Alcoolisme
- Anglais : alcoholism, ethylism.
Définition
Abus de consommation d'alcool, devenant dangereuse pour l'individu et pour sa famille.
L'alcoolisme désigne également l'ensemble des maladies consécutives à cet abus. Il semble préférable de parler de dépendance à l'alcool, caractérisée par les critères suivants :
L'alcoolique préfère l'absorption de boissons alcoolisées à toute autre activité
Les boissons absorbées sont presque toujours les mêmes
L'alcoolique supporte de mieux en mieux l'alcool
Signes de sevrage
Disparition des signes de sevrage par prise de la boisson alcoolisée
Besoin de renouveler la prise de boissons alcoolisée
Retour du comportement alcoolique après abstinence
On estime qu'il existe en France environ un million et demi de personnes alcoolo-dépendantes, cinq millions de buveurs à risque ou à problème, 25 millions de buveurs à faible risque. Parmi les cinq millions de buveurs à risque, la moitié présentent une pathologie plus ou moins grave liée à la consommation d'alcool. Si le risque de cancer multiplié par 10 en passant de ½ paquet de cigarettes par jour à un paquet et demie, le risque est multiplié par 50 quand on passe de 4 verres à plus de 10 par jour. Cette maladie, dont on ne connaît pas la cause, débute le plus souvent sournoisement. L'intoxication par l'alcool entraîne des dommages des organes et des tissus composant ces organes mais également une dépendance physique associée.L'abus d'alcool est à l'origine de perte relationnelle de façon générale, et de graves dommages professionnels (absentéisme entre autres).Les conséquences de l'alcoolisme ne sont pas, sur le plan psychologique, tout à fait les mêmes pour le sexe masculin que pour le sexe féminin. La femme alcoolique a tendance à boire de manière solitaire et les stigmates sociaux sont moins fréquents que chez les hommes qui sont plus souvent concernés par ce problème que les femmes. Néanmoins, il faut signaler que la différence se réduit progressivement.L'alcoolisme concerne environ 1 patient sur 4 consultant dans un service de médecine générale à l'hôpital. Enfin, l'incidence de l'alcoolisme est en constante augmentation chez les femmes ainsi que chez les adolescents et les lycéens (associée à la consommation d'autres toxiques comme la marijuana entre autres).Certaines religions ne sont presque pas touchées par l'alcoolisme (musulmans, juifs). Les individus concernés sont essentiellement ceux appartenant aux pays possédant de grandes industries fabriquant de l'alcool. C'est le cas de l'Europe et de l'Amérique du Nord.Il ne semble pas exister un profil particulier susceptible d'être relié directement à l'alcoolisme. Pourtant, la consommation d'alcool paraît soulager certains symptômes désagréables comme l'anxiété, la dépression ou la schizophrénie.Les alcooliques sont le plus souvent issus d'un milieu familial difficile. Il en est de même de leurs antécédents parentaux s'accompagnant d'une relation conflictuelle, associée à une perturbation de la transmission culturelle. L'éducation des enfants semble également prendre une grande part dans les déterminismes de l'alcoolisme (consommation, comportement).Il ne semble pas exister d'anomalies génétiques ou de prédisposition familiale à l'abus d'alcool. Néanmoins, l'incidence de l'alcoolisme est plus élevée chez les enfants de parents alcooliques que chez les enfants adoptés par des adultes alcooliques.
La notion d'alcoolisme a été introduit par Huss en 1852.
Généralement, au cours de la première consultation effectuée chez le médecin, il est réalisé un interrogatoire portant sur la boisson. Au cours de cet interrogatoire, le médecin va s'enquérir de la quantité de boisson prise durant une semaine type.
Cette consommation est habituellement quantifiée en
unités d'alcool.
Une unité d'alcool contient approximativement 9 g d'alcool, ce qui est l'équivalent de la moitié d'une pinte de bière, d'une mesure de spiritueux ou de verre de vin de table.L'alcool devient dangereux pour l'homme à partir de 21 unités par semaine, et de 14 unités par semaine pour la femme.
Conséquences (liste non exhaustive)
- Absentéisme au travail
- Troubles affectifs et relationnels, en particulier dans le couple
- Maltraitance à l'enfant
- Chômage
- Difficultés financières
- Violence pouvant aller jusqu'au meurtreInfractions lors de la conduite automobile
- Tentatives de suicide à répétition (en nombre plus élevé que dans une population normale)
- Profil psychologique à type de jalousie morbide (soupçon d'infidélité sexuelle)
Lésions rencontrées chez l'alcoolique:
- Cirrhose
- Atteinte du système nerveux périphérique (l'ensemble du système nerveux sauf l'encéphale et la moelle épinière)
- Lésions de l'encéphale (système nerveux compris à l'intérieur de la boîte crânienne)
- Atteinte du système cardio-vasculaire (cœur et vaisseaux) s'accompagnant de troubles du rythme cardiaque. Les autres lésions cardiaques se traduisent par l'incapacité de la pompe cardiaque à effectuer son travail convenablement. Cela entraîne une cardiomégalie (augmentation de volume du cœur) et une insuffisance cardiaque congestive ainsi qu'une fibrose du myocarde (durcissement et diminution de la capacité de contraction du muscle cardiaque).
- Gastrite (inflammation de l'estomac)
- Atteinte du pancréas (pancréatite alcoolique)
- Atteinte hépatique (la fonction du foie est compromise de façon irréversible). Elle se caractérise par une mauvaise utilisation du sucre absorbé et du sucre mis en réserve (glycogène) avec une tendance à l'hypoglycémie (chutes fréquentes du taux de sucre dans le sang) par incapacité à mobiliser le sucre de réserve dans le foie et les muscles. D'autre part, l'hypoglycémie s'accompagne le plus souvent d'une mauvaise alimentation.
- Carence en vitamine B 1 (thiamine) à l'origine de lésions du système nerveux périphérique et du cerveau. Ce déficit en thiamine associé à l'abus d'alcool peut également être à l'origine d'une maladie cardiaque de l'alcoolique (béri-béri cardiaque).