La
polyarthrite oedémateuse appelée également
RS3PE (abréviation signifiant " Remiting Seronegative Symetrical Synovitis with Pitting Oedema ") est une
polyarthrite séronégative avec
oedème prenantle godet [( voir signe du
gode), (Pitting signifie godet et Oedema : oedème)].
Cette pathologie a été différenciée en 1985 de la
polyarthrite rhumatoïde. Elle touche plus spécifiquement l'
homme dont l'âge dépasse 70 ans. Pour certains il s'agirait d'un syndrome
paranéoplasique. Il s'agit d'une réaction anormale de l'organisme (manifestation morbide) qui survient lors de l'évolution d'un cancer et tout particulièrement du cancer bronchique à petites cellules. Sa pathogénie (mécanisme et origine) est inconnue. Elle ne correspond pas à une métastase ni à une compression (action d'une tumeur sur les organes ou les tissus de voisinage). Elle disparait en même temps que la néoplasie causale (le cancer constituant le foyer de départ) et réapparaisse en cas de récidives.
Symptômes
À début brutal, touchant les deux côtés et symétriquement mais préférentiellement les mains, le RS3PE est une polyarthrite s'accompagnant d'une
ténosynovite (inflammation du liquide synovial des gaines essentiellement des muscles et des tendons fléchisseurs). Généralement à cette pathologie s'associe un syndrome du canal carpien. Il s'agit d'une compression d'un nerf du bras : le nerf médian, au niveau du canal carpien constitué par les os du carpe (poignet), est quelquefois lésionné au point d'entraîner une paralysie des doigts. Le
canal carpien touche essentiellement la femme pendant la grossesse et à la ménopause, mais également les individus des deux sexes de tous âges (moins fréquemment). Il se caractérise par : un engourdissement des doigts essentiellement la nuit ou le matin au réveil.
Oedème très important, mou, prenant le godet (le fait d'appuyer avec un doigt laisse persister un creux dans la peau durant un certain temps). Cet oedème présente la caractéristique de se localiser en forme de gant ou de chaussette.
Chez certains patients on a pu également décrire une atteinte des grosses articulations (cou, épaule, le genou, hanche, cheville).
On a observé également d'autres signes : une légère fièvre (fébricule), une altération de l'état général ainsi qu'une perte de poids.
Les analyses
- Vitesse sédimentation aux alentours de 50 à 60 mm lors de la première heure.
- Le liquide ponctionné à l'intérieur des articulations contient moins de 3200 éléments par millimètre cube .
- L'antigène H. L. A. B 7 est présent dans 60 % des cas.
- La C. réactive protéine est importante.
- Le facteur rhumatoïde rhumatoïde est absent (contrairement à la polyarthrite rhumatoïde par exemple).
Diagnostic différentiel (il ne faut pas confondre cette pathologie avec...).
La
pseudo polyarthrite rhizomelique. Cette affection touche le plus souvent les gens après 50 ans et se caractérise par un enraidissement des articulations s'accompagnant de douleurs au niveau de la ceinture scapulaire (épaules) et pelvienne (hanches) ainsi que du rachis surtout cervical (nuque).
Le syndrome RS3PE ou polyarthrite oedémateuse bénigne du sujet âgé est une maladie à lui-même. Chez certains patients il représente néanmoins le début d'une maladie inflammatoire chronique c'est-à-dire s'étalant dans le temps et près d'un patient sur des présente un syndrome paranéoplasique. Il est donc nécessaire de surveiller cette affection surtout quand le patient présente une inflammation des articulations, un oedème et que la corticothérapie (cortisone) ne donne pas de résultats positifs.
La radiographie ne met pas en évidence de lésions articulaires de type dégénératif (comme l'arthrose). Elle retrouve quelquefois le gonflement des parties molles mais ne montre pas non plus d'érosion. Autrement dit ce « nouveau rhumatisme » n'a pas de caractère destructeur des articulations.
Évolution
Favorable en moins de 2 ans (entre 8 à 12 mois en moyenne). La polyarthrite oedémateuse guérit totalement
sans rechute et régresse définitivement sans séquelle des articulations, hormis quelquefois la persistance d'un léger raidissement des doigts quand le patient ferme la main (flexion).
Une fois le traitement terminé, la maladie reste en rémission.
Chez certains patients cette pathologie révèle un cancer primitif relativement avancé.
Dans ce cas le traitement par corticoïde à dose faible est nulle ou transitoire.
Traitement
Corticoïde (cortisone) à petites doses permettant de traiter les oedèmes. La posologie conseillée est de
7 à 15 mg par jour de prednisone dont l'efficacité est généralement spectaculaire. Grâce à ce traitement les oedèmes diminuent en quelques jours et les douleurs des articulations en quelques semaines. Les spécialistes en rhumatologie conseillent le traitement durant 18 mois de façon
dégressive.
Remarque chez certains patients néanmoins la polyarthrite oedémateuse entraîne un tableau clinique brutal qui peut éventuellement faire confondre cette maladie avec une infection générale, retardant ainsi le diagnostic. En effet le patient présente une petite fièvre, une fatigue parfois intense et un amaigrissement.