Lombalgie ou lumbago

Définition 

Une lombalgie est un terme médical, désignant des douleurs en bas du dos et plus précisément au niveau des lombaires.

Classification 

On distingue :

  • Les lombalgies rachidiennes qui sont d'origine inflammatoire, ou mécanique.
  • Les lombalgies d'origine viscérale, pouvant toucher :
    • Le rein.
    • L'appareil génital.
    • L'aorte.
    • L'appareil urinaire.
    • Les méninges entourant la moelle épinière.

Les lombalgies d'origine inflammatoire ou mécanique :

  • La lombalgie commune fait généralement suite à un soulèvement de poids,et cède quelquefois spontanément après une nuit de repos. Ce type de lombalgie nécessitera la prise de précaution lors d'efforts exercés avec le rachis. Parfois, la lombalgie commune rentre dans le cadre d'une lombalgie chronique, faisant suite à une inflammation secondaire à de l'arthrose rachidienne, lors de laquelle les mouvements en torsion sont contre-indiqués.
  • L'arthrose vertébrale entraîne des douleurs souvent aggravées par la fatigue, et évoluant par poussées entrecoupées de rémissions plus ou moins longues. Généralement, à l'examen médical, la colonne vertébrale apparaît en hyperlordose, c'est-à-dire que la courbure lombaire est accentuée, comme si le ventre était propulsé en avant. C'est la radiographie du rachis lombaire, qui permet de confirmer le diagnostic de ce type arthrose. Parfois, l'image radiologique montre une arthrose très évoluée, sans qu'il y ait de relations directes avec l'intensité douloureuse ressentie par le patient.
  • L'hyperostose vertébrale ankylosante, cette maladie, appelée également syndrome de Foresters Rotès Quérol ou encore hyperostose vertébrale engainante ou mélorhéostose vertébrale, s'observe surtout après 60 - 70 ans chez des sujets obèses atteints de maladie vasculaire, parfois avec du diabète et une augmentation du taux d'acide urique dans le sang (hyperuricémie). La radiologie montre la présence de ce que l'on appelle des ostéophytes énormes dans la région située entre les lombaires et le sacrum, ainsi que dans les articulations sacro-iliaques (articulations situées entre le sacrum et les ailes iliaques). Le traitement médical de la hernie discale consiste à demander au patient de se reposer, au moment de la phase aiguë essentiellement. Son utilité et sa durée ont fait l'objet de travaux concernant essentiellement la lombalgie aiguë, et les résultats observés sont contradictoires. La phase suivante du traitement de la hernie discale consiste en l'administration, soit simultanément, soit de façon isolée, de médicaments appelés myorelaxants, c'est-à-dire susceptibles d'entraîner un relâchement musculaire. Généralement, ces médicaments ne procurent pas les résultats espérés. Certains myorelaxants sont des dérivés des benzodiazépines (comme le valium) qui ont l'avantage, en dehors de leur effet sur les muScles, de procurer une sédation et une baisse de l'anxiété qui sont généralement bénéfiques lors des lombosciatiques. Mais il est très important de prévenir le patient des effets sédatifs de ces médicaments. C'est pour cette raison, que le praticien se tourne vers les anti-inflammatoires non stéroïdiens (médicaments ne contenant pas de cortisone) comme l'aspirine qui, en même temps, possède une action anti-douleur. Il existe bien entendu d'autres médicaments anti-inflammatoires que l'aspirine (voir texte sur les anti-inflammatoires). Dans l'escalade thérapeutique, viennent ensuite les anti-inflammatoires de nature corticostéroïdienne, c'est-à-dire contenant des dérivés à base de cortisone. Ceux-ci sont généralement prescrits d'abord par voie orale (sous forme de comprimés voire de gouttes buvables), puis progressivement par injection soit intramusculaire, soit directement dans l'articulation (de plus en plus rarement d'ailleurs).

D'autres techniques sont utilisées en cas, soit d'aggravation de la douleur, soit de persistance de celle-ci :

  • Les orthèses lombaires, sont envisagées généralement au bout de 15 à 20 jours de traitement médicamenteux sans résultat. Il s'agit d'une contention lombaire rigide proposée généralement pour une période de quatre à six semaines. Ces coques sont maintenant en résine, et ne sont pas toujours bien supportées par le patient même si différents artifices pour faciliter leur utilisation ont été mis en place (fermeture avec velcro).
  • Les lombostats plâtrés ont quelques avantages par rapport aux résines. En effet, ils peuvent être adaptés et ajustés à mesure de l'évolution de la position qu'adopte le patient pour avoir moins mal (attitude antalgique).
  • Les infiltrations ont pour but d'obtenir une diminution de l'inflammation et de la souffrance de la racine nerveuse qui semble irritée soit par la hernie discale, soit par l'œdème présent à la sortie des nerfs rachidiens de la colonne vertébrale. Si la décision est prise d'effectuer une infiltration, la technique pour effectuer celle-ci, doit se faire dans les règles d'asepsie stricte et par un manipulateur expérimenté. Il faut d'autre part, que le patient ne présente pas d'infection cutanée locale, ou même à distance. Les produits les plus couramment utilisés sont des dérivés de la cortisone, le rythme des séances varie suivant le praticien. Certains médecins préfèrent d'ailleurs hospitaliser leurs malades, pour pouvoir effectuer les infiltrations à un rythme soutenu de trois par semaine dans de bonnes conditions. D'autres traitements locaux sont proposés comme par exemple des infiltrations s'effectuant à proximité de la sortie de la racine nerveuse de la colonne vertébrale. Les infiltrations selon la méthode de Lucherini semble occasionner quelques problèmes, nous n'en parlerons pas donc. Enfin, pour en finir avec les infiltrations, il est possible de tenter une injection à l'intérieur des articulations même des vertèbres, en s'aidant pour cela de la radiologie qui permet le repérage du lieu où sera déposé le produit.
  • Les indications chirurgicales se font en présence d'une affection appelée syndrome de la queue de cheval, qui regroupe un ensemble de symptômes dus à la compression des nerfs constituant la queue de cheval.Cette dernière étant la partie terminale de la moelle épinière constituée des trois dernières racines lombaires, c'est-à-dire des nerfs sacrés et coccygiens, qui descendent en paquet sous la partie terminale de la moelle épinière, située dans le canal vertébral à l'intérieur de la colonne vertébrale. Les racines nerveuses sont la première partie d'un nerf sortant de la colonne vertébrale. Anatomiquement, ces racines nerveuses apparaissent au niveau des trois dernières vertèbres lombaires, des vertèbres sacrées et des vertèbres coccygiennes. Ces racines sont à peu près verticales ; elles entourent l'extrémité inférieure de la moelle, puis se prolongent dans le canal rachidien lombaire avant de se séparer pour sortir de la colonne vertébrale entre les vertèbres.
  • La compression à cet endroit de l'organisme provoque ce que l'on appelle le syndrome de la queue de cheval. Une hernie discale située entre deux vertèbres lombaires, généralement la 4ème et la 5ème lombaire (L5), une tumeur nerveuse, un épendymome, un canal rétréci, ou une arthrose, sont susceptibles d'entraîner ce syndrome. L'épendymome est une tumeur qui se développe à partir des cellules constituant l'épendyme. Ce dernier est un canal étroit, situé au milieu de la moelle épinière et transportant le liquide céphalo-rachidien à partir des ventricules cérébraux (voir cerveau).
  • La compression des racines nerveuses constituant la queue de cheval entraîne une paraplégie périphérique, c'est-à-dire la paralysie des membres inférieurs (une paraplégie est une paralysie des deux membres (supérieurs ou inférieurs). Cette paraplégie est caractérisée par une diminution du tonus musculaire des membres, une atrophie des muscles (fonte des muscles), et une abolition des réflexes. Le malade se plaint alors de douleurs qui irradient (se propagent) dans la région lombaire, le périnée (région comprise entre l'anus et les parties génitales), d'une abolition des réflexes, mais également d'une insensibilité de la peau du périnée, des organes génitaux et du haut des cuisses. On observe par ailleurs une impuissance traduisant une atteinte des organes génitaux, et des troubles des sphincters. Un sphincter est un ensemble de fibres musculaires de nature lisse ou striée, qui contrôle l'ouverture d'un orifice naturel comme l'anus. Ces troubles sphinctériens, se traduisent par une incontinence (impossibilité de retenir les excréments et/ou les urines), ou au contraire une rétention d'urine. D'autre part, le syndrome de la queue de cheval peut également entraîner des troubles trophiques, c'est-à-dire une dégénérescence précoce des muscles, une cyanose et des œdèmesLe diagnostic se fait grâce à une ponction lombaire (ponction de liquide céphalo-rachidien), qui s'effectue en introduisant une aiguille au niveau des vertèbres lombaires sous la surveillance d'un scanner, ou d'un IRM. Parfois, il est nécessaire de faire passer au patient un examen appelé la myélographie, qui consiste en la prise d'images radiologiques de la moelle épinière après utilisation d'un produit de contraste permettant de visualiser celle-ci. Le syndrome de la queue de cheval nécessite une intervention en urgence, qui permettra de pratiquer la décompression en effectuant l'ablation de la hernie discale (ou de la tumeur). Dans le cas contraire, ce syndrome risque de devenir rapidement irréversible, parfois même en quelques heures. En dehors de ces indications particulières, et seulement après échec du traitement médical observé sur une longue période d'au moins six semaines à deux mois d'évolution, trois techniques chirurgicales sont proposées aux patients. Le but de ces techniques est de réduire la compression qui s'exerce par l'intermédiaire du disque sur la racine en traitant directement la hernie discale supposée en être la cause. Avant d'envisager une telle opération, il est nécessaire d'effectuer une série de clichés radiologiques, en utilisant les moyens modernes mis à notre disposition comme la tomodensitométrie (scanner) ou l'imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM) lombaire, qui aideront pour la prise de la décision thérapeutique. Ces deux examens, en outre, permettent de mettre en évidence la hernie discale, mais surtout de la caractériser en ce qui concerne son volume et les répercussions qu'elle peut entraîner sur le plan de la douleur. Ces examens permettent également de mettre en évidence une éventuelle participation d'autres composants anatomiques. Enfin, après avoir prévenu le patient, et s'être assuré des compétences techniques de l'équipe chirurgicale, il est possible d'envisager l'intervention.
  • La nucléolyse est la technique chirurgicale de référence. Elle a pour but de dégrader le nucleus pulposus en utilisant des enzymes : cette destruction est obtenue par hydrolyse des protéoglycanes, ou mupolysaccharides. La nucléolyse se fait au moyen d'une injection effectuée à l'intérieur du disque lui-même, en étant guidé par la radiographie. Le produit utilisé est de la chymopapaïne. Il existe cependant quelques contre-indications qui sont les suivantes :
    • Grossesse.
    • Hernie discale calcifiée (durcie par un dépôt de calcium).
    • Hernie discale exclue.
    • Urgence chirurgicale.
    • Sténose canalaire (diminution du diamètre où passe la moelle épinière).
    • Allergie à la cocaïne.
    • Antécédents de nucléolyse.
    • Cette opération nécessite une hospitalisation de 2 à 3 jours. On estime actuellement le pourcentage de bons, voire de très bons résultats à environ 75 %. Pour certains patients, ceux-ci ce ne sont obtenus qu'au bout d'1 mois à peu près.
    • La nucléolyse est pratiquée par un rhumatologue ou un radiologue. Il s'agit d'injecter la papaïne par voie postéro-latérale, c'est-à-dire en arrière de la colonne vertébrale et sur le côté. L'intervention dure environ une vingtaine de minutes, et le patient est sous anesthésie légère, et non pas générale. Pour cela, l'utilisation de médicaments à base de neuroleptiques permet au patient de rester couché sur le côté. On considère la nucléolyse comme un échec lorsqu'un mois après l'intervention, aucun signe de rémission n'a été observé.
  • Les complications post-opératoires, les plus courantes sont :
    • Infectieuses.
    • Thromboemboliques (oblitération d'un vaisseau par un caillot de sang provoquant une thrombose).
    • Neurologiques avec entre autres une accentuation de la douleur ou des problèmes de paresthésies (troubles de la sensibilité ou anesthésie légère).
    • Recrudescence du tableau douloureux après l'intervention.
  • La nucléotomie percutanée, il s'agit d'une exérèse, c'est-à-dire d'une ablation chirurgicale du nucleus pulposus, mais sans l'utilisation d'enzymes comme dans la nucléolyseLe traitement chirurgical proprement dit, se fait sous anesthésie générale. Il s'agit de faire une excision du disque, parfois accompagnée d'un grattage de fragments osseux quand il existe une sténose canalaire, c'est-à-dire une étroitesse du canal dans lequel se trouve la moelle épinière. Parfois, il existe une arthrose des articulations interapophysaires postérieures, c'est-à-dire des articulations situées en arrière de la colonne vertébrale de chaque côté de celle-ci, entraînant une inflammation de ces articulations à l'origine d'une souffrance du patient atteint de lombosciatiqueL'intervention qui consiste en l'ablation de la hernie discale nécessite une hospitalisation de cinq jours environ. Ici aussi, il existe quelques complications du même type que celles observées lors de la nucléolyse, c'est-à-dire infectieuses, neurologiques et thromboemboliques. Les résultats de cette chirurgie sont de 15 à 20 % supérieurs à ceux obtenus par la nucléolyse à la chymopapaïne. Ici également, l'indication doit être mûrement réfléchie. En conclusion, il faut insister sur le fait que les techniques chirurgicales précédemment décrites, ne doivent être employées qu'en dernier recours, après avoir essayé l'utilisation des antalgiques avec le repos, les manipulations vertébrales douces, entre des mains expertes, éventuellement des infiltrations de dérivés cortisonés, puis une tentative de destruction du nucleus pulposus par différentes techniques, et enfin le traitement chirurgical visant à libérer une pseudo hernie susceptible de comprimer une racine nerveuse à l'origine de douleurs dans les territoires observés. 
  • La spondylarthrite ankylosante constitue des lombalgies que l'on qualifie de tenaces, surtout chez les individus jeunes. L'examen médical remarque une colonne rigide manquant de souplesse, s'accompagnant de contractions musculaires, de chaque côté de la colonne vertébrale avec une accentuation de la lordose lombaire, c'est-à-dire d'une aggravation du "creux du rein ". La cyphose dorsale est également aggravée (bosse dans le dos). Chez certains patients, parallèlement à la spondylarthrite ankylosante, on remarque une inflammation oculaire, et une pathologie du cœur. Ici aussi, la radiographie permet d'effectuer le diagnostic (voir syndrome de Reiter, maladie de Whippleentéropathie chronique, psoriasisspondylarthrite ankylosante).
  • Les tumeurs du rachis sont parfois à l'origine de lombalgie. Ce sont souvent des métastases après un cancer du sein, de la thyroïde ou la prostate. Plus rarement, les tumeurs du rachis sont primitives c'est-à-dire qu'elles s'installent d'emblée, sur la colonne vertébrale : ​il s'agit d'hémangiopéricytomesd'ostéomes, de chordomes, dont le point de départ est la moelle épinière. Le diagnostic se fait grâce au prélèvement osseux du corps de la vertèbre.
  • Les spondylites infectieuses sont des lombalgies secondaires à une infection des vertèbres comme :
    • Une brucellose : cette maladie, appelée également fièvre de Malte, est due à une bactérie présente chez les animaux chez qui elle peut provoquer l'avortement des femelles, et se transmettant à l'homme. Elle se caractérise par une fièvre ondulante et des atteintes articulaires.
    • Une syphilis.
    • Une fièvre typhoïde : il s'agit d'une maladie caractérisée par une température élevée secondaire à une septicémie, associée à des signes neurologiques comme un état de stupeur (tuphos), et à de graves troubles digestifs. La contamination de cette maladie se fait par ingestion d'aliments pollués. L'intérêt de la vaccination (T.A.B.), qui a considérablement fait régresser la typhoïde, n'est plus discuté.
    • Une actinomycose (infection des muqueuses très rare et très grave).
    • Une tuberculose.
  • Un spondylolisthésis, il s'agit d'un glissement vers l'avant de la cinquième vertèbre lombaire, par rapport au sacrum situé en dessous d'elle. Le spondylolisthésis est secondaire à une anomalie congénitale ou traumatique de la partie arrière de la cinquième vertèbre lombaire, pouvant se voir sur un cliché radiographique fait de profil. Généralement, à l'examen clinique du patient, il apparaît une dépression située au niveau de la cinquième vertèbre lombaire traduisant la présence d'un spondylolisthésis. D'autre part, quand le malade effectue une flexion (c'est-à-dire se penche en avant), une saillie en forme de marche d'escalier apparaît.
  • L'ostéoporose vertébrale se voit plus fréquemment chez une femme après sa ménopause, mais touche également les personnes âgées. Ici également, la radiographie permet de porter le diagnostic.
  • La maladie de Lyme est secondaire à une piqûre de tique, et entraîne parfois une inflammation des méninges, et des racines nerveuses s'accompagnant de douleurs.
  • La maladie de Baastrup correspond à une une arthrose située entre les apophyses épineuses, c'est-à-dire les saillies osseuses que l'on voit pointer sous la peau au niveau de la colonne vertébrale. Elle provoque des douleurs réveillées par la mobilisation du rachis, et en particulier son extension, c'est-à-dire quand on demande au patient de se pencher en arrière. La palpation de ces épineuses (en effectuant une pression dessus), entraîne également la douleur de celle-ci. La radiographie, qui montre une transformation de ces apophyses, fait le diagnostic.
  • Les nodules graisseux sous-cutanés pourraient, selon certains auteurs, entraîner des lombalgies relativement violentes. Il faut savoir y penser quand aucune étiologie (origine) n'est retrouvée face à une lombalgie récidivante ou traînante.
  • La paniculose ou cellulite consiste en des douleurs secondaires à la manipulation de la peau quand celle-ci est pincée ou pétrie. Cette affection provoque des douleurs violentes et entraîne l'apparition de pores dilatés, faisant ressembler la peau à une écorce d'orange.

Les lombalgies d'origine viscérale :

  • Les lombalgies d'origine urogénitale, peuvent être secondaires à un calcul rénal, à une dilatation des cavités du rein, à une infection, à une tumeur ou à une inflammation de la prostate ou des reins.
  • Un problème abdominal ou neurologique (compression de la moelle, syndrome de la queue de cheval), est susceptible d'entraîner une lombalgie chronique.
  • Les troubles névrotiques seraient, pour certains, à l'origine de lombalgies chez des individus qualifiés de protéiformes (changeants).
  • Les ostéophytes (appelés également bec de perroquet) sont des productions osseuses anormales, naissant à partir de l'os sain. Ces ostéophytes peuvent également être présents au niveau du talon, du bassin, des hanches, des genoux et du calcanéum. Ils peuvent également entourer complètement le disque situé entre les vertèbres (disque intervertébral) et constituer des liaisons entre les vertèbres donnant parfois des images que l'on appelle en flammes de bougies, ou encore de rhinocéros. Ici encore, il n'y a pas de rapports entre l'importance de ces ostéophytes constatés à la radiologie, et la douleur supportée par le patient.
  • Le syndrome du canal lombaire étroit est un rétrécissement occasionné par les ostéophytes dont nous avons parlé ci-dessus. Généralement, ce syndrome survient sur un canal qui est rétréci de façon congénitale. Ce syndrome se traduit par des douleurs qui irradient dans les jambes pendant la marche. Il n'a rien à voir avec la sciatique : pour cette raison, on parle de douleurs pseudo-sciatalgiques qui cessent au repos. On parle également de claudication intermittente médullaire, qui entraîne, si le patient insiste lors de sa marche, une faiblesse des jambes qui se dérobent. Le scanner et la saccoradiculographie (radiographie avec préparation visualisant la déformation s'exerçant sur le nerf et entraînant les signes douloureux) permettent de faire le diagnostic, et autorisent à pratiquer une intervention chirurgicale en vue de libérer et de décompresser la partie de la moelle épinière prise en étau par le processus expansif osseux.
  • La hernie discale survient généralement comme une sensation de blessure dans le dos, secondaire à un effort. La douleur est souvent très violente et empêche le patient de faire le moindre mouvement. Généralement, aucune position ne permet au malade de se soulager, celui-ci nécessite des anti-inflammatoires à haute dose, mais ceux-ci ne sont pas toujours suffisants pour diminuer sa souffrance. Le moindre changement de position réveille la douleur qui irradie classiquement dans le territoire du nerf sciatique, c'est-à-dire au niveau de la face latérale extérieure de la jambe, et parfois jusqu'au-dessus du coup de pied. La grande majorité des patients présentant une hernie discale diagnostiquée avec l'aide du scanner ou de l'IRM, ne présentent pas de symptômes douloureux suffisants pour leur interdire une vie normale. D'autres souffrent de douleurs classiques, représentées par ce que l'on appelle les sciatalgies, c'est-à-dire des douleurs secondaires à une irritation du nerf sciatique quel qu'en soit le niveau.
  • Quoi qu'il en soit, entre ces deux formes se situent les individus souffrant de lombosciatique, c'est-à-dire de douleurs lombaires et sciatiques à un degré plus ou moins important. Il est alors légitime de proposer à tous ces patients un traitement par manipulation vertébrale douce pour tenter dans un premier temps de libérer un blocage du rachis lombaire.

Il n'y a pas de contre-indications absolues aux manipulations vertébrales quand celles-ci sont faites dans d'excellentes conditions et avec l'entière participation du patient. La symptomatologie que présente le patient, et les images obtenues par les examens paraclinique (scanner et IRM en particulier), vont guider la technique manipulatoire. Ainsi, face à une symptomatologie douloureuse de type aiguë (c'est-à-dire accompagnée d'un blocage et empêchant le patient de bouger sa colonne vertébrale), la manipulation dite en rocking direct, semble la mieux adaptée. Cette technique consiste à placer le patient sur le côté et, à l'aide de la respiration, d'accentuer progressivement le mouvement de torsion du rachis lombaire par petites étapes. En aucun cas cette technique manipulatoire ne doit occasionner de douleurs.Confrontée à une douleur ancienne généralement non accompagnée de blocage, la technique dite de rééducation myotensive du rachis lombaire donne d'excellents résultats.

Ces deux techniques peuvent être employées dans les deux grands tableaux cliniques généralement rencontrés dans les lombosciatiques, c'est-à-dire la sciatique vraie, se traduisant par une douleur le long de la face latérale de la jambe, et la lombalgie se traduisant par une douleur au niveau du rachis lombaire. Précisons que les deux tableaux douloureux peuvent bien entendu s'intriquer.

Anatomie 

Le rachis, qui est l'autre nom de la colonne vertébrale, est une structure osseuse constituée de 33 vertèbres, qui sont superposées les unes sur les autres. Le rachis commence à la base du crâne, et s'étend jusqu'au bassin. Son rôle est de protéger la moelle épinière qui se trouve à l'intérieur, et de soutenir la tête et le tronc

  • Les 33 vertèbres constituent en fait, cinq segments rachidiens, ou si l'on préfère 5 petites colonnes vertébrales superposées les unes sur les autres.
  • La première d'entre elles, est le rachis cervical constitué de 7 vertèbres cervicales au niveau du cou.
  • Les 12 vertèbres dorsales situées derrière le thorax, forment le rachis dorsal appelé également rachis thoracique. Sur ces vertèbres viennent s'articuler les côtes constituant le thorax.
  • Les 5 vertèbres lombaires forment le rachis lombaire.
  • Les 5 vertèbres soudées du sacrum constituent le bassin (du moins sa face postérieure), et enfin les 4 vertèbres du coccyx qui elles aussi sont soudées constituent le coccyx proprement dit.

Entre chaque vertèbre (quand elles ne sont pas soudées), se trouve un disque constitué de cartilage de nature fibreuse et plutôt dense, entourant un noyau central de nature élastique, beaucoup plus mou appelé le nucleus pulposus (noyau pulpeux).

Le rôle exact des disques intervertébraux, est maintenant parfaitement connu : ils doivent remplir une fonction d'amortisseur, et de transmission, des pressions à chaque mouvement de la colonne vertébrale, et surtout lors d'un effort important.

Il faut imaginer une vertèbre constituée d'un corps en forme de cylindre, derrière lequel est soudé un anneau sur lequel il y a une pointe osseuse, appelée apophyse épineuse. De part et d'autre de cette apophyse épineuse, toujours soudées sur le même anneau, se trouvent les apophyses transverses droite et gauche.

Les vertèbres étant superposées les unes sur les autres, les anneaux dont nous venons de parler sont également empilés, constituant un canal dans lequel se trouve la moelle épinière. Ce canal est appelé le canal rachidien. De ce canal partent entre chaque vertèbre, vers la droite et vers la gauche, derrière chaque disque intervertébral, des nerfs sortant de la colonne vertébrale, et que l'on appelle plus précisément des racines nerveuses, car elles constituent le départ d'un long nerf dont la destination est un organe, un membre ou une autre partie de l'organisme. Ces racines nerveuses vont non seulement transmettre des informations parvenant de l'extérieur à destination du cerveau (nerfs sensitifs transmettant les sensations extérieures), mais également donner des ordres en provenance du cerveau aux différentes parties du corps (nerfs moteurs).

Pour que ces vertèbres soient maintenues entre elles d'une façon rigide, mais relativement élastique, permettant ainsi les différents mouvements de la colonne vertébrale, c'est-à-dire la flexion antérieure (se pencher en avant), la flexion latérale (se pencher sur les côtés), la flexion postérieure (se pencher en arrière), il faut des ligaments solides et souples à la fois qui enveloppent en avant et en arrière l'ensemble du rachis.

Bien entendu, de nombreux muscles viennent s'attacher aux vertèbres, assurant ainsi leur stabilité et permettant la mobilité du rachis.

La colonne vertébrale n'est pas rectiligne, elle possède différentes courbures :

  • Une courbure cervicale dont le creux regarde en arrière.
  • Une courbure dorsale dont le creux regarde en avant.
  • Une courbure lombaire dont le creux regarde en arrière.

L'ensemble de ces courbures dessine un S majuscule mais inversé.

Quand la douleur est située au niveau du rachis dorsal, on parle de dorsalgie. En dessous du rachis lombaire, les douleurs sont dites fessières ou sacrées.

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