voir également spondylarthrite ankylosante
Membrane tapissant l'intérieur de la capsule des articulations. Elle est constituée d'une enveloppe de nature fibreuse qui permet, avec les ligaments, de maintenir les deux surfaces articulaires en contact l'une avec l'autre.
Cette membrane est formée de replis que l'on appelle des franges, et contient un liquide qui ressemble à du blanc d'œuf, la synovie ou liquide synovial. Ce liquide synovial, transparent et filant, est sécrété par la membrane synoviale elle-même. Il sert de lubrifiant aux surfaces articulaires et facilite ainsi leur glissement lors des mouvements. La synovie est constituée d'eau, de sels minéraux et de protéines. Quand il n'existe aucune pathologie au niveau de l'articulation qui fabrique cette synovie, celle-ci ne contient pas de cellules.
On parle d'épanchement de synovie pour désigner une hydarthrose. En fait, ce terme est impropre car le liquide de ces épanchements est parfois de nature inflammatoire et peut alors contenir des cellules, comme par exemple des leucocytes nécrosés (des globules blancs morts), c'est-à-dire du pus.
L'hydarthrose (présence de liquide dans la cavité synoviale d'une articulation) se traduit à l'examen du genou par une sensation de résistance élastique au-dessus de la rotule. Le patient, quant à lui, ressent une gêne et une douleur. Quand le médecin percute la rotule en enfonçant celle-ci vers l'articulation, il ressent une sensation de choc appelée choc rotulien. Il est parfois utile et intéressant d'effectuer une ponction, avec beaucoup de précautions car il existe un risque d'infection de l'articulation. Celle-ci permet généralement de soulager le patient et de déterminer la cause de l'hydarthrose.
La ponction et l'analyse du liquide prélevé permettent de savoir si l'épanchement est inflammatoire ou non. Cette distinction peut être faite grâce à l'apparence du liquide, au nombre de cellules qu'il contient, à la quantité de glucose (sucre) et à sa viscosité.
- · Quand le liquide synovial est clair, de coloration légèrement jaune, avec une quantité de leucocytes (globules blancs) inférieure à 3000 par ml, il s'agit d'une synovite qualifiée de mécanique. Cela signifie que l'épanchement de synovie est secondaire à un problème autre qu'infectieux, à un choc par exemple. La concentration de glucose est normale quand elle se situe entre 0,55 et 0,83 mmoI par litre.
- · La viscosité du liquide synovial est déterminée en le faisant couler de la seringue goutte à goutte. S'il apparaît un aspect filant avec un long filament à chaque goutte, il s'agit alors d'un traumatisme ou d'une arthrose.
- · Quand le liquide est trouble et jaune, avec une augmentation des globules blancs allant de 3000 à 50 000 cellules par ml, avec parmi ces globules blancs une prédominance de polynucléaires, le liquide est qualifié d'inflammatoire. La quantité de protéines contenues dans ce liquide est élevée, le taux de glucose est normal ou bas, la viscosité est diminuée. On retrouve ces épanchements dans la polyarthrite rhumatoïde, la goutte ou d'autres arthrites inflammatoires, et quelquefois dans les arthrites septiques (dues à la présence d'un microbe).
- · Quand le liquide est d'origine infectieuse, il est troublé, opaque, avec une quantité de leucocytes nettement supérieure à 50 000 cellules par micro litre, et une prédominance de polynucléaires (variété de globules blancs). Le taux de protéines est alors élevé, le taux de glucose est bas et la viscosité est faible.
- · Après un traumatisme, un liquide synovial de type hémorragique est observé lors d'une hémarthrose (épanchement de sang dans une articulation).
- Quand on suspecte une arthrite contenant des germes appelés les gonocoques, il faut mettre immédiatement le liquide prélevé en culture.
La synovectomie, appelée également arthrectomie, est une opération qui consiste à ouvrir largement une articulation malade et à enlever complètement la capsule synoviale et les fongosités qu'elle contient. Les fongosités sont en quelque sorte des structures en forme d'éponge contenues dans un repli de la membrane synoviale.
Il existe un autre moyen de détruire une membrane synoviale : la synoviorthèse.
La synoviorthèse se pratique quand la membrane synoviale est enflammée secondairement à une arthrite (inflammation d'une articulation). On utilise notamment cette technique dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde. Il s'agit d'une maladie au cours de laquelle la synoviale s'épaissit, constituant ainsi des nodules inflammatoires appelés pannus, détruisant progressivement le cartilage, les ligaments et les os de cette articulation.
Pour effectuer une synoviorthèse, on utilise un produit appelé hexacétonide de triamcinolone quand il s'agit de petites articulations, comme par exemple au niveau des doigts. L'acide osmique, quant à lui, est utilisé pour les grosses et les moyennes articulations des membres inférieurs, comme le genou ou la cheville.
On peut également utiliser des isotopes radioactifs comme l'yttriun, le rhénium, l'erbium, qui ne sont pas employés chez les sujets jeunes. Il existe néanmoins une exception à la règle : c'est le cas des individus hémophiles atteints d'hémarthrose (épanchement de sang dans une articulation) récidivante. Après avoir subi une synoviorthèse, l'articulation est légèrement douloureuse et doit être laissée pendant au repos trois jours. Il est conseillé de faire éventuellement prendre au patient des antalgiques, c'est-à-dire des médicaments contre la douleur.
Généralement, la membrane synoviale se reconstitue en deux mois environ. Certains médecins n'hésitent pas à pratiquer une seconde synoviorthèse en cas de besoin, c'est-à-dire quand la membrane synoviale est de nouveau inflammatoire et empêche tout mouvement de s'effectuer normalement.
La synovite est une inflammation aiguë ou chronique des membranes synoviales, dont il existe plusieurs variétés (voir ci-après). La synovite peut se trouver liée à :
- · une infection intraarticulaire comme une arthrite dite septique (due à la présence d'un microbe)
- · une maladie appelée le lupus érythémateux disséminé (susceptible d'entraîner une pathologie de tout l'organisme)
- · une arthrite inflammatoire telle que la polyarthrite rhumatoïde ou la spondylarthrite ankylosante
- · une maladie microcristalline (présence de petits cristaux à l'intérieur du liquide synovial) du genou.
- · la goutte (due à un excès d'acide urique dans le sang)
- · la chondrocalcinose articulaire (incrustations des cartilages et de la membrane synoviale par de petits cristaux de pyrophosphate de calcium ) pouvant entraîner une polyarthrite chronique.
La synovite se traduit par un épaississement de la membrane synoviale pouvant aller jusqu'à éroder l'os se trouvant en dessous, et entraînant des nodules inflammatoires que l'on appelle des pannus synoviaux. À partir de cet instant, la membrane synoviale sécrète un liquide abondant dont la ponction permet de préciser le caractère inflammatoire, rendant alors l'articulation très douloureuse.
- · La synovite crépitante ou ténosite crépitante ou ténalgie crépitante, est une inflammation aiguë des gaines et des tendons, qui se caractérise par une vive douleur et une crépitation très fine. La crépitation (ou crépitement) ressemble au bruit que fait un pied qui s'enfonce dans la neige.
- · La synovite fongueuse se caractérise par l'inflammation de petites structures en forme d'éponge, secondaires à une infection par la tuberculose.
- · La synovite villonodulaire hémopigmentée, appelée également synovite villeuse ou polypoïde, est une maladie des articulations de l'adulte jeune, plus fréquente au genou, constituée par un épaississement de la membrane synoviale infiltrée par des pigments de fer et pouvant également envahir l'os. Cette maladie se caractérise par la survenue d'hémarthroses à répétition (sang dans l'articulation). La résection de la synoviale est le seul traitement de cette affection dont on ne connaît pas la cause.
Le traitement de la synovite repose sur les anti-inflammatoires soit locaux soit sous forme générale (par prise de comprimés). Certains médecins utilisent les infiltrations de corticoïdes dont il ne faudra pas abuser (cortisone) quand la synovite est chronique. On peut également avoir recours à la synoviorthèse (voir ci-dessus).