Voir également dépression.
Synonyme : trouble affectif saisonnier.
Affection touchant les gens vivant dans l'hémisphère nord au moment de la diminution de la période d'ensoleillement.
Cette période commence à la fin du mois d'octobre et disparaît progressivement avec l'arrivée du printemps, c'est-à-dire vers la fin du mois d'avril ou légèrement avant suivant les pays (mars dans le sud de l'Europe). Cette « dépression » touche, semble-t-il, environ la moitié de la population et se traduit par des changements de l'humeur, une baisse de l'énergie et de l'appétit.
Cette pathologie semble être plus fréquente chez les personnes du sexe féminin dont l'âge va de 20 à 40 ans, ce que représente environ 80 % des sujets atteints de trouble affectif saisonnier.
Mécanisme
Les travaux en cours permettent d'avancer plusieurs étiologies (origines) à cette pathologie qui serait liée au système sérotoninergique. On a également mis en cause un trouble de la sécrétion de la mélatonine qui est une hormone sécrétée par l'hypophyse (appelée également glande pinéale) et qui interviendrait dans la régulation de l'humeur. On a remarqué que cette sécrétion, qui dépend des rythmes circadiens (sur 24 h), diminuait chez certains sujets déprimés pendant la nuit. L'exposition à la lumière corrige ce phénomène de variation.
La sérotonine, quant à elle, est un neuromédiateur, appelé également neurotransmetteur (substance transmettant l’influx nerveux entre les neurones ou entre un neurone et un muscle) qui a une constitution chimique de type aminé. Cela signifie que cette substance est dérivée d’un acide aminé (élément de base constitutif des protéines), le tryptophane (acide aminé essentiel fourni par l’alimentation et participant à la constitution des protéines de l’organisme).
Cette neuro-hormone est synthétisée (fabriquée) par les cellules de l’intestin mais on la retrouve dans la plupart des tissus de l’organisme. Elle intervient comme médiateur chimique, essentiellement dans les phénomènes dits d’hypersensibilité immédiate (fabrication d’anticorps après la pénétration d’un corps étranger – antigène - dans l'organisme). On retrouve la sérotonine plus spécifiquement dans les cellules de l’intestin, du rein et du foie. Ce neuromédiateur est également présent dans les mastocytes (variété de globules blancs en relation directe avec les mécanismes d’allergie et de défense l’organisme) et les plaquettes sanguines participant à l’hémostase (premier épisode de l’arrêt spontané d’une hémorragie). La sérotonine participe à de nombreux mécanismes et interviendrait même dans certaines maladies mentales. Elle serait également à l’origine de migraines, du syndrome de Raynaud (perturbation de la circulation sanguine aux extrémités des membres), et du processus inflammatoire. Elle semble d’autre part agir sur les processus nerveux et vasculaires et sur la contraction des muscles lisses (muscles de la plupart des viscères et des artères possédant des contractions automatiques, à la différence des muscles striés du squelette permettant les mouvements volontaires). La sérotonine est transportée par les plaquettes sanguines, puis stockée dans la plupart des tissus où elle transmet des informations du système nerveux central (cerveau et moelle épinière). On la retrouve également dans l’hypophyse où elle permet la stimulation de la sécrétion d’hormones comme la thyréostimuline à l’origine de la sécrétion par la glande thyroïde de la prolactine (favorisant la sécrétion lactée) et de la somathormone (permettant notamment la sécrétion d’hormone de croissance). La sérotonine est susceptible d’entraîner des bouffées de chaleur, ce qui constitue d’ailleurs un des symptômes apparaissant chez un malade atteint de carcinoïde intestinal. Le dosage de la sérotonine permet d’en faire le diagnostic. Des expériences ont mis en évidence la relation qui existe entre la quantité de sérotonine dans le sang et l’apparition de migraine. Il a donc été conçu des médicaments antimigraineux comme le méthysergide ou le sumatriptan qui sont des antisérotoninergiques. Enfin, la sérotonine est une substance libérée par les tumeurs carcinoïdes du tube digestif. Les tumeurs carcinoïdes sont des tumeurs devenant progressivement malignes, généralement de petit volume, et se développant essentiellement dans les muqueuses intestinales (duodénum : segment de l’intestin grêle), mais également dans la muqueuse bronchique (muqueuse des poumons). La fréquence de ces tumeurs est d’environ 1 % des tumeurs digestives et 0,2 % de l’ensemble des tumeurs. Leur apparition se fait aux alentours de 50 à 60 ans dans les deux sexes.
Symptômes
- Asthénie : mal être et grande fatigue, s'accompagnant d'une baisse d'énergie, d'une perte d'intérêt
- Quelquefois, le malade se plaint de troubles de concentration avec irritabilité
- Les insomnies ne sont pas fréquentes, les malades ont tendance à se plaindre au contraire d'un besoin supplémentaire de sommeil
- Il n'existe pas de trouble de l'appétit, mais au contraire un besoin d'absorber des sucreries en quantité supplémentaire à la normale.
Traitement
Bien entendu, le traitement passe par la recherche de la lumière (photothérapie ou luminothérapie) et plus particulièrement la lumière solaire. Celle-ci doit être accompagnée d'une activité physique accrue.
La luminothérapie fait appel à des lampes d'au moins 5000 luxs. Une filtration des rayons ultraviolets concomitants doit être respectée. D'autre part, cette photothérapie est conseillée avant 8 heures du matin. Il est habituellement conseillé aux patients de rajouter à cette exposition d'une heure à 5000 luxs, une exposition d'une demi-heure à 10 000 luxs.
Des études ont été faites sur l'éventuel intérêt de rallonger les périodes d'exposition la lumière par quart d'heure. Cette nouvelle méthode de ne semble pas apporter d'amélioration notable.
Les résultats sont relativement bons. En effet, environ 60 à 70 % des patients rencontrés ont une amélioration de leur vie quotidienne, ce qui se traduit par une activité physique augmentée et facilitée.
Néanmoins, dans certains cas, il est nécessaire d'effectuer une supplémentation (rajouter à l'alimentation) du tryptophane (1 gramme, trois fois par jour, associé à une collation), qui est un acide aminé (éléments de base constituant les protéines) précurseur de la sérotonine, ce qui permet d'augmenter le taux de sérotonine dans le cerveau.
Enfin, dans les cas les plus réticents, l'utilisation d’un antidépresseur apporte une solution, malheureusement à court terme.