La parotide (bilatérale : des deux côtés) est la glande salivaires la plus volumineuse, située derrière la branche montante de la mandibule (maxillaire inférieur), sous l'oreille. Le canal de Sténon est le canal qui permet l'évacuation des sécrétions fabriquées au niveau de cette glande. La parotide est traversée par l'artère carotide, la veine jugulaire externe et le nerf facial (qui se divise à ce niveau).
La tumeur de la parotide (du grec para : près de ous : oreille) est le plus fréquente des glandes salivaires. Ce type de tumeur correspond à environ 5 à 10 % des tumeurs concernant la tête et le cou. Environ la moitié de ces tumeurs sont malignes chez l'enfant, alors que chez l'adulte le taux de malignité est d'environ 25 %.
Liste (non exhaustive) des tumeurs de la parotide.
1) Les tumeurs bénignes dites épithéliales.
- Les adénomes pléomorphes, les plus nombreux (60 %). Quand l'adénome pléomorphe (qui touche essentiellement le sexe féminin) prend naissance à l'intérieur de la glandes il est susceptible de comprimer le nerf facial. On constate fréquemment la survenue de récidive après avoir procédé à l'énucléation (on retire la tumeur) de l'adénome pléiomorphe. On constate également une cancérisation c'est-à-dire une transformation en cellules cancéreuses dans 5 % des cas après un certain temps d'évolution (le plus souvent quelques années).
- La tumeur de Whartin (cystadénolymphome) représente environ environ 7 % 10 tumeurs de la glandes parotide. Appelée également adénolymphome cette tumeur qui concerne plus le sexe masculin et féminin, est situé à l'intérieur de la parotide, le plus souvent dans la région de l'angle mandibulaire. Elle ne récidive pas mais est susceptible de dégénérer pour donner un cancer dans environ 1 % des cas.
- L'adénome à cellules basales épithéliales (2,5 %).
- Les autres types d'adénome (3 %).
- Le papillome canalaire (1 %).
- Le papillome intracanalaire (environ 1 %).
- L'adénome sébacé canaliculaire (plus rare).
- Le cystadénome, sialoblastome, oncocytome (rares).
2) Les tumeurs malignes épithéliales comportent :
- Les carcinomes mucoépidermoïdes (45 %).
- L'adénocarcinome (12 %).
- Le carcinome adénoïde kystique, également appelé cylindrome (10 %).
- Le carcinome épidermoïde (6 %).
- Le carcinome sur adénome pléomorphe (20 %).
- L'adénome mucineux à cellules basales (rare).
3) Les lymphomes
4) Les métastases intraparotidiennes (peau, ORL, rein, poumon, prostate, estomac...).
5) Les lésions pseudo-tumorales
- La sialadénose.
- L'infarctus des glandes salivaires.
- La lésion lymphoépithéliale bénigne.
- Les kystes des glandes salivaires.
- L'augmentation de volume des ganglions lymphoïdes d'origine kystique du sida.
6) Les tumeurs non épithéliales malignes : sarcomes.
7) Les tumeurs non épithéliales bénignes
- Les tumeurs vasculaires (hémangiome, lymphangiome).
- Les tumeurs nerveuses (neurinome, neurofibrome).
- Les tumeurs conjonctives (fibromes, chondromes).
- Les lipomes.
La céphalée durable, étudiée par Penfield en 1932, sont des maux de tête (céphalées) apparaissant au niveau du front qui irradient vers la parotide et l'épaule et qui s'accompagnent d'une pâleur de la face (visage). Le patient présente d'autre part une obstruction du nez et un excès de sécrétion lacrymale (larmoiement). La guérison de la céphalée durable nécessite, dans la plupart des cas, la section de la racine ophtalmique du trijumeau. Le nerf trijumeau appelé également trijumeau est un nerf pair (des deux côtés) constituant la 5e paire crânienne qui se divise en trois branches, innervant l’œil et les deux maxillaires.
Le syndrome d'Heerfordt appelé également febris uveo-parotidea subchronica d'Heerfordt, est une affection oculaire s'accompagnant de fièvre et se caractérisant par l'association de lésions de type inflammatoire concernant l'uvée (iris, corps ciliaire et choroïde) et les glandes parotides. Les glandes lacrymales sont également concernées par ce syndrome qui rappelle la maladie de Mikulicz avec apparition de symptômes concernant le système nerveux c'est-à-dire une paralysie faciale et plus rarement une atteinte de la troisième et de la sixième paire crânienne. On constate d'autre part une légère réaction des méninges. L'évolution se fait vers la persistance des lésions des yeux. Il s'agit essentiellement de synéchies (accolements postérieures), de descemétite (atteinte des couches profondes de la cornée c'est-à-dire de la membrane de Descemet) et d'iritis (inflammation de l'iris). Ces lésions sont associées à des troubles de la vision. Il s'agit d'une uvéo parotidite faisant partie de la maladie de Besnier-Boeck-Schaumann c'est-à-dire la sarcoïdose. Cette maladie chronique de nature inflammatoire atteint plusieurs organes mais plus particulièrement le poumon. Cette pathologie dont on ne connaît pas la cause avec précision, se caractérise, sur le plan histologique c'est-à-dire quand on étudie les cellules concernées, par l'existence de granulations tuberculoïdes c'est-à-dire des lymphocytes et de phagocytes (variété particulière de globules blancs).
La pneumatocèle parotidienne appelée également pneumatocèle du canal de Sténon, en anglais blower's mouth, est une dilatation des canaux excréteurs de la parotide s'accompagnant d'une atrophie c'est-à-dire d'une diminution du volume du parenchyme glandulaire (tissu fonctionnel). Ce type de lésions s'observe essentiellement chez les souffleurs de verre.
Le terme mangy (étudié par Fontoynont en 1911) est une maladie endémique survenant sur les hauts plateaux de Madagascar, se caractérisant par l'apparition d'une inflammation de la parotide, c'est-à-dire une parotidite chronique, le plus souvent bilatéral (survenant des deux cotés). Au cours de cette pathologie stomatologique (concernant la bouche) le patient ne se plaint ni de douleur ni d'inflammation. Il semble que cette affection soit un goitre de la glandes parotide comparables au goitre de la glande thyroïde.