Coude
Définition
Le coude est la partie du membre supérieur qui est située entre le bras et l'avant-bras. Il s'agit d'une articulation qui comprend en avant la région du pli du coude. Le coude est une articulation complexe qui unit l'os du bras c'est-à-dire l'humérus aux deux os de l'avant-bras : le radius et le cubitus (ulna) .
Le syndrome du canal ulnaire ou cubital est la compression du nerf ulnaire au niveau du coude, ce qui entraîne l'apparition de paresthésies, c'est-à-dire de fourmillements dans les deux derniers doigts. Il s'agit d'un syndrome entrant dans les neuropathies (atteinte des nerfs périphériques) du cubitus.
La compression du nerf cubital entraîne des fourmillements, un engourdissement des deux derniers doigts de la main (annulaire et auriculaire) ainsi que des douleurs au niveau du coude. Moins connu que le syndrome du canal carpien, le syndrome du canal ulnaire est généralement le résultat de traumatisme, plus précisément de microtraumatismes professionnels (succession de petits coups) responsables d'une pression prolongée sur ce que l'on pourrait appeler le talon de la main. Généralement, cet ensemble de symptômes (syndrome) survient chez les repasseuses, les menuisiers, les coureurs cyclistes, les lanceurs de base-ball (extrême torsion du bras nécessaire pour effectuer le lancer à effet). Dans certains cas, au stade avancé, on constate l'apparition d'une faiblesse de l'annulaire et de l'auriculaire.
Le syndrome du canal cubital se différencie de la compression du nerf ulnaire qui passe dans le canal de Guyon (d'où le nom du syndrome) au niveau du poignet, par les tests de sensibilité. Le signe de Tinel, qui consiste à frapper avec le doigt (de l'examinateur) sur la face avant du poignet, permet de faire également la différence entre un syndrome du canal cubital au coude et un syndrome du canal cubital au poignet.
La luxation du coude correspond au déplacement, en bloc, du squelette composant l'avant-bras par rapport à l'humérus. La luxation postérieure (ce qui survient le plus fréquemment) s'observe chez un adulte après une chute sur la paume de la main. Quand on examine un patient atteint de luxation postérieure du coude, on note la présence d'une dépression très caractéristique qui se remplit rapidement d'un gonflement. La radiographie permet de mettre en évidence la luxation postérieure du coude qui est quelquefois associée à une fracture comme par exemple celle de l'apophyse coronoïde ou de la tête du radius. Ce type de luxation, plus souvent, nécessite une immobilisation. Une intervention chirurgicale permet de réparer les éléments composant la capsule et les ligaments qui ont été abîmés par la luxation.
L'arthrose du coude est une pathologie relativement rare concernant essentiellement le sexe masculin. Cette pathologie est le résultat de l'utilisation de certains outils comme le marteau-piqueur ou des appareils assimilés. Cette maladie professionnelle entraîne l'apparition d'une gène qui est relativement modérée mais surtout un blocage de l'articulation. Ceci s'explique par le fait qu'il existe, à l'intérieur de l'articulation du coude, des débris de cartilage qui se détache pour envahir la cavité articulaire. Quelquefois l'arthrose du coude est susceptible de se compliquer de signe de paralysie de l'avant-bras et de la main, ce que les spécialistes en rhumatologie appellent la paralysie cubitale. Dans ce cas il est nécessaire d'intervenir chirurgicalement et de décomprimer le nerf au niveau de l'articulation du coude.
Le syndrome de la pronation douloureuse survient essentiellement chez l'enfant jeune, aux alentours de trois à quatre ans. Ceci est le résultat d'une prise trop brutale de la main de l'enfant par un adulte qui cherche à le soulever. Ce syndrome se traduit par une souffrance importante de l'enfant qui se plaint de son coude et de son avant-bras qui devient inerte et qui reste en pronation c'est-à-dire la paume de la main tournée vers le bas ou vers l'arrière, si l'on préfère. La réduction du syndrome de la pronation douloureuse nécessite un mouvement de flexion du coude (on plie le coude) et de supination de l'avant-bras, c'est-à-dire qu'il est nécessaire de tourner la main vers le haut.
La fracture de l'olécrâne, qui est le plus souvent le résultat d'une chute sur la main ou sur l'avant-bras, nécessite la pose d'une immobilisation plâtrée ou d'une résine synthétique. Cette immobilisation doit durer environ un mois. Quand il y a en plus un déplacement de l'os, il est nécessaire d'effectuer une réparation orthopédique par cerclage ou en utilisant une vis, aprés positionnement parfaite des surfaces articulaires. Le patient est ensuite soumis à une rééducation qu'il est nécessaire de commencer rapidement de façon à éviter l'enraidissement de l'articulation du coude.
La bursite rétro-olécranienne correspond à l'inflammation de la bourse séreuse, c'est-à-dire en quelque sorte les coussinets constitués de membrane synoviale qui facilitent le glissement entre le muscle et l'articulation. Cette bursite rétro-olécrânien est située en arrière de l'olécrâne. Elle est le plus souvent le résultat d'une inflammation du tendon d'insertion du triceps, ce qui entraîne l'apparition de douleurs locales et d'un gonflement associé à la sécrétion en trop grande quantité des liquides à l'intérieur de la bourse. Le traitement de la bursite rétro-olécrânien nécessite la prise d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (ne contenant pas de corticoïdes), tout d'abord sous forme de comprimés, associée ou pas, au début, à l'immobilisation du coude.
La calcinose tumorale, appelée également lipo-calcino-granulomatose symétrique progressive de Teutschländer, est une affection rare, plus fréquente chez les individus de couleur noire, se caractérisant par l'apparition, à l'intérieur des tissus situés en périphérie de certaines articulations (coudes, genoux et hanches) de concrétions calcaires (petites pierres) enfouies dans les tissus lipomateux (c'est-à-dire gras). Ces concrétions sont symétriques et évoluent sur une longue période, occasionnant des épisodes inflammatoires qui récidivent et qui sont douloureux. Cette affection rhumatologique a été décrit en 1899 par Durât, en 1935 par Teutschländer et en 1943 par Inclan.
La maladie de François et Détroit, appelée également dystrophie cornéenne dermo-chondro-cornéenne familiale, est une maladie familiale rare, héréditaire, dont la transmission se fait selon le mode récessif autosomique (il est nécessaire que les deux parents portent l'anomalie génétique pour que la descendance présente la maladie). Elle se caractérise par l'association d'une atteinte ostéochondrale (des cartilages) concernant les extrémités des os. Ceci entraîne l'apparition de subluxations et de rétractions accompagnées de déformations des mains et des pieds. Le patient présente par ailleurs des xanthomes cutanés au niveau du nez, de l'oreille, du visage et au niveau des doigts, des coudes (face d'extension). La face d'extension est la face qui regarde en arrière quand l'individu est debout et que les paumes des mains regardent vers l'avant. Les xanthomes sont des tumeurs bénignes constituées de tissu conjonctif (tissu de soutien) associées à des histiocytes (variété de globules blancs proches des macrophages, et ayant la capacité de digérer des particules étrangères). Les xanthomes riches en dépôts lipidiques (corps gras contenant essentiellement du cholestérol) sont habituellement de couleur jaunâtre, et forment des tâches ou des nodules (petites protubérances) sous la peau. Parfois, leur couleur tire sur le rouge ou le brun. À cela s'ajoute la présence d'opacité de forme irrégulière, centrale et superficielle de la cornée. Cette maladie est le résultat d'une thésaurismose (accumulation) s'accompagnant de dépôts de cholestérol.
Le syndrome de Mietens a été étudié par l'allemand Carl Mietens en 1966. Il s'agit d'une maladie rare se caractérisant par l'association de plusieurs malformations comprenant un nanisme (petite taille), un retard mental, une contracture des coudes entraînant une flexion de ceux-ci, des opacités de la cornée et un nystagmus. Le terme nystagmus désigne la suite de mouvements saccadés et rapides des yeux, indépendants de la volonté, traduisant le plus souvent une affection des centres nerveux.
Le signe de Pastia, décrit par le roumain Constantin Pastia, né en 1883, désigne l'apparition de taches de purpura caractérisées par leur alignement sous forme de traits, siégeant au niveau du pli du coude. Ce signe apparaît lors de l'éruption de la scarlatine.