Administrer les médicaments en respectant les rythmes naturels de l'organisme améliore leur efficacité et réduit leurs effets indésirables : c'est ce qui ressort des recherches menées depuis plusieurs années.

Rythmes biologiques et santé

Cela s'appelle la chronothérapie, de Chronos, dieu du temps, et therapeia, le soin. 
Le principe en est simple : soigner en respectant les horaires biologiques de l'organisme, appelés rythmes circadiens (soit environ 24 heures). 

En effet, le corps humain est réglé par ces rythmes : une zone de notre cerveau commande certains gènes spécifiques qui activent des horloges biologiques présentes dans chacune de nos cellules, et programme ainsi des fonctions telles que l'alternance veille-sommeil, la sécrétion de certaines hormones, la division cellulaire, la température corporelle, ...

Les études ont porté sur 2 approches du  rythme circadien :

1) L'intérêt de respecter les rythmes biologiques naturels lors de l'administration de certains traitements

  • En se basant sur le rythme naturel de division cellulaire, les scientifiques ont recherché à quel moment de la journée il était préférable d'administrer les médicaments afin d'améliorer leur efficacité et de réduire leurs effets indésirables. Ainsi, ils ont découvert que "l'anti-cancéreux fluorouracile était 5 fois moins toxique lorsqu'il était perfusé la nuit autour de 4 heures du matin plutôt qu'à 4 heures de l'après midi" explique le Dr Lévi qui utilise la chronothérapie pour traiter par chimiothérapie ses patients atteints de cancers digestifs (hôpital Paul-Brousse de Villejuif).
  • Des recherches sur les animaux ont démontré qu'on pouvait ralentir la progression d'un cancer du pancréas en programment les prises alimentaires, ce qui a inhibé la prolifération des cellules cancéreuses.

2) Les conséquences de la perturbation des rythmes biologiques

  • "Les études montrent que lorsque le système circadien est perturbé et qu'il ne fonctionne plus de façon coordonnée, on a un risque accru de développer des cancers, des maladies cardiovasculaires ou des maladies infectieuses" (Dr Francis Lévi, directeur de l'unité de l'Inserm Rythmes biologiques et cancers). Le type de cancer le plus fréquemment associé à ce dérèglement est le cancer du sein (risque presque doublé en cas de travail en poste de nuit). Mais les cancers de la prostate, du colon et de l'endomètre sont également favorisés par le travail en horaire décalé.
    En outre, ce dérèglement est également soupçonné de favoriser le diabète et l'obésité et d'accélérer le vieillissement.
  • Une des principales causes de cette perturbation est le décalage horaire chronique (travail posté, travail de nuit), classé depuis 2010 comme "probablement cancérogène" par l'Agence Internationale de Recherche sur le Cancer de l'OMS. Une tumeur au cerveau peut également être la cause d'un dérèglement du rythme biologique.

Où en est l'application de la chronothérapie ?
Malgré son intérêt évident, cette approche est encore peu mise en pratique.

  • Les USA, le Canada, le Japon, la Chine, l'Italie, le Portugal et la Belgique l'utilisent de façon assez limitée pour traiter des patients atteints non seulement de cancers mais aussi de troubles bipolaires ou de dépression.
  • En France, l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif est l'un des rares à disposer d'une unité de chronothérapie. La grande majorité des patients (85%) sont soignés à domicile : ils sont équipés d'une pompe programmée pour délivrer automatiquement les médicaments selon le profil chronobiologique de chaque patient, et donc aux heures auxquelles le traitement aura le plus d'efficacité possible (il existe des bracelets, appelés accéléromètres, qui permettent de mesurer les paramètres critiques du rythme circadien).

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