L'égalité Homme-Femme n'est pas chose acquise en ce qui concerne les traitements médicamenteux : c'est ce que révèle une étude présentée dans le dernier numéro de Sciences et Vie.
Les médicaments sont créés pour les hommes, et peuvent s'avérer dangereux pour les femmes.

Les médicaments soignent mieux les hommes que les femmes

Le magazine américain Nature tirait déjà la sonnette d'alarme en 2010, et une nouvelle étude vient le confirmer : les médicaments ne sont pas adaptés aux femmes.

La raison ? Les tests en laboratoire sont réalisés principalement sur des rats mâles, afin d'"éviter que les hormones ne perturbent les résultats" comme l'explique le Docteur Claudine Junien, généticienne.

Or, les femmes et les hommes ont un métabolisme différent, et les études prouvent qu'ils ne réagissent pas de la même façon aux médicaments.

Qu'est-ce qui différencie les femmes des hommes face à un traitement médicamenteux ?

  • le système immunitaire des femmes est plus réactif : les vaccins ont plus d'effet sur elles que sur les hommes. Une demi-dose de vaccin produit chez une femme la même production d'anticorps qu'une dose entière chez un homme. Une dose entière provoque donc chez elles davantage d'effets secondaires. De quoi mieux comprendre pourquoi les femmes sont 2 fois plus sujettes que les hommes aux effets indésirables des médicaments ! 
  • les somnifères agissent plus efficacement et plus longtemps chez les femmes que chez les hommes : l'Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) recommande depuis janvier 2014 de diminuer les doses de Zolpidem  (Stilnox) prescrites aux femmes.
  • l'aspirine est nettement moins efficace pour diminuer le risque d'infarctus chez les femmes que pour les hommes. Par contre, elle prévient mieux les risques d'AVC. 
  • les statines, molécules de base des traitements anti-cholestérol, augmentent de 71% le risque de diabète chez les femmes après la ménopause (étude publiée en 2013 dans la revue Archives of Internal Medicine), ce qui accroît donc le risque de maladies cardio-vasculaires (contre lequel les statines sont supposées lutter !). Il est donc non seulement inutile mais dangereux de prescrire le même traitement anti-cholestérol à une femme qu'à un homme, d'autant que :
  • le cholestérol est moins dangereux pour le coeur des femmes qu'il l'est pour celui des hommes
  • un taux trop bas de cholestérol chez les femmes augmente le risque de cancer du sein.

On l'aura compris avec ces quelques exemples : on ne peut pas soigner de la même manière un homme et une femme. Et il est temps que les choses changent.
Pour cela, il faut :

  • modifier la méthode traditionnelle des études en laboratoire. L'Institut National de la Santé Américain (NIH), qui finance une grande partie de la recherche biomédicale, a trouvé une méthode qui devrait faire avancer les choses : désormais, il n'y aura pas de subventions pour les études qui n'analysent pas leurs résultats en fonction du sexe.
  • modifier les mentalités et l'approche des médecins, teintées d'un sexisme latent, souvent inconscient, mais dangereux : saviez-vous que les seules études exclusivement consacrées aux femmes (concernant les ovaires, la grossesse, la ménopause) sont appelées "médecine bikini" ? Cela en dit long sur l'image de la femme et le manque de considération pour les spécificités féminines.

Une étude révélait ainsi récemment que les femmes victimes d'infarctus étaient moins bien prises en charge en milieu hospitalier. 
Savez-vous pourquoi ? Parce que les symptômes d'un infarctus chez une femme ne sont pas les mêmes que chez un homme. Là où l'homme aura des douleurs au niveau du coeur, de la mâchoire ou dans le bras gauche, la femme ressentira fatigue, oppression, nausées, maux de ventre ... ce qui est généralement catalogué comme une crise d'angoisse et retarde dangereusement la prise en charge du problème cardiaque.
Or, l'infarctus "tue dix fois plus de femmes en Europe que le cancer du sein ! Aidée par une hausse des facteurs (tabac, obésité, stress), la mortalité grimpe d'autant qu'on ne le prend pas au sérieux", prévient Claire Mounier Véhier, vice-présidente de la Fédération de cardiologie.

En conclusion

  • Oui, les femmes et les hommes sont différents
  • Oui, les hormones influent davantage sur le métabolisme des femmes que sur celui des hommes
  • Oui, les femmes ressentent davantage les effets secondaires des médicaments parce qu'ils agissent généralement plus fort et plus vite sur elles que sur les hommes
  • Oui, une femme peut avoir des symptômes "inhabituels" sans que ce soit systématiquement psychologique (crise d'angoisse ou autre)

Aux chercheurs et aux médecins d'en tenir compte afin qu'une moitié de la population cesse d'être moins bien soignée que l'autre.

Crédit Photo : Femme lisant la notice du médicament - © JPC-PROD - Fotolia.com

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