Leucodystrophie (généralités)
Définition
Les leucodystrophies sont des maladies rares, dont 30 % des cas ne sont pas encore déterminées. Elles ne sont pas toujours faciles à identifier (diagnostic). Ces pathologies se caractérisent par des anomalies de la substance blanche.
Les scléroses cérébrales diffuses ou leucodystrophies cérébrales progressives appartiennent à un ensemble de maladies de type dégénératif concernant le cerveau et se caractérisant par une démyélinisation diffuse à laquelle fait suite une modification de la glie (substance liant les neurones entre eux).
Les sphingolipides sont des lipides c'est-à-dire des corps gras complexes qui comprennent une molécule de la famille des alcools. Ces substances sont particulièrement abondantes à l'intérieur du système nerveux.
La sphingomyéline quant à elle se rencontre à l'intérieur de la gaine de myéline qui entoure les fibres nerveuses. Il s'agit d'un sphingolipide.
Une sphingolipidose est une maladie héréditaire qui se caractérise par un déficit en plusieurs enzymes utiles à la dégradation des sphingolipides, ce qui entraîne une accumulation de ceux-ci à l'intérieur du système nerveux.
Il existe un grand nombre de sphingolipidose. Citons par exemple la maladie de Tay-Sachs, de Niemann-Pick.
Généralement les sphingolipidose se transmettent selon un mode autosomique c'est-à-dire par des chromosomes non sexuels et récessif (il est nécessaire que les deux parents portent l'anomalie génétique pour que la descendance présente l'affection).
Globalement les troubles neurologiques, des patients atteints de sphingolipidose, sont avant tout des déficits de la motricité, un retard mental et des convulsions.
Les scléroses cérébrales diffuses appelées également leucodystrophies cérébrales progressive appartiennent à un groupe de maladies de type dégénératif concernant le cerveau et se caractérisant par une destruction progressive de la myéline (couche de graisses situées en périphérie des nerfs ayant) de manière diffuse qui est suivie par une réaction gliale (intervention des cellules de soutien des neurones). Il s'agit d'affections qui se caractérisent par l'apparition de symptômes diverses et par une augmentation du nombre des cellules et des protéines à l'intérieur du liquide céphalo-rachidien.
L'adrénoleucodystrophie de l'adolescent ou de l'adulte jeune est une pathologie neurologique survenant entre l'âge de 20 ans et de 30 ans. Elle se caractérise par une atteinte des parties bien précises de la moelle épinière : les cordons antérieurs et postérieurs. Le patient atteint présente des paraparésies spastiques progressives (paralysie légère de la moitié inférieure du corps avec spasmes). À ceci s'associe une insuffisance de sécrétion des hormones corticosurrénaliennes se traduisant quelquefois par l'apparition d'un hypogonadisme (insuffisance de développement des testicules ou des ovaires).
Les analyses mettent en évidence une élimination urinaire augmentée d'acide gras saturés c22 et c26.
Si l'on examine (histologie), à l'aide du microscope électronique, les tissus du système nerveux qui sont prélevés grâce à une biopsie, on constate la présence de d'inclusions (éléments contenus dans les cellules) lamellaire cytoplasmique à l'intérieur des cellules de Schwann.
Les examens complémentaires et plus précisément l'I.R.M. montrent des zones de démyélinisation au niveau du cerveau.
Le traitement consiste à restreindre l'absorption des acides gras constitués de très longues chaînes.
Certains spécialistes en neurologie ont proposé, pour traiter l'adrénoleucodystrophie de l'adolescent ou de l'adulte jeune, l'utilisation des statines (médicament ayant pour but de faire baisser le taux de certaine graisse dans le sang) de façon à réduire l'accumulation des acides gras. La surveillance de la créatine phosphokinase étant bien entendue effectuer régulièrement pour mettre évidence d'éventuels effets secondaires de cette molécule, sur les muscles.
L'adrénoleucodystrophie de l'enfant apparaît avant l'âge de 10 ans et se caractérise par une dégénérescence du cerveau dont l'évolution est grave et qui, sans traitement conduit l'enfant vers un état végétatif (ce sont uniquement les fonctions automatiques de l'organisme qui continuent à marche). Le diagnostic avant la naissance (anténatal) est possible en pratiquant un prélèvement au niveau de l'amnios (amniocentèse) ou un prélèvement du trophoblaste.
La cause de cette maladie serait en relation avec l'absence de peroxisomes hépatiques susceptibles d'être responsables de l'oxydation (fixation d'oxygène) des acides gras un très longue chaîne. Les peroxisomes sont des structures de la cellule de l'organisme qui permette à un individu de se débarrasser des substances toxiques.
Les femmes hétérozygotes présentent, quand on effectue des analyses sanguines, un taux élevé d'acides gras ayant la caractéristique de posséder de très longues chaînes. Le terme hétérozygote désigne un sujet possédant dans ses chromosomes, des gènes différents de la même paire de chromosomes.
L'adrénoleucodystrophie constitue une des causes d'insuffisance surrénales (insuffisance de sécrétion des hormones surrénaliennes) chez l'enfant de moins de trois ans.
Le traitement proposé pour l'adrénoleucodystrophie de l'enfant est essentiellement la greffe de moelle osseuse qui semble apporter quelques résultats encourageants.
L'adrénoleucodystrophie, appelée également adrénomyéloneuropathie, maladie de Siemerling-Creutzfeldt est une affection de nature héréditaire qui se transmet selon le mode récessif lié au sexe (il est nécessaire que les deux parents portent l'anomalie génétique sur des chromosomes sexuels pour transmettre la maladie). Cette affection est liée à des mutations du gène ALD (locus Xq28). La maladie de Siemerling-Creutzfeldt se caractérise par une destruction progressive de la myéline du système nerveux et une insuffisance de sécrétion des hormones corticosurrénaliennes. Ce processus fait suite à l'accumulation d'acides gras saturés constitués de très longues chaînes à l'intérieur du système nerveux et des glandes surrénales.
La maladie de Schilder, appelée également sclérose cérébrale centrolobaire ou encéphalite périaxiale diffuse, est une pathologie qui apparaît vers l'âge de trois à cinq ans et qui se manifeste par des troubles cognitifs à type d'arriération mentale, quelquefois une démence associée à une hémianopsie (diminution ou perte de la vue concernant une moitié du champ visuel) homonyme. Le terme homonyme désigne du même côté, autrement dit se situant tous deux à droite ou à gauche du plan médian (passant par le milieu de l'organisme). Cette hémianopsie, appelée également hémianopie ou hémiopie, est susceptible d'aboutir à une cécité corticale, une aphasie (altération du langage) une hémiplégie (paralysie de la moitié du corps) et des signes d'insuffisance de fonctionnement de la glande corticosurrénale. L'évolution est péjorative et se fait, chez quelques patients, vers le décès, avant la puberté. La cécité corticale (en anglais cortical blindness) est une perte de la vue due à une lésion des lobes cérébraux occipitaux (partie du cerveau située en arrière) sans atteinte du globe oculaire proprement dit.
La sclérose concentrique de Baló, appelée également leucoencéphalite périaxiale concentrique est une maladie voisine de la maladie de Schilder mais se caractérisant par l'apparition d'une démyélinisation s'organisant en foyer concentrique dans lequel les fibres qui perdent leur myéline alternent avec des fibres ne présentant aucune lésion. Il s'agit de zones localisées à l'intérieur de la substance blanche du cerveau. Le patient présente des symptômes qui sont directement dépendants de la zone où se trouvent les lésions. L'évolution est variable selon les patients. En effet, elle peut être rapide (quelques semaines) ou plus lente et s'étaler alors sur deux à trois ans.
La maladie de Leigh, ou encéphalomyélopathie nécrosante subaiguë, est une maladie héréditaire qui débute dans l'enfance. Cette affection neurologique concerne parfois également l'adolescent. Les premiers symptômes sont une diminution de la tonicité musculaire puis des contractions musculaires surviennent, associées à des mouvements anormaux des yeux, un déficit intellectuel peu important, une ataxie (incoordination des mouvements). L'évolution de la maladie de Leigh est généralement péjorative. La cause de cette maladie est une nécrose c'est-à-dire une destruction bilatérale (des deux côtés) des noyaux gris (masses de substance grise noyées dans la substance blanche) de la base et du tronc cérébral associée à une augmentation de volume des cellules de soutien des neurones (la glie) et des vaisseaux.
La maladie de Pelizaeus-Merzbacher appelée également sclérose familiale centrolobaire est une pathologie neurologique qui se caractérise par une démyélinisation qui survient progressivement et qui concerne la substance blanche du cerveau. Les premiers symptômes apparaissent quelques mois après la naissance. Il s'agit avant tout d'un tremblement de la tête associée à nystagmus c'est-à-dire des mouvements involontaires d'oscillation de faible amplitude et de rotation du globe oculaire. À cela s'associe une athétose. L'athétose se caractérise par des mouvements involontaires, lents, irréguliers, de petites amplitudes, ininterrompus, affectant tout particulièrement la tête, les membres et le cou. On constate d'autre part l'apparition de paralysie spastique concernant les membres et le tronc.
La maladie de Seitelberger appelée également dystrophie axonale infantile de Seitelberger, dystrophie neuroaxonale infantile de Seitelberger, idiotie spastique amaurotique axonale, est une affection de nature héréditaire et autosomique récessive (il est nécessaire que les deux parents portent l'anomalie génétique pour que la descendance présente la maladie). Cette pathologie neurologique qui est une variété rare de sphingolipidose se caractérise par une démyélinisation qui survient progressivement et précocement. Maladie de Seitelberger se caractérise par une surcharge lipoglycoprotéique (association de lipides de glucides et de protéines) prédominant sur l'axone des cellules nerveuses. Le patient présente des signes neurologiques à partir de l'âge de six mois. Il s'agit avant tout d'une diminution du tonus musculaire s'accompagnant de spasmes musculaires de strabisme et d'arriération mentale. Les autres signes sont une épilepsie, des myoclonies (contractions musculaires brutales et involontaires), des signes d'atteinte du bulbe rachidien, un nystagmus, une détérioration mentale importante et une cécité visuelle.
Il s'agit d'une leucodystrophie soudanophile (en anglais sudanophilic leucodystrophy) se caractérisant par la présence, à l'intérieur des zones de démyélinisation, de corps gras ayant la propriété de se colorer par le soudan.
La maladie d'Alexander ou leucodystrophie démyélinisante est également une affection héréditaire se caractérisant par la présence de corps (éosinophiles) à l'intérieur des astrocytes du cerveau. Les astrocytes sont en quelque sorte les cellules de soutien (la glie) des neurones. Ces corps éosinophiles présents dans les astrocytes portent le nom de fibres de Rosenthal. Les patients présentent d'autre part une démyélinisation diffuse et une hydrocéphalie (présence de liquide en excès dans le cerveau). Les symptômes sont des troubles cognitifs à type d'arriération mentale associés à des convulsions et des spasmes des muscles.
La maladie de Krabbe ou leucodystrophie globoïde est une affection neurologique qui commence vers l'âge de six mois environ. Les premiers symptômes sont une rigidité d'apparition progressive concernant les membres inférieurs associée à un excès de mouvements (hyperkinésie), des convulsions et des troubles de la vision à type d'anisocorie (différence de taille entre les deux pupilles). Les autres troubles oculaires sont un strabisme et une atrophie (insuffisance de développement) des globes oculaires. Le patient présente parfois un syndrome cérébelleux.
Cette maladie est liée à la destruction de substance blanche du cerveau. L'examen microscopique montre la présence de cellules globoïdes contenant de nombreux noyaux.
La maladie de Krabbe est une maladie génétique due à un déficit congénital en un type particulier d'enzyme : la galactocérébrosidase, ce qui aboutit à une accumulation de galactosylcéramide à l'intérieur du système nerveux.
Le traitement nécessite une greffe de cellules souches hématopoïétiques (de sang) ce qui permet dans certains cas de rétablir le niveau de galactocérébrosidase et d'améliorer les symptômes que le patient présente.
La maladie de Canavan ou dégénérescence spongieuse du névraxe, maladie de von Bogaert-Bertrand, est une maladie héréditaire autosomique récessive (il est nécessaire que les deux parents portent l'anomalie génétique pour que la descendance présente l'affection).
Cette pathologie neurologique est le résultat de mutation génétique portant sur le gène ACY2 (locus 17pter-p13). Elle est due à une diminution d'une certaine quantité d'enzymes dans l'organisme : l'aspartoacyclase. Ceci aboutit à une dégénérescence de type spongieux du tissu composant le cerveau et à une démyélinisation diffuse également. Cette affection neurologique concerne le nouveau-né et débute par l'apparition de troubles de la motricité associés à des spasmes musculaires et à une hydrocéphalie (excès de liquide dans le cerveau). Le bébé présente par ailleurs des convulsions et des troubles de la vue. L'évolution est péjorative en 18 mois.
Le diagnostic prénatal (effectué à la naissance) grâce a l'amniocentèse et à la choriocentèse est possible. Enfin, l'analyse ADN est un examen récent qui permet d'identifier les individus porteurs sains (ne présentant pas la maladie mais susceptibles de la transmettre).
Le terme sphingolipidose désigne une maladie liée à un dérèglement de fonctionnement des enzymes et qui est dû à une surcharge de l'organisme en sphingolipides. Les sphingolipidoses sont des lipoïdoses c'est-à-dire la pénétration des cellules d'un organe ou de celles d'un tissu par certaines variétés de corps gras comme les cérébrosides, les phosphatides mais également le cholestérol. Elles comprennent tout d'abord des maladies survenant à cause d'une surcharge en phosphosphingosides (on parle dans ce cas de sphingolipidose à sphingomyéline) c'est le cas entre autres la maladie de Niemann-Pick. Les autres sphingolipidoses sont celles à glycosphingosides se caractérisant par une surcharge en sulfatides comme c'est le cas pour la maladie de Scholz-Greenfield, ou bien par une surcharge en céramidoglucose comme c'est le cas pour la maladie de Gaucher et de Krabbe entrant dans le cadre des sphingolipidose à cérébrosides. Dans certains cas il s'agit d'une surcharge en céramido-trihexoside pour la maladie de Fabry par exemple. Certains patients présentent d'autre part des surcharges en gangliosides (sphingolipidose à gangliosides) caractérisant la gangliosidose.