Anesthésie (généralités)

Grec : an : privatif, et aïsthêsis : sensibilité.

Définition 

L'anesthésie est la suppression des sensations, et en particulier la sensation de douleur.

Pour Littré, il s'agit de la privation générale ou partielle de la faculté de sentir.

Généralités 

Une définition plus précise, stipule que l'anesthésie peut entraîner la suspension plus ou moins complète, non seulement de la sensibilité générale, mais aussi de celle d'un organe ou seulement d'une partie du corps.

Classification 

Dans l'anesthésie artificielle, on distingue (liste non exhaustive) :

  • L'anesthésie locale.
  • L'anesthésie tronculaire (tronc du nerf) a pour but d'insensibiliser le territoire innervé par ce nerf. Il s'agit d'une anesthésie locorégionale qui s'obtient après injection d'un produit anesthésique au niveau d'un tronc nerveux.
  • L'anesthésie de contact est obtenue grâce à l'injection directe du produit anesthésiant sur la région que l'on désire désensibiliser.
  • L'anesthésie locorégionale est réalisée grâce à une injection dans la partie inférieure de l'espace épidural (espace situé sous la dure-mère, qui est une des méninges de protection et de recouvrement du système nerveux central).
  • L'anesthésie des plexus consiste à anesthésier un ou plusieurs troncs nerveux (correspondant à la réunion des racines des nerfs sortant de la moelle épinière) en injectant l'anesthésique local à leur issue de la colonne vertébrale.
  • L'anesthésie épidurale est une anesthésie locorégionale obtenue grâce à l'introduction dans l'espace épidural de la solution anesthésique qui va insensibiliser les racines transportant les sensations (racines sensitives) mais également les ordres allant du cerveau à un muscle (racines motrices).
  • La rachianesthésie est une anesthésie locorégionale consistant à injecter dans le canal rachidien (canal où passe la moelle épinière) un anesthésique local qui va permettre d'anesthésier la partie inférieure de l'abdomen, et les membres inférieurs (anesthésie caudale), grâce au liquide qui va se noyer dans le liquide céphalo-rachidien.
  • L'anesthésie en bague.
  • L'anesthésie endoneurale.
  • L'anesthésie par réfrigération.
  • L'anesthésie splanchnique.
  • L'anesthésie locale intraveineuse.
  • L'anesthésie générale. C'est Paracelse qui, en 1540, utilisa l'éther pour la première fois. Puis, au cours du XIXème siècle, intervient l'anesthésie au chloral. Par la suite (1844), on introduisit le protoxyde d'azote pour les interventions en chirurgie dentaire, puis au début du XXème siècle, les barbituriques (1927) et enfin dans les années 50, l'anesthésie par inhalation : les anesthésiques halogénés volatils (halothane). Les progrès de l'anesthésie n'ont pas seulement fait appel à des anesthésiques nouveaux, mais également à la technique, et tout particulièrement l'utilisation de la ventilation artificielle avec l'intubation endotrachéale. Celle-ci consiste à introduire un tube souple dans la trachée-artère. En effet, avec l'utilisation du curare (médicament entraînant un relâchement musculaire total), la respiration spontanée était entravée. D'où la nécessité d'utilisation de la ventilation artificielle par l'intubation endotrachéale.L'anesthésie générale consiste à supprimer l'ensemble des sensibilités de l'organisme. Son indication majeure est l'intervention chirurgicale au sens large du terme. Mais on l'utilise également pour les interventions longues et douloureuses, pendant lesquelles, il est nécessaire d'améliorer le confort du patient et de permettre au chirurgien une qualité technique suffisante. Plusieurs critères entrent en compte pour le choix d'une anesthésie générale : les antécédents médicaux (maladies cardio-vasculaires, hépatiques, rénales, etc...), et la durée de l'intervention ou de l'examen médical.
  • Anesthésie générale classique : Elle s'accompagne de narcose, le sommeil étant provoqué artificiellement par l'utilisation d'une substance chimique. Ce type d'anesthésie est obtenue soit par l'absorption d'un produit anesthésiant par l'appareil respiratoire, ou par l'appareil digestif (par la bouche ou le rectum), soit par l'introduction directe dans la circulation sanguine par l'intermédiaire de la voie veineuse (intraveineuse).
  • Anesthésie potentialisée de Laborit.
  • Anesthésie de Meltzer ou par insufflation. Il s'agit d'une anesthésie générale obtenue grâce à l'insufflation à l'intérieur de la trachée-artère d'un mélange gazeux.
  • Anesthésie en circuit fermé, qui est obtenue par l'inhalation de gaz grâce à l'utilisation d'un appareil qui réalise une enceinte respiratoire close.
  • L'anesthésie combinée qui relève de l'association des méthodes précédemment citées.
  • L'anesthésie de base a pour but de provoquer chez le patient un assoupissement ressemblant à un engourdissement, sorte de somnolence qui évitera au malade l'angoisse de l'anesthésie et de l'opération.

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