dégénérative articulaire se caractérisant par l'altération d'une articulation que l'on qualifie soit d'idiopathique, c'est-à-dire dont on ne trouve pas la cause (on parle également d'arthrose primitive) soit d'arthrose secondaire, c'est-à-dire dont on peut identifier la cause. L'arthrose s'accompagne d'une lésion des articulations sans inflammation, se traduisant anatomiquement par la destruction du cartilage et la production de tissu osseux supplémentaire sous forme d'ostéophytes ou de chondrostomes.
L'arthrose est la plus fréquente des maladies articulaires. Par exemple, la gonarthrose (arthrose du genou) est l'une des causes principales d'incapacité fonctionnelle dans les pays développés. Ainsi, en France, environ 25 000 personnes ont des difficultés parfois très importantes pour se déplacer consécutivement à une arthrose du genou ou de la hanche. Selon l'âge, l'arthrose touche un organe plutôt qu'un autre. Avant 55 ans, cette pathologie atteint de façon égale l'homme et la femme. Chez les personnes âgées, la rhizarthrose (arthrose de la racine du pouce) est plus fréquente chez la femme. Il en est de même pour la gonarthrose, trois fois plus fréquente chez la femme que chez l'homme. Selon les ethnies il existe une variabilité de cette affection. Ainsi, globalement, les Indiens d'Amérique sont plus touchés que les blancs, l'arthrose des doigts et la coxarthrose (arthrose de la hanche) sont beaucoup moins fréquentes chez les Noirs d'Afrique du Sud que chez les blancs de ce pays. D'autre part, la fille d'une femme qui a une arthrose des doigts et plus précisément de l'extrémité des doigts avec des nodosités d'Heberden a deux fois plus de risques d'avoir une arthrose des doigts que la fille d'une femme sans arthrose. De fait, vers la fin des années 90 a été mise en évidence la présence de lésions au sein d'une même famille, une atteinte de l'ADN permettant la fabrication (codant) pour le collagène (sorte de protéines) de type II entrant dans la constitution du cartilage. L'âge est le facteur de risque le plus en faveur de la survenue d'arthrose. C'est la raison pour laquelle l'arthrose se manifeste essentiellement après 60 ans. Bien que l'arthrose ne soit pas strictement la conséquence du vieillissement, sa fréquence va en augmentant quand le cartilage perd ses qualités d'origine, c'est-à-dire souplesse, élasticité et glissement. À cela vient se rajouter une perte de qualité du liquide synovial qui, normalement, favorise le glissement des surfaces articulaires.
Des lésions dues à l'arthrose sont le plus souvent observées au niveau des zones portantes du cartilage, autrement dit à l'endroit où le cartilage subit des pressions pour différentes raisons (poids, gestes mettant en jeu des muscles puissants, etc...) À ce niveau, l'épaisseur du cartilage est progressivement modifiée au fur et à mesure que s'installe le processus arthrosique. Le cartilage se ramollit, perd de son intégrité, s'altère, des fissures verticales lui donnant un aspect fibrillaire. Progressivement apparaissent des sortes de petites ulcérations profondes qui s'étendent quelquefois jusqu'à l'os sous-jacent (au-dessous). On remarque chez certains malades le remplacement du cartilage normal par une autre variété de cartilage appelé fibrocartilage cicatriciel qui ne remplace pas, bien évidemment, le cartilage normal car il ne possède pas les propriétés mécaniques de celui-ci. En ce qui concerne l'os sous-jacent, celui-ci prend l'apparence de l'ivoire (éburnation) avec la survenue de petites plaies à type d'ulcère. L'ensemble des modifications de ces deux tissus aboutit à la formation d'ostéophytes (becs de perroquet) susceptibles de modifier et de diminuer le mouvement. D'autres altérations peuvent intervenir : il s'agit d'un épaississement de la capsule articulaire (voir anatomie de l'articulation) et de la membrane synoviale à l'origine d'une synovite (inflammation) participant elles aussi à la diminution de la mobilité articulaire. Consécutivement apparaît chez le malade une amyotrophie (diminution du volume et de la force musculaire) des muscles situés autour de l'articulation. L'ensemble de ces symptômes est à l'origine de ce que l'on appelle l'impotence fonctionnelle, c'est-à-dire la difficulté à effectuer un mouvement (de façon générale).
L'arthrose lombaire est une affection concernant les articulations situées entre chaque vertèbre lombaire essentiellement entre la cinquième vertèbre lombaire et la première vertèbre sacrée. Ce sont particulièrement certaines professions qui sont concernés par l'arthrose lombaire. Les chauffeurs routiers en particulier et n'importe quels conducteurs d'engins peut présenter un jour ou l'autre une arthrose lombaire. Les personnes obèses ou en surpoids ainsi que certains sportifs peuvent également souffrir d'arthrose lombaire. Cette affection rhumatologique est relativement fréquente puisqu'il s'agit de l'arthrose la plus souvent rencontrée. Au cours de cette affection ce sont les douleurs qui sont au premier plan. Celles-ci sont localisées au niveau du rachis lombaire c'est-à-dire en bas du dos mais peuvent descendre jusque dans les fesses. Ces douleurs ont tendance à augmenter au cours de la journée et parfois à paraître sous forme de crise aiguë que l'on appelle des lumbagos ou une sciatique.
Les examens complémentaires et plus particulièrement la radiographie permet d'orienter le diagnostic en montrant les lésions arthrosiques, un pincement de l'articulation et quelquefois des excroissances osseuses que l'on appelle des becs de perroquet ou ostéophytes.
L'évolution de l'arthrose lombaire se fait relativement lentement mais de manière inéluctable vers, le plus souvent, une aggravation progressive.
Le traitement de cette affection comprend des médicaments antidouleurs (antalgiques) et des anti-inflammatoires. En cas d'obésité il est conseillé aux patients de tenter un amaigrissement et pour l'ensemble des patients des séances de kinésithérapie qui apportent parfois un soulagement. L'utilisation de la mésothérapie sans adjonction de corticoïdes (cortisone) donne le plus souvent d'excellents résultats. Il est nécessaire généralement de supprimer la cause favorisante en proposant quand cela est possible un reclassement professionnel ce qui est pragmatiquement difficile à obtenir le plus souvent.
L'école du dos apporte des résultats intéressants à travers une éducation très utile. Cette école permet au patient d'apprendre à se positionner dans l'espace. Des techniques de soulèvement de charges sont également proposées.
L'arthrose du gros orteil est une atteinte assez fréquente concernant les deux pieds et les articulations qui sont situées entre le gros orteil et l'avant-pied, que les spécialistes en podologie, en médecine générale et en rhumatologie appellent métatarsophalangienne. Cette affection rhumatologie est le résultat, le plus souvent, de microtraumatismes c'est-à-dire de petits traumatismes à répétition .Cette maladie est favorisée tout particulièrement quand il existe une déformation l'on appelle un halux valgus c'est-à-dire une déviation du gros orteil vers les autres orteils, s'accompagnant d'une saillie au niveau de l'articulation et que l'on appelle un oignon. L'arthrose du gros orteil se manifeste par une raideur s'accompagnant de douleurs qui gène la marche. D'autre part le l'examen met en évidence la présence d'une inflammation qui se traduit par un aspect rouge, chaud et douloureux de la peau, en regard des articulations concernées. Le traitement consiste à proposer au patient de semelles orthopédiques qui soulagent généralement. Dans certains cas il est néanmoins nécessaire d'intervenir chirurgicalement en immobilisant le patient et en fixant l'articulation.
L'arthrose du poignet est une affection relativement rare succédant généralement à un traumatisme ancien par exemple une entorse, une fracture, une luxation entre le radius et le poignet ou encore une fracture du scaphoïde. Le plus souvent l'immobilisation par un bracelet est suffisante. Dans le cas contraire il est parfois nécessaire d'intervenir chirurgicalement (arthrodèse). L'intervention consiste à immobiliser le poignet en le fixant.
L'arthrose tibio-tarsienne est une affection relativement rare concernant l'articulation de la cheville et survenant après un traumatisme soit de la jambe soit du pied. Quand cette maladie aboutit à une gêne importante, gêne de la marche pour laquelle le traitement anti-inflammatoire et antidouleur (par utilisation d'antalgiques) n'est pas efficace, l'arthrose tibio-tarsienne nécessite une intervention chirugicale de type arthrodèse c'est-à-dire que le chirurgien fixe l'articulation.