inscription newsletter

Urticaire (généralités)

  • Anglais : urticaria.
  • Terme issu du Latin : urtica : ortie.
  • Imprimer
  • Envoyer à un ami
  • Forum
  • Images

Définition

Apparition sur la peau de petites papules légèrement surélevées, de nature érythémateuse (de coloration rose tirant sur le rouge), dont le centre est blanc et dont les contours sont nets. Ces éruptions cutanées sont prurigineuses (elles entraînent des démangeaisons).

Les papules ainsi constituées se rassemblent quelquefois en placards dont la consistance est ferme et élastique, et qui évoluent vers la régression en quelques heures (généralement en moins de 24 h). L'éruption peut être localisée ou généralisée (urticaire géante).

Mécanisme
De façon générale, l’urticaire correspond à une réaction d’hypersensibilité : réaction d’un organisme présentant des manifestations anormales (pathologiques) à l’occasion de la rencontre entre un antigène et un anticorps. Anciennement, les états d’hypersensibilité étaient classés en fonction du temps qui s’écoulait entre le contact avec l’antigène et l’apparition des premiers symptômes de l’allergie. On parlait à l’époque d’hypersensibilité immédiate et d’hypersensibilité retardée ou différée. Vers la fin des années 60, les hypersensibilités ont été classées en quatre types. Normalement, le contact de l’organisme avec une substance étrangère (allergène) ne doit pas entraîner de réaction immunitaire à type d’allergie. Chez certains individus, que l’on appelle atopiques, l’organisme juge à tort cet antigène dangereux pour lui, et provoque en conséquence une réaction générale appelée hypersensibilité. L’allergie est donc une réaction inappropriée ou plus exactement exagérée se manifestant par une hypersensibilité immédiate.

L'urticaire est causée par la dégranulation des mastocytes. Les mastocytes sont une variété de globules blancs qui, quand ils éclatent, libèrent des substances appelées médiateurs à l'origine d'une augmentation de la perméabilité des veinules. Parallèlement, les muscles lisses (muscles automatiques qui ne sont pas sous le contrôle de la volonté) voient leur tonus augmenté. Enfin, d'autres globules blancs jouent également un rôle en se rendant sur les lieux de l'inflammation.
La variété de l'allergie dépend de la cause à l'origine de la dégranulation des mastocytes. En effet, ils peuvent être préalablement sensibilisés par une variété d'anticorps spécifiques : les immunoglobulines E, ou par d'autres facteurs physiques (vibrations, frottement, lumière, pression, froid, substances chimiques, etc...).

Classiquement, on distingue deux types d'urticaire : l’urticaire aiguë et l'urticaire chronique.
1) L’urticaire aiguë est généralement due à la prise de certains médicaments (analgésiques : antidouleurs, anti-inflammatoires, aspirine, etc…), à un piqûre d'hyménoptère (guêpe, abeille), à une prise d'aliments (fraises, condiment, poissons, crustacés, etc…). Son mécanisme fait appel à la présence de la substance provenant de l'aliment incriminé (quand il s'agit d'une allergie alimentaire) qui libère dans la paroi des intestins de l'histamine. Les additifs alimentaires (tartrazine) rentrent dans ce cadre, la pénicilline également. Certaines maladies infectieuses (hépatite virale, maladies parasitaires, mononucléose infectieuse, etc...) se déclarent quelquefois par une urticaire lors de l'apparition des premiers symptômes. La seconde possibilité est l'apport d'un excès d'histamine qui déclenche la dégranulation des mastocytes.
2) L’urticaire chronique est due à de nombreuses causes. Dans le cadre des urticaires chroniques, on peut citer l'urticaire cholinergique (qui fait suite à la libération dans l'organisme d'une substance, l’acétylcholine, qui est habituellement contenue dans les cellules nerveuses), l'urticaire au froid (fréquente), l'urticaire à l'eau (particulièrement dangereuse), l'urticaire au chaud (exceptionnelle), l’urticaire au soleil, l’urticaire aux vibrations, l’urticaire médicamenteuse. Certaines urticaires surviennent suite à un déficit en un élément entrant dans le processus de défense immunitaire d'un organisme : c'est le cas d'un déficit en complément. Cette variété d'urticaire se rencontre dans l'angioedoème paroxystique héréditaire, qui est une maladie génétique se caractérisant par une carence de substances appelées inhibiteurs de l'estérase de la fraction C1 du complément et un abaissement de la fraction C4.

L'urticaire à l'eau, appelée également urticaire aquagénique, est le résultat de l'immersion du corps dans l'eau. Il s'agit d'une anomalie qui aboutit à l'apparition de plaques rouges et de démangeaisons disparaissant le plus souvent une demi-heure après être sorti de l'eau. L'urticaire concerne uniquement les zones du corps en contact avec ce liquide. L'eau douce et l'eau salée sont les deux liquides aboutissant à l'apparition d'urticaire à l'eau chez certains patients.
Il est nécessaire de pratiquer un test à l'eau que l'on réalise en utilisant une compresse d'eau tiède qui est posée sur l'avant-bras du patient ce qui permet de confirmer le diagnostic d'urticaire à l'eau. L'apparition de plaques de coloration rouge sur la zone humidifiée pose le diagnostic avec certitude.
Le traitement consiste à absorber des médicaments antiallergiques de manière préventive c'est-à-dire avant la prise du bain ce qui permet, le plus souvent, l'apparition de ces réactions.
Le bilan allergologique est quelquefois nécessaire pour éliminer une autre variété d'urticaire, cette fois-ci très intense, et plus sévère, l'urticaire au froid qui survient dès que la température du corps baisse de manière trop importante. C'est le cas par exemple des bains d'eau glacée, en présence de vent froid ou d'ingestion d'aliments à base de glace ou de boissons trop froides.
L'urticaire à l'eau est susceptible d'aboutir à l'apparition de réactions allergiques parfois très sévères pouvant mettre en jeu le pronostic vital d'un individu. C'est la raison pour laquelle il est nécessaire de dépister assez précocement ce type de pathologie afin de la prévenir en interdisant de manière formelle les bains.