Quand le cerveau trompe le corps

Définition 

 

Le cerveau est à l'origine de toutes nos sensations et c'est lui qui déclenche la plupart des réactions permettant à l'organisme de s'adapter à son environnement.

Mais il arrive qu'il envoie des informations erronées, et le corps, programmé pour lui obéir, a alors des réactions aussi étranges qu'inadaptées.

Voici 6 exemples du pouvoir absolu du cerveau sur l'organisme.

Généralités 

1. Le déni de grossesse

Le déni de grossesse est le rejet physiologique de tout symptôme de grossesse alors que la personne est bel et bien enceinte

Cette dernière continuera ainsi à avoir ses règles, son ventre ne grossira pas et elle ne prendra pas de poids, jusqu'à l'accouchement imminent.

En revanche, en cas de déni partiel de grossesse, lorsqu'un médecin détecte la grossesse et que celle-ci est reconnue par la future maman, les caractéristiques de la grossesse apparaissent au bout de quelques jours.

 

2. La grossesse nerveuse

La grossesse nerveuse est le fait de développer tous les symptômes d'une grossesse alors que la personne n'est pas enceinte.
Ce trouble est généralement révélateur de grandes fragilités chez la femme se trouvant dans cette situation.
En effet, ce phénomène arrive souvent chez les femmes ayant fait de fausses couches, des IVG, des grossesses extra-utérines ...

Elles présentent alors tous les symptômes d'une femme enceinte :

  • nausées

  • absence de règle

  • prise de poids

  • fatigue

Amina Yamgnane Kirsch, gynécologue obstétricien, déclare que la grossesse nerveuse est un « mécanisme psychique très puissant et le corps donne ainsi raison à cette croyance d'être enceinte ».

 

3. Le membre fantôme

Le cas du membre fantôme touche 80% des personnes ayant été amputées d'un membre de leur corps et qui ressentent une douleur au niveau du membre absent. Cette douleur (réellement ressentie et qui peut même être observée par un examen cérébral) peut être empirée par le stress, l'anxiété ou les changements météorologiques.
Généralement, cette sensation ou douleur se dissipe avec le temps, mais peut tout de même ressurgir suite à un événement particulier.

Ce phénomène proviendrait du cerveau : en effet, dans une zone appelée « cortex somatosensoriel », est présente comme une sorte d'image de notre organisme (le schéma corporel) et en cas d'amputation, il y a une mauvaise réorganisation de cette carte du corps.
Ainsi, au lieu de perdre peu à peu la représentation ou la sensation du membre absent, cette dernière persiste.

 

4. Les effets placebo et nocebo

On appelle effet placebo le fait de ressentir une amélioration de son état physique (disparition de la douleur par exemple) après avoir pris un "médicament" alors qu'en réalité le produit ingéré ne contient aucun substance active, aucune vertu thérapeutique, mais qu'il déclenche réellement à l'intérieur du cerveau, la sécrétion d'endorphines, qui permettent de soulager la douleur et divers autres symptômes. C'est le fait d'être convaincu de l'efficacité de ce "médicament" qui entraîne le soulagement.
L'effet placbo est utilisé lors des tests de nouveaux médicaments, tests dits "en double-aveugle". Les personnes volontaires pour tester l'efficacité d'une molécule sont séparées en 2 groupes : on donnne à l'un le nouveau médicament, et à l'autre un produit totalement neutre. Évidemment, chaque participant ignore à quel groupe il appartient. Cela permet aux chercheurs de limiter l'impact de la subjectivité des participants.

 

L'effet nocebo, moins connu que l'effet placebo, est le fait de dégrader grâce à la persuasion (tout comme l'effet placebo) la santé d'une personne.
Cela peut être le fait de la personne elle-même (ressentir des effets secondaires après avoir lu la notice d'un médicament) ou d'un tiers (quand un anesthésiste prévient "ça va piquer et être un peu désagréable").
Comme pour l'effet placebo, les sensations ressenties (douleurs, nausées, brûlures, ...), bien qu'elles ne soient provoquées que par la suggestion, sont décelables au niveau du système nerveux central (cerveau et moelle épinière).

 

5. L'anosognosie

L'anosognosie est le fait de nier une maladie dont on est atteint.
Ce trouble neurologique peut être déclenché par un AVC ou une maladie neurodégénérative, telle que la maladie d'Alzheimer.
Il est encore mal connu du corps médical.

 

6. Le syndrome de Cotard

Une personne atteinte du syndrome de Cotard est persuadée que :

  • certains de ses organes sont absents (bouche, yeux, bras, ...)
  • ses organes ou ses membres sont pourris ou en pierre
  • elle est immortelle
  • elle n'a plus de corps
  • elle est morte ou qu'elle n'existe plus
  • elle est incurable

Elle ne se reconnaît plus dans le miroir. Son absence de conscience de son corps peut entraîner des automutilations.
Il peut également arriver que ces personnes pensent que leur entourage soit des imposteurs.

Cette maladie rare, assimilée à un syndrome délirant, touche des personnes atteintes de syndromes dépressifs graves, de certaines maladies neurologiques ou après un traumatisme important (accident grave).
Bien qu'ils la connaissent encore mal, les chercheurs pensent que sa cause pourrait être un dysfonctionnement de 2 aires cérébrales (zones du cerveau) correspondant à la reconnaissance des visages et aux émotions.

 

Crédit photo : Girl looks at herself in the mirror, sees himself in another reflection - Tatyana Dzemileva - Shutterstock.com

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