Pustuloses néonatales et infantiles

Définition 

Les pustuloses néonatales et infantiles, sont un ensemble d'affection qui s'observent au cours des premiers jours, des premiers mois de la vie, et qui se caractérisent par l'apparition de pustules (croûtes de pus), soit localisées, soit généralisées.

Ces pustules :

  • Peuvent contenir des germes (pustules septiques)
  • Peuvent ne pas contenir des germes (pustules aseptiques).

Classification 

On distingue :

  • Les pustuloses septiques qui comprennent :
    • La folliculite qui est une affection très superficielle des orifices où sont implantés les poils. Celle-ci apparaît, soit sur des petites surfaces, soit concerne l'ensemble du corps. Elle se voit essentiellement chez le nouveau-né, et la contamination est possible pendant, ou après l'accouchement. Généralement, les germes responsables sont :
      • Le staphylocoque aureus.
      • Le streptocoque.
      • Le protéus.
      • Le bacille colofornis.
      • Le pseudomonas. Son évolution se fait vers la régression en quelques jours et l'on constate rarement son extension (impétigo) ou des complications infectieuses. Son traitement nécessite l'application d'antiseptiques.
    • La candidose congénitale du nouveau-né qui se transmet au moment de l'accouchement, et qui se traduit par l'apparition de macules érythémateuses (petites taches rouges), qui se recouvrent rapidement de petites croûtes de pus, de coloration blanchâtre, mais qui désquament (tombent) rapidement. L'enfant conserve son état général habituel, sauf bien entendu quand la candidose congénitale ne s'est pas diffusée. Cette affection nécessite un traitement antifongique local (pour lutter contre les champignons).
    • L'herpès néonatal qui se traduit par l'apparition de vésicules qui sont groupées en bouquets, parfois en bulles et qui siègent sur le crâne, le visage, et la région périnéale (le périnée), voire au niveau du pharynx. Plus rarement, les vésicules se disposent sous la forme de grappes assez localisées. On constate également la présence de petites gangrènes cutanées pouvant se disséminer par la suite. Il s'agit d'une lésion grave, s'accompagnant d'une conjonctivite, d'une kératite, et d'une atteinte de l'état général avec une perte de l'appétit, une fièvre et une certaine apathie. Des localisations aux poumons, au foie, et au système nerveux sont possibles. Des séquelles neurologiques, au cours de l'évolution peuvent apparaître.
    • La gale du nouveau-né est une contamination qui se fait après la naissance. Le nourrisson présente quelquefois des lésions en forme de perles généralement aux paumes des mains, et aux plantes des pieds, ou quelquefois dans n'importe quelle partie du corps. Une surinfection est possible (impétiginisation, c'est-à-dire inoculation d'impétigo sur une plaie, ou sur une lésion cutanée). Le traitement de ce type de dermatose doit être prudent. En effet, il existe un risque d'intoxication du système nerveux par certains produits utilisés pour lutter contre la gale.
  • Les pustuloses aseptiques comprennent :
    • L'acropustulose infantile qui se voit essentiellement chez le garçon de couleur noire, et dont on ne connaît pas avec précision la cause. Peut-être s'agit-il d'une sensibilité accrue, mais non spécifique à Sarcoptes scabiei (responsables de la gale). Cette pathologie apparaît entre 2 et 10 mois sous la forme de petites papules de couleur rouge rose, qui deviennent des petites pustules (petites croûtes de pus) en 24 heures. Cette maladie cutanée infantile, siège préférentiellement au niveau de la plante des pieds, de la paume des mains, et moins fréquemment au niveau du dos des mains, des pieds, des chevilles, et des poignets. Beaucoup plus rarement, elle apparaît au niveau du visage, et du cuir chevelu. Elle se caractérise par l'apparition de démangeaisons intenses, qui font croire à une gale. Son évolution se fait vers la disparition spontanée vers l'âge de deux ans. Son traitement nécessite un antihistaminique (pour lutter contre le prurit : démangeaisons), et l'application de dermocorticoïdes (crème contenant de la cortisone), ou encore des sulfones en sachant que cette substance est susceptible d'entraîner certains inconvénients voire des accidents.
    • La pustulose néonatale transitoire, appelée également mélanose pustulose transitoire néonatale, apparaît dès la naissance ou deux ou trois jours après l'accouchement. Il s'agit de petites vésicules, puis de petites pustules, qui siègent au niveau du front, du cou, du visage, du dos, des extrémités, et du tronc. Ces pustules deviennent rapidement des croûtes, en laissant une petite collerette squameuse, c'est-à-dire une partie périphérique qui tombe sous la forme de minuscules lambeaux de peau et, chez l'enfant noir, une macule pigmentée. Cette dermatose régresse en 48 heures, son évolution se fait par poussées. Elle disparaît généralement complètement vers trois mois. On ne connaît pas avec précision l'origine de la pustulose néonatale transitoire, qui semble survenir préférentiellement chez l'enfant noir puisqu'elle concerne environ 5 % des naissances. L'enfant blanc, est moins concerné (0,2 % des naissances). Aucun traitement n'est nécessaire au cours de la mélanose pustulose transitoire néonatale
    • La pustulose céphalique néonatale touche les joues, le menton, le front, le cou, et le cuir chevelu. Cette dermatose qui survient durant les premiers mois de la vie semble être le résultat d'une réaction inflammatoire à une levure : Malassezia sympodialis. Son traitement nécessite l'application de kétoconazole, en crème deux fois par jour pendant 15 jours.
    • La folliculite pustuleuse à éosinophiles de l'enfant survient durant la première année après l'accouchement, et est constituée de papulopustules avec des croûtes de nature inflammatoire généralement regroupées, entraînant des démangeaisons, et ne s'observant qu'au niveau du cuir chevelu. Quelquefois, on constate une atteinte des membres, du tronc, et plus rarement des paumes des mains, et des plantes des pieds. Dans ce cas, il s'agit de petites vésicules avec de petites pustules sur une peau rouge. Son évolution est spontanément favorable, mais on constate quelquefois des récidives. Néanmoins à la troisième année, la disparition totale est obtenue. On ne connaît pas avec précision l'origine de la folliculite pustuleuse à éosinophiles de l'enfant qui concerne le cuir chevelu, plus souvent des garçons ayant des antécédents personnels, ou familiaux de dermatite atopique (terrain allergique). Pour certains pédiatres spécialisés en dermatologie, cette maladie aurait un rapport avec la maladie d'Ofugi, ou avec l'acropustulose infantile. Son traitement nécessite des applications de dermocorticoïde et d'antihistaminique.
    • L'érythème toxique du nouveau-né survient le plus souvent au cours des trois premiers jours de la vie, mais quelquefois dès la naissance. Cette dermatose se caractérise par l'éruption de macules, ou de papules claires, avec quelquefois des vésicules centrales qui sont disposées irrégulièrement. Elle peut se voir sur n'importe quelle zone du corps, sauf au niveau des paumes des mains, et de la plante des pieds. Cette affection se voit préférentiellement chez les nouveau-nés à terme, et chez les prématurés. On ne connaît pas avec précision la cause de cette dermatose qui ne nécessite pas de traitement.
    • L'incontinentia pigmenti.
    • La dyshidrose (voir ce texte)
    • Le psoriasis pustuleux survient soit sur un psoriasis déjà connu, soit pour la première fois. On distingue le type annulaire disposé en forme d'anneau, le type Zumbush dont le début est brutal et qui se caractérise par l'alternance de forme annulaire et de formes généralisées. Les autres formes de psoriasis pustuleux sont la pustulose localisée des doigts appelés acrodermatite de Hallopeau, le psoriasis aigu pustuleux exanthématique, les bactéridies pustuleuses d'Andrews correspondant à des éruptions aiguës de pustules au niveau de la paume des mains, des doigts, de la plante des pieds et les orteils ainsi que du dos des mains et des pieds.
    • La pustulose sous cornée de Sneddon-Wilkinson. Il s'agit d'une affection rare de l'enfant survenant soit environ deux mois après l'accouchement soit pouvant durer une quinzaine d'années. Elle concerne essentiellement le sexe féminin. (voir pyodermatose gangrenosum, syndrome de Sweet, érythème elevatum diutinum, pustulose à immunoglobulines intradermique).

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