Alors que le nombre de nouveaux-nés atteints de microcéphalie a augmenté de façon très inquiétante en Amérique du Sud, des médecins argentins et brésiliens remettent en cause la responsabilité du virus Zika et pointent du doigt un autre responsable : un insecticide fabriqué par une filiale de Monsanto et utilisé contre les moustiques porteurs de la dengue.

Zika et microcéphalies en Amérique du Sud : un insecticide incriminé

Depuis quelques mois, en Amérique du Sud, et particulièrement au Brésil, des bébés naissent avec de très graves malformations crâniennes et cérébrales entraînant un retard mental incurable.

L'augmentation du nombre de cas a affolé les autorités sanitaires internationales, et un coupable a été désigné, le virus Zika, transmis par la piqûre de certains moustiques : une femme enceinte piquée (en début de grossesse) par un moustique porteur du virus courrait le risque de mettre au monde un bébé malformé.

Mais des chercheurs, en Argentine et au Brésil, remettent en cause cette explication : les malformations gravissimes des nouveaux-nés seraient dues à la consommation par la mère d'eau potable traitée avec un insecticide, appelé pyriproxifène et destiné à éradiquer la dengue.

"La détection de milliers de cas de malformations congénitales chez des enfants dont les mères, enceintes, habitent dans des zones où le gouvernement brésilien a ajouté du pyriproxifène à l'eau potable, ne relève pas d'une coïncidence, bien que le ministère de la Santé mette en cause le virus Zika dans ces dommages" selon ces chercheurs.

Le pyriproxyfène est un insecticide recommandé par l'OMS dans la lutte contre le moustique tigre : il bloque la croissance des larves de moustiques, les rend stériles ou les tue.

Les chercheurs relèvent par ailleurs que le Zika, connu depuis les années 50, est une maladie relativement bénigne, souvent asymptômatique, et que jusqu'à présent, aucun cas de malformations congénitales n'avait été signalé, alors que dans certaines zones, 75% de la population est infectée.
Or, entre octobre 2015 et février 2016, 4500 cas de
microcéphalie ont été recencés pour le seul Brésil, où l'insecticide est utilisé depuis 18 mois, alors qu'aucun cas n'est à déplorer en Colombie, où le virus Zika est présent, mais où le pyriproxifène n'est pas utilisé ...
D'autre part, "sur 404 microcéphalies au Brésil, seulement 17 (4,2 %) étaient positifs sur le virus Zika".

Une association scientifique brésilienne, Abrasco, rejoint les conclusions des chercheurs sur la responsabilité probable de l'insecticide dans les malformations congénitales qui frappent l'Amérique du sud, d'autant que selon eux, les méthodes de contrôle des moustiques par produits chimiques polluent l'environnement, contaminent les personnes, mais ne font pas diminuer le nombre d'insectes.

Aucune étude ne permet actuellement de démontrer le rôle du virus Zika dans l'apparition de microcéphalie, et il faudra attendre encore quelques semaines pour qu'une preuve scientifique soit, peut-être, apportée.
Mais là encore, la question restera posée : même si la présence du virus Zika est démontrée dans certains cas de microcéphalie, pourra-t-on être certains que c'est bien lui qui est la cause des malformations ?

Source : Paris Match
Lire le rapport de l'association Abrasco

Quels sont les effets du pyiproxyfène ?

Crédit photo : Pregnancy - Newborn baby head circumference - rafael Ben-Ari - Fotolia.com

Suivant Autisme, Alzheimer... Une appli mobile pour être plus autonome

Aucun commentaire pour "Zika et microcéphalies en Amérique du Sud : un insecticide incriminé"

Commentez l'article "Zika et microcéphalies en Amérique du Sud : un insecticide incriminé"