Oedème aigu du poumon
Traitement
Quand le patient est vu à son domicile et avant l'arrivée des secours, il faut le maintenir en position assise et poser un garrot à la racine des deux membres tout en laissant libre le membre qui va recevoir une perfusion intraveineuse. Il est nécessaire de changer de membres tous les quarts d'heure environ.
Le procédé classique de la saignée ne doit être utilisé que quand il existe un oedème pulmonaire réfractaire et à condition que la tension artérielle soit bonne. Quand cela est nécessaire le prélèvement de sang est d'une quantité allant de 400 à 600 ml. En cas d'anémie la saignée est contre-indiquée.
L'accueil du patient présentant un oedème aigu du poumon est nécessaire en milieu hospitalier et quelquefois en service de réanimation où est mis en place une oxygénation à raison de quatre à 6 l par minute et par sonde nasale. En effet le masque susceptible de mettre l'oxygénation n'est pas supporté par le patient. La pression en oxygène, autrement dit la concentration en oxygène, doit être supérieure à 60 mm de mercure. Dans certains cas il est nécessaire de mettre en place une intubation avec assistance respiratoire quand l'œdème aigu du poumon est réfractaire.
Certaines équipes médicales utilisent la morphine à raison de 2,5 à 5 mg par voie intraveineuse qu'il est parfois nécessaire de répéter selon l'évolution de cette affection. La morphine est contre-indiquée quand il existe des troubles respiratoires à type de dépression c'est-à-dire une fréquence respiratoire inférieure à 12 mouvements par minute.
Les diurétiques et plus précisément le furosémide à raison de 40 mg par voie intraveineuse, qu'il est nécessaire de répéter selon l'évolution, doivent être utilisés avec une certaine prudence en cas d'œdème pulmonaire dû à un infarctus du myocarde. L'élimination trop importante de liquide (diurèse) est susceptible d'être à l'origine d'un état de choc (impossibilité pour les principaux organes de fonctionner normalement : cœur, soit, cerveau entre autres).
Les dérivés nitrés (trinitrine) fonctionnent de la façon suivante. Leur action permet de diminuer le retour d'une certaine quantité de sang ce qui a pour conséquence de diminuer le travail du cœur ce que les spécialistes appellent la précharge cardiaque. Si cela est souhaitable, l'administration de trinitrine peut se faire par voie sublinguale (sous la langue) à raison de 0,4 0,8 mg tous les quarts d'heure environ. La tension artérielle doit bien entendu être contrôlée régulièrement. Il est également possible d'administrer des dérivés nitrés sous forme de dinitrate d'isosorbide en perfusion intraveineuse et de façon continue c'est-à-dire 5 à 15 mg par heure. La posologie (quantité administrée) de cette molécule est diminuée quand il existe une hypotension artérielle (baisse de la tension artérielle).
Une autre molécule est quelquefois utilisée, il s'agit de la nifédipine qui permet de diminuer les résistances périphériques et de diminuer le travail du cœur. Sa quantité est de 10 mg par voie sublinguale à répéter tous les quarts d'heure.
Le nitroprussiate de sodium est également utilisé surtout quand il existe un oedème aigu du poumon dû à une hypertension artérielle survenant par paroxysme (période avec une intensité plus élevée).
La digitaline ne doit être utilisée que quand il existe, parallèlement à l'œdème aigu du poumon, une fibrillation (contractions très rapides et inefficaces) ou flutter auriculaire dont la réponse ventriculaire est rapide. Il est également nécessaire de s'assurer que le patient n'est pas hyperkaliémique (élévation importante du taux de potassium dans le sang) ou qu'il reçoit déjà de la digitaline sous une autre forme. C'est la digoxine sous diverse forme qui est utilisée par voie intraveineuse.
En cas de survenue de tachycardie paroxystique supraventriculaire la cardioversion électrique et quelquefois mise en place.
Quand il s'agit d'un oedème aigu du poumon dont l'origine n'est pas cardiaque les médicaments qui viennent d'être cités sont également susceptibles d'être utilisés.
À cela s'ajoute une position du malade permettant de drainage accentué des poumons et éventuellement une aspiration des bronches.
Quelquefois une intubation, une ventilation assistée en pression positive sont nécessaires tout particulièrement quand le patient présente une asphyxie.
Si on constate une infection pulmonaire, l'utilisation des antibiotiques par voie intraveineuse est le plus souvent nécessaire.
Certaines équipes font appel aux corticoïdes (cortisone). Ils semblent efficaces quand il existe un oedème aigu du poumon lié à une lésion de la membrane située entre les alvéoles et les capillaires, modifiant ainsi la perméabilité de celle-ci. Enfin, comme c'est souvent le cas, au cours de nombreuses affections pulmonaires ou extra pulmonaires, il est souhaitable de rééquilibrer le patient sur le plan acide base et apport de liquide (perfusion).