Depo‑Provera : des milliers de femmes poursuivent Pfizer après un avertissement tardif sur un risque de tumeurs cérébrales

© Un maillet de justice, symbole des milliers de plaintes visant Pfizer au sujet du contraceptif Depo‑Provera.

Des milliers de femmes américaines poursuivent aujourd’hui Pfizer, accusant le laboratoire d’avoir tardé à avertir du risque de méningiome — une tumeur des enveloppes du cerveau — associé à l’usage prolongé de l’injection contraceptive Depo‑Provera. Cette vague judiciaire survient peu après la décision de la FDA, en décembre 2025, d’ajouter un avertissement officiel sur le risque de tumeurs cérébrales.


Un mouvement judiciaire massif

Plus de 1 700 femmes ont désormais rejoint la procédure fédérale (MDL 3140), accusant Pfizer d’avoir connu les risques mais de ne pas avoir informé les patientes.

Fin 2025, on recensait déjà 1 346 plaintes fédérales et 439 actions locales, signe d’une accélération rapide du contentieux.

Les poursuites reposent sur plusieurs études montrant un risque multiplié de 2,4 à 5,5 pour les utilisatrices de longue durée.


Des avertissements plus anciens en Europe et au Canada

En Europe et au Canada, les autorités sanitaires avaient imposé des avertissements dès 2024 concernant le risque de méningiome sur les produits hormonaux à forte dose, dont Depo‑Provera.

Le Canada alertait même sur ce risque dès 2006, selon plusieurs analyses réglementaires publiées en 2025.


Un retard américain qui interroge

Pfizer affirme avoir identifié un « signal » en 2023 et demandé à la FDA d’ajouter un avertissement en février 2024, mais l’agence a d’abord rejeté la demande, jugeant les preuves insuffisantes.

Ce n’est qu’après une nouvelle soumission en juin 2025 que la FDA a finalement validé un ajout obligatoire au label fin 2025.


Ce que dit la science sur les risques

Le méningiome est une tumeur généralement non cancéreuse, mais pouvant provoquer des complications selon son volume ou sa localisation.

Les études citées dans les plaintes indiquent :

  • Une augmentation de risque de 2,45× chez les utilisatrices de Depo‑Provera.
  • Un risque pouvant atteindre 5,5× après un an d’utilisation continue.

Aux États‑Unis, environ 39 000 méningiomes sont diagnostiqués chaque année.


La réponse de Pfizer

Le laboratoire soutient que Depo‑Provera reste un contraceptif important et largement utilisé,
notamment par une femme sexuellement active sur quatre aux États‑Unis.

Pfizer affirme également que la mise à jour du label reflète simplement la décision récente de la FDA.


Un dossier sanitaire, social et judiciaire de grande ampleur

L’affaire Depo‑Provera met en évidence :

  • Un retard réglementaire américain par rapport à d’autres pays.
  • Une explosion du nombre de plaintes, dépassant les 2 000 dossiers attendus en 2026.
  • Des études anciennes datant des années 1980 évoquant des interactions hormonales possibles.
  • Un impact disproportionné sur les femmes noires, utilisatrices plus fréquentes du contraceptif.

Les premiers procès tests devraient débuter fin 2026 ou début 2027.

Les indemnisations potentielles sont estimées entre 150 000 et 800 000 dollars, selon la gravité des cas.


Pour aller plus loin : enquêtes, documents et sources officielles