Conjonctivite allergique
Définition
De façon générale une conjonctivite est une inflammation de la conjonctive (membrane tapissant le devant de l'œil et la partie interne des paupières). Elle se caractérise par un oeil rouge qui pleure, des paupières épaissies et collées, un oedème (chémosis).
La conjonctivite allergique est secondaire à une sensibilisation de la muqueuse constituée par une couche de cellules en contact avec l'air. Cette sensibilisation est secondaire à un contact direct avec l'agent allergisant. Elle est susceptible survenir de façon saisonnière et touche dans ce cas généralement l'enfant de manière isolée. Elle peut également survenir associée à d'autres allergies et plus spécifiquement des allergies respiratoires. On parle alors de forme périannuelle.
Les allergènes les plus fréquemment rencontrés sont les pollens volatils d'arbres, les acariens ainsi que les plumes et les poils d'animaux, les herbes.
Physiopathologie (mécanisme de la réaction)
Cette conjonctivite est provoquée par une réaction d'hypersensibilité de type 1 à des antigènes spécifiques (corps étranger à l'organisme). L'hypersensibilité de type 1 est une réaction d'un organisme présentant des manifestations anormales (pathologiques) à l'occasion de la rencontre entre un antigène et un anticorps. Anciennement, les états d'hypersensibilité étaient classés en fonction du temps qui s'écoulait entre le contact avec l'antigène et l'apparition des premiers symptômes de l'allergie. On parlait à l'époque d'hypersensibilité immédiate et d'hypersensibilité retardée ou différée. Vers la fin des années 60, les hypersensibilités ont été classées en quatre types. Normalement, le contact de l'organisme avec une substance étrangère (allergène) ne doit pas entraîner de réaction immunitaire à type d'allergie. Chez certains individus que l'on appelle atopique, l'organisme juge à tort cet antigène dangereux pour lui, et provoque en conséquence une réaction générale appelée hypersensibilité. L'allergie est donc une réaction inappropriée ou plus exactement exagérée se manifestant par une hypersensibilité. Il existe plusieurs types d'hypersensibilité. Ce type de réaction allergique s'explique par la réponse des anticorps (immunoglobulines) élaborés à la suite de la pénétration d'un allergène dans l'organisme. Ces anticorps se fixent sur les mastocytes (variété de globules blancs) situés dans la peau et les muqueuses (couche de cellules protectrices des organes creux en contact avec l'extérieur). Ce type de globules blancs contient de l'histamine (médiateur : messager chimique) à l'origine des symptômes apparaissant lors des réactions allergiques (liste des réactions en dehors de l'allergie oculaire) :
Contraction des muscles bronchiques entraînant le symptôme du sifflement dans l'asthme
Eruption de type allergique ou urticarienne accompagnée de démangeaison
Ecoulement nasal
Obstruction nasale
Eternuements
Conjonctivite
Larmoiement
Toux
Rhume des foins
Difficulté à respirer
Diarrhée
Oedème de Quincke
Choc anaphylactique dans les cas les plus graves (réaction violente de l'organisme, avec perte de conscience)
Les symptômes de la conjonctivite allergique sont essentiellement :
On constate une apparition et une recrudescence au printemps et à la fin de l'été ainsi qu'au début de l'automne.
Un gonflement dû à l'œdème
Des démangeaisons (prurit) oculaire
Une hypersthénie (coloration rouge) de la conjonctive
Un larmoiement
Les yeux sont collés
Chémosis : oedème se caractérisant par un bourrelet de forme circulaire située autour de la cornée
Une photophobie (la lumière est mal supportée)
de nombreux patients souffrent d'asthme, eczéma
rhinite (écoulement nasal et démangeaisons du nez) concomitante
Le labo
Présence d'éosinophiles (variété de globules blancs) dans les prélèvements effectués sur la conjonctive des paupières.
Le traitement fait appel essentiellement à l'éviction des allergènes quand cela est possible.
Les collyres utilisés contiennent du cromoglycate disodique pour les formes modérées, il est quelquefois nécessaire d'associer des médicaments antihistaminiques, vasoconstricteurs (permettant de diminuer le calibre des minuscules vaisseaux) c'est le cas de la naphazoline chlorhydrate et phéniramine maléate.
Les anti-inflammatoires comme le kétorolac ou les inhibiteurs des mastocytes (variété de globules blancs responsables de la libération d'histamine à l'origine des réactions allergiques) tels que le lodoxamide sont quelquefois utilisés seuls ou combinés.
Les corticoïdes (cortisone) en collyre sont parfois utiles dans les cas résistants.
Malheureusement ils sont susceptibles d'être à l'origine d'une infection à virus herpès conduisant à une ulcération de la cornée et même à une perforation de celle-ci. Chez quelques patients ont été décrit des cataractes quand les corticoïdes sont utilisés sur une longue période. C'est la raison pour laquelle ces médicaments doivent être prescrits et suivis par un ophtalmologiste.
Certaines équipes médicales ont proposé la désensibilisation spécifique dans les allergies périannuelles.