Coxarthrose

Définition 

L'arthrose hanche est un rhumatisme chronique (d’évolution lente) de la hanche qui n'est pas d'origine inflammatoire puisqu'il s'agit d'une arthrose (dégénérescence des articulations, avec déformation et impotence).

Épidémiologie 

La coxarthrose est l'affection la plus fréquente de la hanche.

Les femmes semblent plus atteintes que les hommes.

L'obésité est le principal facteur favorisant.

Classification 

Classiquement on distingue deux types d’arthrose :

  • La coxarthrose primitive qui apparaît après l'âge de 50 ans (en Moyenne 60 ans).
  • La coxarthrose secondaire qui débute un peu plus tôt que la précédente (vers 40 à 50 ans), son pronostic est généralement plus grave.

1) La coxarthrose secondaire apparaît parfois avant 30 ans. Elle représente environ 60 % de l'ensemble des coxarthroses.

Les causes sont nombreuses :

  • Défaut architectural à type de malformations
  • Epiphysiolyse dont le synonyme est coxa vara essentielle de l'adolescent. La coxa vara se caractérise par une bascule progressive de l'épiphyse (ou tête du fémur) vers le haut et vers l'avant par rapport à l'épiphyse fémorale. Cette affection est fréquemment rencontrée chez les adolescents et plus souvent chez les garçons. L'épiphysiolyse est due à une anomalie du cartilage de croissance (ou de conjugaison) qui aboutit à un raccourcissement du membre inférieur s'accompagnant d'une attitude vicieuse dans laquelle le membre se retrouve tourné vers le dehors. L'évolution se fait vers une coxarthrose (arthrose de hanche). L’épiphysiolyse survient chez un enfant entre 11 et 14 ans, son diagnostic effectué par l'orthopédiste doit être très précoce car cette pathologie nécessite une chirurgie correctrice.
  • La dysplasie luxante est l'anomalie la plus fréquente, responsable elle seule de 40% de l'ensemble des coxarthroses. On distingue: la luxation congénitale qui est grave et souvent bilatérale (survenant de deux cotés). Elle se rencontre essentiellement chez la femme et est souvent héréditaire. Elle se voit également chez les Bretons et les Auvergnats. Elle doit être dépistée à la naissance par le signe du ressaut (léger claquement que l'on ressent quand on examine les hanches d'un bébé et que l'on appuie dessus vers l'arrière). Les radiographies et l'échographie permettent de poser le diagnostic. Le traitement fait appel au langeage en abduction c'est-à-dire mettre un ange ou bébé, jambes écartée.
  • La protrusion acétabulaire N. une affection plus rare, souvent bien tolérée et se caractérisant par une pénétration de la tête du fémur dans un cotyle (logement où vient se positionner la tête du fémur) trop profond. L'examen radiologique est caractéristique. Dans cette pathologie l'arthrose de la hanche apparaît tardivement.
  • L'ostéochondrite est une inflammation portant sur la région située en dessous du cartilage (os sous-chondral). Les ostéochondrites sont dues à une nécrose (mort du tissu) localisée. Cette maladie apparaît généralement entre 4 et 12 ans, et touche essentiellement les garçons. L’ostéochondrite est le résultat d'un trouble de la circulation sanguine dans l’os. Ce processus se déroulant en dessous du cartilage pendant la poussée de croissance de l’enfant. L'ostéochondrite est également aggravée par la multiplication des petits traumatismes (microtraumatismes) liés généralement à une activité sportive intense.
  • La coxarthrose d'origine traumatique est liée à des activités sportives intensives pouvant entraîner une coxarthrose.

2) La coxarthrose destructrice rapide est une coxarthrose de survenue rapide qui évolue vers la destruction complète de l'articulation de la hanche en 6 à 24 mois. Elle survient le plus souvent entre 60 et 80 ans, et touche plus spécifiquement la femme.

Elle se caractérise par :

  • Des douleurs généralement bien soulagées par le repos.
  • Une flexion de la hanche assez longtemps conservée.

Le labo signale une augmentation de la VS entre 20 et 40mm à la première heure le plus souvent.

Le liquide articulaire qui est prélevé par ponction ne présente pas de particularité. La mise en place rapide d'une prothèse totale de hanche est souvent nécessaire.

La cause de cette destruction articulaire est inconnue.

3) La coxarthrose dite"primitive".

On ne connaît pas avec précision le processus de survenue de cette variété de coxarthrose. Il semble que des facteurs génétiques intervenant dans la dégradation du cartilage, jouent un rôle important .

 La surcharge pondérale constitue également un facteur aggravant.

Au cours de cette affection ont la douleur est de type mécanique (elle survient en marchant, en montant les escaliers, en bougeant la hanche) elle est réveillée par la mobilisation de la hanche mais calmée par le repos. Le siège de la douleur se situe au niveau de l'aine, avec irradiation à la face avant de la cuisse, quelquefois vers la fesse, et plus rarement à la face externe ou interne la cuisse ( témoin d'une tendinite : inflammation associée des tendons).

Devant une douleur du genou il faut toujours penser à un problème de hanche.

À l'examen, le patient montre quelquefois

  • Une attitude vicieuse
  • Uneboiterie
  • Unappui difficile sur une seule jambe
  • Unediminution du volume des muscles quadriceps ou des fessiers (signe d'une aggravation).

La palpation de la fesse et du creux inguinal est normale.

La difficulté consiste à éliminer une douleur provenant du rachis lombaire (irritation d'une racine sortant de la moelle épinière à l'étage lombaire : radiculalgie). Pour cela l'examen du rachis lombaire doit apparaître normal, souple et ne pas entraîner de douleurs à la mobilisation.

Des mouvements de la hanche globalement perturbés et douloureux.

Les clichés radiologiques du bassin de face en position debout et en faux profil appelés par les spécialistes de Lequesne, permettent de poser le diagnostic de coxarthrose et aussi d'évaluer son degré d'évolution. Les radiologues recherchent les signes suivants :

  • Diminution de l'épaisseur du cartilage de l'articulation coxo-fémorale
  • Condensations osseuses sous-chondrales
  • Géodes
  • Ostéophytes marginales (bec de perroquets).

Les examens complementaires sont normaux

L'I.R.M. est prometteur et permettra de déceler les formes précoces.

Le diagnostic de coxarthrose ne doit pas être confondu avec (diagnostic différentiel) :

  • Une ostéonécrose aseptique de la tête fémorale
  • Une maladie de Paget
  • Un tabès
  • Une algodystrophie de la hanche
  • Une chondrocalcinose
  • Une coxite
  • Une synovite villonodulaire
  • Une ostéochondromatose
  • Une périarthrite de la hanche (la radiographie retrouve parfois une calcification au niveau du grand trochanter)
  • Une fracture de fatigue
  • Un cancer osseux

Le traitement médical consiste à :

  • Diminuer l'obésité
  • Limiter les activités sportives (sauf à bicyclette et la natation)
  • Prendredes anti-inflammatoires et des antalgiques (antidouleurs)
  • Faire de les infiltrations à base de cortisone ne sont pas toujours indiqués
  • Proposer des séances de mésothérapie sans cortisone donnent souvent de bons résultats  et des injections d'acide hyaluronique
  • Conseiller une coeur thermal ou marine avec kinésithérapie dont le but est de redonner une certaine tonicité musculaire, de lutter contre les douleurs d'origine tendineuse et de préserver, dans la mesure du possible un mouvement articulaire normal

Le traitement chirurgical avec pose d'une prothèse totale de hanche (arthroplastie) dont l'indication dépend de la gêne fonctionnelle et des douleurs est quelquefois nécessaire. La pose d'une prothèse ne doit être envisagée que quand la gêne devient vraiment importante.

Il est quelquefois proposé aux patients des interventions chirurgicales correctrices.

Lorsqu'une coxarthrose apparaît chez un sujet jeunes il est important de rechercher une anomalie de la forme de la hanche pouvant être éventuellement corrigé grâce à une intervention chirurgicale qui peut quelquefois enrayer l'évolution de cette pathologie.

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