La
pochite est l'inflammation du réservoir obtenu après que le chirurgien ait effectué une
anastomose (réunion) entre deux parties des intestins : l'
iléon et l'
anus. La pochite concerne avant tous les patients souffrant de
rectocolite ulcéro hémorragique et ayant subi une colo-
protectomie totale.
Les fréquences de survenue de cette maladie sont de 15 % au bout d'un an et de 35 % au bout de cinq ans. Après 10 ans d'évolution un malade sur deux souffre d'inflammation de son réservoir iléal. Ainsi, un nombre assez important de patients opérés après anastomose iléo-anale présente une pochite. D'autre part chez deux d'entre eux on constatera une récidive.
Dans l'ensemble la pochite n'est pas très invalidante et le traitement relativement efficace. Celui-ci fait appel aux antibiotiques et au probiotiques (compléments alimentaires permettant de régénérer la
flore intestinale). L'utilisation des probiotiques est avant tout intéressante dans un but de prévention.
Néanmoins chez certains patients la pochite est susceptible de récidiver et de résister à certains traitements entrant alors dans le cadre du syndrome de pochite chronique et réfractaire.
L'évolution est émaillée quelquefois de la nécessité d'intervenir chirurgicalement afin de procéder à une exérèse (on retire le réservoir iléal en pratiquant une
iléostomie terminale définitive).
On ne connaît pas avec précision la cause de la survenue de la pochite. Il semble qu'une perturbation importante du fonctionnement de la flore de l'intestin soit en cause. Pour certains spécialistes en gastro-entérologie (spécialistes médicaux du tube digestif) l'immunité locale c'est-à-dire celle qui se déroule au sein de la muqueuse intestinale (couche de cellules recouvrant, tapissant l'intérieur des intestins) rassemble un ensemble de situations propices à un déficit immunitaire (carence de défense).
Les symptômes présentés par les patients souffrant de pochite sont :
- Accentuation du nombre des selles.
- Besoin urgent de déféquer.
- Diarrhée.
- Rectorragie (présence de sang dans les selles).
- Crampes abdominales.
Les examens complémentaires comprennent avant tout l'endoscopie qui permet de mettre en évidence les lésions survenant au sein de la muqueuse. Il s'agit d'un oedème, d'une fragilité de la paroi intestinale, de la présence de petits grains, de l'absence de minuscules vaisseaux habituellement présents à ce niveau et de petites plaies associées à une sécrétion des liquide (sérosité) traduisant l'inflammation locale.
Étant donné que la pochite survient dans environ 25 % des cas de maladie de
Crohn, l'imagerie médicale permet d'orienter le diagnostic vers cette pathologie. Ainsi, la présence d'ulcérations au niveau de l'intestin grêle, d'abcès, de fistule au niveau de l'anus sont en faveur d'une maladie de Crohn passée inaperçue jusque-là.