Tularemie

Définition 

La tularémie est une maladie infectieuse causée par une bactérie : Francisella tularensis. Il s'agit d'une zoonose, c'est-à-dire une maladie transmise depuis l'animal vers l'homme.

Généralités 

La tularémie se caractérise habituellement par une ulcération locale (petite perte de substance) de la peau, avec une adénopathie (ganglion anormalement augmenté de volume) survenant quelques jours après des symptômes généraux (douleurs musculaires, fièvre, fatigue). La transmission de Francisella tularensis se fait par contact direct (chasseur), et quelquefois indirect (piqûre d'insecte, tique). 

Le bacille à l'origine de la tularémie est un petit bacille aérobie (nécessitant de l'oxygène pour vivre et se multiplier) pléomorphe (ayant la capacité de revêtir des formes différentes dans certaines conditions, ou sous des influences déterminées), mobile, apparaissant sous la forme de spores très résistantes, et pénétrant dans l'organisme par :

  • Ingestion (par les voies digestives).
  • Inhalation (voies respiratoires).
  • Inoculation (par introduction d'un organisme).

La bactérie a été identifiée dans les glandes salivaires des tiques, et en moindre quantité dans leurs déjections. La transmission se fait par l'intermédiaire du sang transmis par la piqûre de tique, essentiellement pendant le printemps, et pendant l'été (taon également). Francisella tularensis nommée en 1974 pour souligner la contribution d'Edward Francis, semble pouvoir traverser la peau sans que celle-ci ne présente de lésion (érosion, égratignure ). Elle peut également pénétrer dans l'organisme grâce à de petites effractions cutanées provoquées par des lésions superficielles de la peau.

Épidémiologie 

La tularémie semble être géographiquement limitée à l'hémisphère Nord​, ce terme provient du nom du comté de Tulare en Californie.

La transmission de la tularémie se fait essentiellement entre animaux. L'homme contracte cette maladie après avoir été piqué par un arthropode (tique, taon) transportant la bactérie dans son sang. Très rarement, un individu peut contracter la tularémie en consommant de l'eau ou de la viande infectée, et insuffisamment cuite.
Les animaux se contaminent entre eux non pas directement, mais par l'intermédiaire d'un arthropode (comme les insectes entre autres) " consommateurs " de sang (hématophages). Ces animaux peuvent également contracter la maladie en mangeant les autres animaux (cannibalisme). Il n'a pas été décrit de contamination interhumaine (d'homme à homme).

Ce sont essentiellement les bouchers, les chasseurs, les agriculteurs, mais aussi les manipulateurs de fourrures, ainsi que le personnel de laboratoire qui sont le plus exposés à une éventuelle infection par la tularémie. La manipulation des fourrures de lapins sauvages infectés (tout particulièrement lors de l'écorchage), pendant la période estivale entraîne une contamination par contact. Celle-ci peut également se faire après manipulation des oiseaux, et d'autres animaux sur lesquels il y a des tiques ou d'autres arthropodes (taon, mouche) qui sont déjà infectés par le bacille tularensis. Il n'a pas été décrit de contamination interhumaine (d'homme à homme).

 

Classification 

On distingue plusieurs variétés de tularémie :

  • Le type ulcéro ganglionnaire représentant environ 80 % des cas et dont la lésion se localise aux mains et au doigt. Cette variété de tularémie est le plus souvent due à des morsures de tiques au niveau du crâne ou de la nuque.
  • Le type pseudo typhique correspondant à environ 1 % des cas, et dont la maladie à l'origine est une infection de l'ensemble de l'organisme s'accompagnant d'une douleur abdominale et de la fièvre. Cette forme s'accompagne généralement une évolution vers des troubles mentaux à type de délire pendant lequel le malade présente une certaine prostration. Quand le traitement n'est pas convenablement effectué (aminoside), la mortalité est proche de 30 %.
  • Le type oculo glandulaire correspondant environ à 2 % des cas, entraîne une inflammation des ganglions lymphatiques sans doute liée à l'inoculation de l'oeil par un doigt, ou une main souillée. Dans ce cas, la conjonctive de nature inflammatoire est extrêmement douloureuse, et s'accompagne de nodules (petite surélévation) de coloration jaunâtre, et des ulcérations de dimension très petites). Ce type de douleurs amène les patients à consulter avant l'apparition des ganglions, qui sont situés à proximité de l'oreille. Dans cette variété de tularémie, les patients sont susceptibles de présenter une perforation de la cornée.
  •  Le type glandulaire correspondant à 2 % des cas, et se caractérisant par la présence d'une inflammation des ganglions (régionalement) mais sans association à une lésion primaire, et le plus souvent sans ganglions pathologiques au niveau du cou.
  •  Deux types (biotypes) sont particulièrement étudiés :
    • Biotype A, secondaire à F tularensis, le plus virulent pour les humains, qui se trouve chez les lapins et les rongeurs.
    • Biotype B, Paleartica que l'on trouve spécifiquement dans l'eau et chez les animaux aquatiques, il produit généralement une infection de type ulcéreuse et ganglionnaire légère, et moins grave que la précédente.

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