La
vasectomie désigne la section chirurgicale des 2
canaux déférents. Elle est utilisée pour stériliser un individu mâle dans certains pays comme méthode de stérilisation masculine dans le cadre de la politique de limitation des naissances.
Voir l'anatomie d'un testicule en coupe sagittale.
Avant l'utilisation des antibiotique la vasectomie été pratiquée après l'adénomectomie prostatique qui consistait à retirer l'adénome de la prostate. Ceci était fait pour éviter que la propagation de germe infectieux déclenche une orchite c'est-à-dire une infection des testicules. Pour l'instant en France la vasectomie constitue une
mutilation illégale.
Les déférents sont les canaux qui transportent les
cellules reproductrices mâles : les spermatozoïdes des testicules vers l'urètre. Ils naissent à partir de l'épididyme juste au-dessus des testicules puis gagnent l'abdomen et se jettent enfin dans l'urètre à travers la prostate. L'
uretère est le canal permettant de transporter non seulement l'urine vers l'extérieur mais également le sperme
(voir des spermatozoïdes à l'intérieur d'un tube séminifère d'un testicule) les spermatozoïdes au moment de l'éjaculation
(voir une vidéo en 3D sur l'éjaculation) Ces spermatozoïdes sont destinés à féconder l'ovule.
Cette
résection chirurgicale qui se pratique sous
anesthésie locale et quelquefois sous
anesthésie générale est obtenue par une section effectuée au niveau du
testicule. Après incision cutanée, les canaux déférents sont sectionnés entre leur sortie des bourses avant leur entrée dans le bassin. Chaque canal déférent à tour de rôle est obturé selon plusieurs méthodes : soit une ligature avec un fil suivi d'une ablation du segment de canal entre les deux ligatures, soit une cautérisation (chauffage important). L'intervention dure en moyenne d'un quart d'heure à une demi-heure.
Il s'agit d'un moyen de contraception masculine simple et efficace
(voir stérilité masculine). Généralement elle est définitive et il faut savoir qu'elle n'entraîne aucune altération de la fonction érotique chez l'homme.
Une autre méthode venue récemment d'Asie consiste non plus à inciser la peau mais à la perforer juste en regard du canal déférent après avoir immobilisé celui-ci à l'aide d'une pince spéciale: un clamp. Avec une pince passée dans l'orifice il est alors possible de sortir le canal déférent et de l'obturer.
Généralement aucun incident notable n'est à noter sauf quelquefois de
petits hématomes sans gravité et une impression légère d'endolorissement. Ceci signifie que la vasectomie empêche les spermatozoïdes d'être présents dans le sperme, mais ne modifie en rien le
comportement sexuel ni l'érection ni l'éjaculation du patient. Néanmoins il est nécessaire de signaler au patient que quelques douleurs résiduelles risquent de surgir secondairement à la présence d'un névrome au niveau de la section. Les
rapports sexuels sont possibles tout de suite après l'intervention malgré la petite gêne qui persiste deux à trois jours.
Le couple doit être prévenu que les rapports pendant une période de deux mois environ risque d'être fécondants. En fait, en pratique, pour être sûr il est nécessaire d'effectuer deux spermogrammes (vérification du nombre de spermatozoïdes dans une éjaculation). Habituellement il faut avoir eu environ 15 éjaculations pour se permettre des rapports libres.
Psychologiquement il s'agit bien entendu d'un changement de vie susceptible d'entraîner quelques perturbations. En effet la faculté de reproduction étant liée à la puissance virile, la
perte de la virilité et plus précisément d'une partie de la virilité est quelquefois mal ressentie par le patient masculin (sentiment d'auto dépréciation). C'est la raison pour laquelle en France il est conseillé de prendre un
temps de réflexion d'environ trois mois.
D'autre part certain chirurgiens n'acceptent d'opérer que les individus ayant déjà au moins deux enfants et avec l'accord de la partenaire. Une nouvelle opération appelée la
vasotomie permet de réaboucher les segments de canaux déférents en vue de permettre un nouveau pouvoir fécondant. Néanmoins cette opération ne permet pas toujours de retrouver sa fertilité. Grâce à des techniques de ponction effectuée en amont il est possible de contourner le problème de la stérilité définitive. Dans ce cas les spermatozoïdes sont recherchés dans l'épididyme au-dessus de la zone ligaturée puis injectés à l'occasion d'une fécondation in vitro dans les ovocytes prélevés chez la femme ce qui permet d'obtenir des embryons qui seront réimplantés.Il existe des échecs (environ 2 %) qui sont expliqués par le processus suivant : les spermatozoïdes, après ligature, finissent quelquefois par passer le canal obstrué sans doute en se frayant un passage à travers le nouveau tissu appelé tissu de granulations qui grignote progressivement la ligature. Il s'opère alors une reperméabilisation des canaux déférents et les spermatozoïdes retrouvent leur chemin habituel.L'avenir pourrait nous réserver des surprises en ce qui concerne la vasectomie en quelque sorte à la demande. En effet, il est prévu d'implanter des sortes de petits robinets susceptibles d'arrêter à volonté le passage des spermatozoïdes et donc d'obtenir une stérilité volontaire ou a contrario une fertilité.
La législation relative à la ligature des trompes ou des canaux déférents est contenue dans l'article L. 2123 du code de la santé publique :Article L.21'23-2 du code de la santé publique « La ligature des trompes ou des canaux déférents à visée contraceptive ne peut être pratiquée sur une personne mineure. Elle ne peut être pratiquée sur une personne majeure, dont l'altération de sfacultés mentales constitue un handicap et a justifié son placement sous tutelle ou sous curatelle, que lorsqu'il existe une contre-indication médicale absolue des méthodes de contraception ou impossibilité avérée de les mettre en œuvre efficacement.
L'intervention est subordonnée à une décision du
juge des tutelles saisies par la personne concernée, les père et mère ou le représentant légal de la personne concernée» Le juge se prononce après avoir entendu la personne concernée. Si elle est apte à exprimer sa volonté, son consentement doit être systématiquement recherché et pris en compte après que lui a été donnée une information adaptée à son degré de compréhension. Il ne peut être passé outre à son refus ou à la révocation de son consentement.
Le juge entend les père et mère de la personne concernée ou son représentant légal ainsi que toute personne dont l'audition lui paraît utile.
II recueille l'avis d'un comité d'experts composé de personnes qualifiées sur le plan médical et de représentants d'associations sociations de personnes handicapées. Ce comité apprécie la justification médicale de l'intervention, ses risques ainsi queses conséquences normalement prévisibles sur les plans physique et psychologique.
Un décret en Conseil d'Etat fixe les conditions d'application du présent article. » (Article 27 de la loi n° 2001-588 du 4 juillet 2001 relative à l'interruption volontaire de grossesse et à la contraception).