Intoxication alcoolique (consultation)

Le terme d'alcoolisme ne doit plus être utilisé, car il présente un caractère péjoratif. On lui préfère actuellement les termes d'alcoolodépendance. Il est nécessaire de distinguer les abstinents dont la consommation est nulle ou exceptionnelle et les consommateurs d'alcool. On parle de consommateurs sans mésusage (mauvais usage) pour ceux qui ont une consommation moyenne journalière inférieure à 40 g d'alcool par jour chez l'homme et 20 grammes d'alcool chez la femme.

Les malades de l'alcool sont les consommateurs qui présentent des problèmes mais également les alcoolodépendants. Ceux dont la consommation moyenne est supérieure aux doses précédemment décrites sont les consommateurs à problème. Parmi ceux-ci il y a ceux qui présentent des complications et ceux qui n'en présentent pas. Parmi ceux qui ne présentent pas de complications il y a les malades qui risquent de développer des complications. Parmi les autres il y a les malades qui présentent déjà des dommages corporels ou psychiques ou encore psychoaffectifs (perturbation de la relation avec les autres individus).

Un individu est considéré comme alcoolodépendant quand il présente une sugestion à la prise de boisson alcoolique. Dès cet instant la suppression de la prise de boisson alcoolique est à l'origine de malaise physique. On parle alors d'un syndrome de sevrage. Le malaise peut également être de nature psychique, il s'agit alors d'un désir irrépressible de renouveler la prise d'alcool. Ce comportement se caractérise par une incapacité de maîtriser la consommation de ce toxique. Il peut s'agir également d'une incapacité de s'abstenir.

Il semble inutile de le préciser, en France la consommation d'alcool pur par année et par habitant est d'environ de 11 à 12 litres d'alcool. En dehors de cette consommation excessive environ deux tiers des hommes et 1/3 des femmes consomment de l'alcool quotidiennement. Cette consommation d'alcool est à l'origine chez les patients d'à peu près 75 % de cirrhoses et de 45 % de tumeurs de tumeurs du foie.
D'autre part, l'alcool entraîne 40 000 à 50 000 de décès prématurés par an. Bien entendu l'alcool est également responsable de nombreux accidents de la route. En effet elle est impliquée dans environ 40 % des accidents mortels ce qui représente environ 4000 décès par an. L'alcool est également une substance impliquée dans de nombreux accidents domestiques et du travail.

Le prix de revient des hospitalisations dû à l'intoxication alcoolique est d'environ 6 milliards et demi par an.
On a longtemps cru que le coût de la consommation d'alcool était inférieur aux recettes qu'elle générait. En fait, il n'en est rien. Si environ un million et demi de français son alcoolodépendants, l'ensemble des maladies liées à l'alcool touche environ 3 millions de français.
Les données précédemment cités nécessitent donc un dépistage précoce des problèmes liés à l'alcool.

Le médecin généraliste semble être l'acteur médical le mieux placé pour dépister les malades de l'alcool. De la même manière qu'il s'enquière des antécédents personnels et familiaux de ces patients, le médecin doit systématiquement quantifier la consommation d'alcool et de tabac. Cette consommation d'alcool se mesure en nombre de verres d'alcool pur pendant la semaine qui précède la consultation. La quantification se fait de la façon suivante : Un verre de rouge = 1/2 de verre = à un vert d'apéritif = un verre de digestif = 10 g d'alcool pur.

Il existe d'autre part un questionnaire appelé le questionnaire DETA d'après B. Rueff, qui comprend quatre questions :

1. Avez-vous déjà ressenti le besoin de diminuer votre consommation d'alcool ?
2. Votre entourage vous a-t-il déjà fait des remarques au sujet de votre consommation d'alcool ?
3. Avez-vous déjà eu l'impression que vous buviez trop ?
4. Avez-vous déjà eu besoin d'alcool le matin pour vous sentir en forme ?
Si 2 réponses sont positives il faut suspecter un problème d'alcool.
Un autre questionnaire intitulé alcool où en êtes-vous ? : CFES-CNAM.

Symptômes

Asthénie (fatigue)
Pituite matinale (humeur rendue par les patients intoxiqués le matin)
Perte d'appétit
Troubles de la mémoire
Troubles de la concentration
Troubles de l'humeur
Dérèglement du sommeil
Anomalie de la fonction sexuelle

Examen clinique

Mis en évidence d'une hypertension artérielle. Il faut savoir qu'environ 12 % des hypertensions artérielles chez l'homme sont dues à l'alcool.
Une parotidomégalie
Une varicosité des pommettes
Un psoriasis
Une acné rosacée
Des tremblements des extrémités
Un mauvais état des dents et de la bouche en général telle qu'une leucoplasie (plaques blanches) gingivite (inflammation des gencives secondaire à des carences en vitamines du groupe B), perlèche.
Une gynécomastie sensible ( augmentation des glandes mammaires)
Un excès de poids
Une attitude familière inadaptée

Le labo
Trois dosages sont à la disposition du médecin pour permettre la mise en évidence de l'intoxication alcoolique. Néanmoins ceux-ci ne sont pas fiables à 100 %. En effet, certains dosages sont anormalement élevés pour d'autres pathologies.

1) Le volume globulaire moyen caractérisant le volume des globules rouges en moyenne. Quand celui-ci est supérieur à 98 microbes c'est le reflet d'une consommation excessive d'alcool s'étalant dans le temps (chronique). Néanmoins le volume globulaire moyen est susceptible d'augmenter dans les situations suivantes:

Tabac
Grossesse
Réticulocytes aux (augmentation des précurseurs des globules rouges)
Déficit en folates (vitamine B 9) et en vitamine B12
Médicaments contenant des molécules antipuriques et antipirimidiques (utilisées contre l'acide urique dont l'excès est à l'origine de la goutte)

2) Les gammaglutamyltranspeptidases (reflet d'une consommation d'alcool > 15 jours). Celles-ci augmentent dans d'autres situations :

Maladie sanguine
Anomalie des voies biliaires
Utilisation d'anticoagulants de type antivitamine K.
Femmes sous oestroprogestatif
Personne utilisant des anticonvulsivants
Utilisation de médicaments antidépresseurs
Prise de médicaments hypolipémiants dont le but est de baisser le taux de lipides (corps gras) dans le sang
Au cours du diabète
Au cours de l'hyperthyroïdie (excès d'hormone thyroïdienne dans le sang)
Au cours de l'infarctus du myocarde et de l'angine de poitrine correspondant à une insuffisance de vascularisation du myocarde qui le muscle cardiaque proprement dit par l'intermédiaire des coronaires
Insuffisance de la filtration rénale survenant de façon aiguë (insuffisance rénale)
Dans le syndrome néphrotique qui associe oedèmes présence de protéines dans les urines
Au cours de l'épilepsie
Au cours des accidents vasculaires cérébraux et des tumeurs cérébrales
Dans l'obésité
Dans l'hyperlipidémie (excès de lipides dans le sang)

3) La transferrine désialylée (reflet d'une consommation d'alcool inférieur à 15 jours). La consommation régulière de plus de 50 g d'alcool par jour entraîne l'apparition dans le sérum (partie liquide du sang) de la transferrine désialylée. Celle-ci peut être mise en évidence grâce à l'utilisation de deux kits:

Le CDTect (pris en charge par la sécurité sociale)
Axis % Transferrine désialylée

Les résultats en valeur absolue sont (pour la normalité) :

Chez l'homme inférieur à 20 unités internationales par litre
Chez la femme inférieur 26 unités internationales par L

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