Anesthésie (généralités)
- Anglais : anaesthesia, en américain anesthesia.
- Terme issu du Grec : an : privatif, et aïsthêsis : sensibilité.
Définition
Pour Littré, il s'agit de la privation générale ou partielle de la faculté de sentir.
Une définition plus précise stipule que l'anesthésie peut entraîner la suspension plus ou moins complète non seulement de la sensibilité générale mais aussi de celle d'un organe ou seulement d'une partie du corps.
L'anesthésie peut avoir différentes origines et être soit provoquée par l'utilisation d'un agent anesthésique (médicament) soit secondaire à une pathologie (affection neurologique).
Parmi les anesthésies d'origine pathologiques, on distingue (liste non exhaustive) :
Les anesthésies psychiques consistant en une perte de l'affectivité ou de la sensibilité à la joie ou à la peine
Les anesthésies en selle ou syndrome de la queue de cheval. Ce syndrome regroupe un ensemble de symptômes dus à la compression des nerfs constituant la queue de cheval. La queue de cheval est la partie terminale de la moelle épinière constituée des trois dernières racines lombaires, c'est-à-dire des nerfs sacrés et coccygiens qui descendent en paquet sous la partie terminale de la moelle épinière située dans le canal vertébral à l'intérieur de la colonne vertébrale. Les racines nerveuses sont la première partie d'un nerf sortant de la colonne vertébrale. Anatomiquement, ces racines nerveuses apparaissent au niveau des trois dernières vertèbres lombaires, des vertèbres sacrées et des vertèbres coccygiennes. Elles sont à peu près verticales et se prolongent dans le canal rachidien lombaire avant de se séparer pour sortir de la colonne vertébrale entre les vertèbres.
Les neuropathies sont les complications touchant le système nerveux. Elles se traduisent essentiellement par la polynévrite (inflammation des nerfs) touchant surtout les membres inférieurs. Elles se déclarent par des paresthésies (troubles de la sensibilité avec petite anesthésie), et des dysesthésies (impression palpatoire anormale des choses), qui sont parfois douloureuses. Le médecin trouvera des réflexes modifiés et une atteinte des systèmes nerveux, génital et urinaire, mais également du tube digestif et du cœur, pouvant être à l'origine de l'augmentation de la mortalité. D'après une étude appelée la DCCT, un bon équilibre glycémique permet de réduire de 60 % la survenue d'une neuropathie clinique (maladie touchant le système nerveux).
L'anesthésie tactile est une perte ou une altération du tact.
L'anesthésie thermique consiste en une perte de la sensibilité au froid ou à la chaleur.
Les paresthésies ne sont pas à proprement parler des anesthésies mais sont des troubles de la sensibilité, désagréables et non douloureux, donnant l'impression de palper du coton, et pouvant s'accompagner d'une anesthésie (disparition plus ou moins importante de la sensibilité). Le terme généralement employé est fourmillement. Les paresthésies surviennent soit spontanément soit après l'atteinte d'un nerf ou d'un vaisseau sanguin. L'altération de la circulation sanguine est due à la détérioration de la paroi des vaisseaux ou à la compression, souvent transitoire, d'un membre.
Les paresthésies peuvent également être le résultat d'une pathologie plus lourde :
Le diabète : élévation anormale du taux de sucre dans le sang.
sclérose en plaques : maladie démyélinisante, c'est-à-dire entraînant la disparition de la myéline qui est la substance lipidique entourant les fibres nerveuses du système nerveux central (cerveau et moelle épinière), se traduisant par une sclérose (durcissement) due au dépôt anormal d'un type de tissu appelé tissu conjonctif, apparaissant sous forme de plaques au niveau de la substance blanche.
La polynévrite : atteinte du système nerveux entraînant une dégradation de la myéline du système nerveux périphérique (système nerveux excepté le cerveau et la moelle épinière). La polynévrite a diverses origines : intoxication par des produits industriels, carence en vitamines du groupe B , hérédité, diabète.
Le syndrome du canal carpien : engourdissement des doigts essentiellement la nuit ou le matin au réveil. Il est dû à la compression d'un nerf du bras ou d'un nerf médian, qui s'effectue au niveau du canal carpien, c'est-à-dire dans le poignet, et pouvant entraîner une paralysie des doigts.
Le défilé des scalènes : compression des nerfs et des vaisseaux dans un passage délimité par les muscles scalènes (muscles situés à la face latérale du cou) dont l'attache trop large (insertion du muscle) sur la côte entraîne la compression du plexus brachial (groupe de nerfs allant dans le bras).