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Pancréas

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Physiologie

Le pancréas est à l'origine d'une sécrétion de deux variétés d'hormones : endocrines et exocrines.

La sécrétion exocrine se fait par l'intermédiaire des cellules exocrines. Elle est à l'origine du suc pancréatique fabriqué par les cellules acineuses, qui sont de petites cavités contenant des cellules qui sécrètent un contenu qui se déverse ensuite par l'intermédiaire d'un canalicule (minuscule canal). Les sécrétions sont ensuite acheminées vers l'intestin grêle par le canal de Wirsung (canal excréteur principal).

Le suc pancréatique est constitué d'enzymes (amylase, lipase, etc.) qui sont nécessaires à la digestion des lipides et des glucides. Une enzyme est une protéine permettant d’accélérer les réactions à l’intérieur de l’organisme sans se modifier elles-mêmes et sans modifier les composants qui participent à cette réaction. Sans elles, certaines réactions normales de l’organisme (température, acidité) ne pourraient pas avoir lieu à une vitesse suffisante.

La sécrétion endocrine s'effectue par l'intermédiaire des cellules endocrines constituant environ 2 à 3 % du volume total du pancréas. Elles sont regroupées sous forme d'îlots : les îlots de Langerhans. Ces îlots se trouvent au milieu des cellules acineuses. Il existe trois types de cellules acineuses :
  • Les cellules bêta sont à l'origine de la sécrétion de l'insuline, hormone permettant de faire baisser le taux de sucre dans le sang (hypoglycémiante).
  • Les cellules alpha sont à l'origine de la sécrétion de glucagon, hormone permettant de faire remonter le taux de sucre dans le sang (hyperglycémiante).
  • Les cellules delta sont à l'origine la sécrétion de la somatostatine, hormone à l'origine du contrôle local des cellules précédemment citées (c'est-à-dire alpha et bêta).
La somatostatine une hormone découverte par Guillemin en 1972 et sécrétée principalement dans le tube digestif au niveau des cellules endocrines (hormonales) appartenant au duodénum et au pancréas. Elle est également présente dans le système nerveux central et plus particulièrement au niveau de l'hypothalamus où elle a été découverte. Le rôle de la somatostatine est d'inhiber la sécrétion digestive et d'autre hormone aussi bien endocrines (sécrétées dans le sang) qu'exocrines) sécrétées dans le tube digestif directement).
Cette hormone ne doit pas être confondue avec la somatomédine qui est une substance possédant la propriété de stimuler la croissance osseuse sous l'influence de l'hormone de croissance hypophysaire. La sécrétion de la somatostatine s'effectue à partir de cellules neuroendocrines (provenant d'un tissu hormonal d'origine nerveux). Son rôle est d'inhiber la sécrétion d'hormone de croissance par l'hypophyse (hormones somatotrope et thyréotrope). La somatostatine inhibe également la sécrétion de nombreuse autre hormone : thyrolibérine, corticolibérine (sécrétée par l'hypothalamus), thyréostimuline, gastrine (sécrétée par l'estomac) insuline et glucagon (sécrétées par le pancréas).

L'amylase est une enzyme contenue dans le suc pancréatique (sécrétion fabriquée par le pancréas) et la salive, intervenant lors de la digestion des aliments et transformant l'amidon et le glycogène (longue chaîne de sucre) en d'autres substances (dextrine, maltose). Ceci s'effectue au cours de la digestion dans l'intestin. L'amylasémie est le taux d'amylase dans le sang. L'amylasurie est le taux d'amylase dans les urines.

L'amylasémie (présence d'amylase dans le sang) est généralement élevée dans certaines pathologies telles que la pancréatite aiguë et l'ectasie canaliculaire mucineuse du pancréas.
On distingue, en plus de la macroamylasémie, deux isoenzymes:
  • L'isoamylase S (dont la quantité représente 60 %).
  • L'isoamylase P (dont la quantité représente 40 %).
La macroamylasémie correspond à une protéine présente dans le sang et constituée par un complexe comprenant une amylase unie à une immunoglobuline (anticorps) ayant un poids spécifique> 160 000. La macroamylasémie a pour caractéristique de ne pas être filtrée par le glomérules (structure de filtration rénale) ce qui explique l'augmentation de l'amylasémie alors que l'amylasurie est normale.

Plus précisément l'amylase est une diastase ayant un poids moléculaire d'à peu près 50 000. Le pancréas fabrique la diastase et les glandes salivaires également.

Le but du dosage de l'amylase dans le sang est de confirmer le diagnostic de pancréatite aiguë. Les pathologies se caractérisant par une élévation de l'amylase dans le sang sont (liste non exhaustive : L'obstruction des canaux et des glandes salivaires.
L'inflammation des glandes salivaires.

Les pathologies se caractérisant par une élévation du taux d'amylase dans le sang sont (liste non exhaustive) :
  • La pancréatite aiguë au cours de laquelle l'amylase est très élevée.
  • Une intoxication alcoolique aiguë (sur une courte période) ou chronique (s'étalant dans le temps)
  • Une occlusion des canaux du pancréas à cause de la présence de calculs, d'un cancer, d'un spasme (de l'Oddi).
  • Un ulcère de l'estomac s'accompagnant d'une perforation.
  • Une occlusion intestinale.
  • Des pseudokystes du pancréas.
  • Une insuffisance rénale grave.
  • Une acidose due à un diabète.
  • Des oreillons.
  • Une atteinte des glandes parotides.
  • L'administration de morphine, et d'autres médicaments (codéine, indométacine, aspirine, tétracycline, phenformine, cortisone, acide éthacrynique, furosémide, chlorthalidone, cyproheptadine.
Les pathologies se caractérisant par une diminution du taux d'amylase dans le sang sont (liste non exhaustive) :
  • L'hépatite aiguë ou chronique
  • L'insuffisance de fonctionnement du pancréas s'accompagnant d'une lyse très importante du tissu pancréatique (pancréatite aiguë foudroyante ou pancréatite chronique au stade terminal)
  • L'hypertriglycéridémie
  • L'intoxication par certains médicaments et plus spécifiquement les barbituriques
Le taux d'amylase dans le sang est variable selon les techniques employées par les laboratoires.
  • Avec :La technique Somogyi : de 80 à 180 unités par décilitre.
  • La méthode amyloclastique : maximum 3,3 unités par millilitres.
  • La méthode Zinterhofer : 4 à 25 unités par millilitres.
  • Le taux normal est de 30 à 60 unités internationales par litre de sérum (partie liquide du sang).
  • Le taux d'amylasurie est le suivant (selon les techniques) avec :
  • La méthode Somogyi : 40 à 250 unités par h ou max. : 6000 unités par 24 heures.
  • La méthode Zinterhofer : 24 à 27 unités par millilitres.
  • La quantité d'amylasurie est inférieure à 160 unités par litre.
Pour le calcul du dosage de l'amylasémie (pour les spécialistes quelques précautions doivent être prises au préalable), le tube doit être sec et le sang ou le sérum doit être gardé au réfrigérateur.Pour le calcul du dosage de l'amylasurie les urines doivent être émises en 2,6 ou 24 heures puis conservées au réfrigérateur.
Un patient sans pathologie présente toujours un taux d'amylase dans les urines. L'absence d'amylase dans les urines traduit un déficit de fonctionnement de la filtration rénale.
L'augmentation de l'amylasurie se rencontre, à l'instar de celle de l'amylasémie mais avec un décalage de quelques heures (une douzaine de leur à peu près).
En dehors de l'insuffisance rénale on constate un taux urinaire d'amylase faible en cas de macroamylasémie également.

Le glucagon est une hormone sécrétée par le pancréas, permettant d'augmenter la glycémie (quantité de sucre dans le sang) et favorisant la lipolyse (destruction des corps gras).

Le glucagon est une protéine constituée d'une chaîne de vingt-neuf acides aminés (constituants de base des protéines) associés entre eux. Cette hormone est sécrétée par une variété de cellules du pancréas appelées les cellules alpha. Quand la glycémie diminue, la sécrétion de glucagon est déclenchée. Quand la quantité de glucagon dans le sang est suffisante, il agit sur les cellules du foie en favorisant la libération de glucides (sucres) mis en réserve dans cet organe sous forme de glycogène (très longue chaîne de molécules de glucose associées). Le glycogène est alors métabolisé (transformé) en glucose et fait remonter le taux de sucre dans le sang (glycémie). Celui-ci est maintenu constant grâce à l'intervention de l'insuline (hormone hypoglycémiante, également sécrétée par le pancréas) qui joue l'effet contraire (antagoniste) du glucagon.

Le glucagon, sous sa forme médicamenteuse, est utilisé en injection sous cutanée (sous la peau), intramusculaire (dans le muscle), ou intraveineuse (dans la veine), chez les patients diabétiques en cas d'hypoglycémie , lors d'une utilisation abusive de l'insuline par exemple.
  • En cas de coma hypoglycémique (coma secondaire à une baisse importante du taux de sucre dans le sang).
  • Chez un diabétique inconscient chez qui l'on redoute une hypoglycémie, quand il ne peut pas avaler un aliment sucré.
  • Lors d'une insuffisance de consommation d'aliments sucrés.
  • Lors d'une utilisation trop rapide du sucre sanguin.
  • Lors d'un effort physique important.
  • Après un stress important et déstabilisant.
  • En cas d'insulinome (tumeur du pancréas sécrétant de l'insuline).
Il n'existe pas d'effets indésirables notables du glucagon. Par contre, l'administration de glucagon est contre-indiquée en cas :
  • De glucagonome (tumeur sécrétant du glucagon).
  • De phéochromocytome (tumeur bénigne des cellules qui sécrètent l'adrénaline et la noradrénaline dans les glandes surrénales).
  • D'ingestion d'alcool.
  • De maladie de Von Gierke (faisant partie des glycogénoses) qui se traduit par le déficit en une enzyme indispensable dans l'utilisation normale du sucre : le glucose-6-phosphate. Cette maladie touche le foie, les reins, les intestins, le cœur, les centres nerveux, et se manifeste par une augmentation des lipides, de l'acide urique, de l'acidité, une baisse du taux de sucre dans le sang et d'autres symptômes.
Les effets indésirables sont :
  • Parfois une hypokaliémie (baisse du taux de potassium dans le sang).
  • Des vomissements au cours de certains comas.
La carboxy-polypeptidase est une enzyme qui est sécrétée par la glande pancréatique. Cette substance protéique est capable de transformer les polypeptides complexes possédant (pour les spécialistes en biochimie) un carboxyle libre, en peptides simples et en acides aminés.

Les cellules APUD sont des cellules étudiées par Pearse entre 1966 et 1980. L'acronyme APUD vient de l'anglais Amine Precursor Uptake Decarboxylation. Ce terme désigne les cellules qui sont réparties à l'intérieur d'un grand nombre d'organes tels que (liste non exhaustive) :
  • Le cerveau et plus précisément l'hypothalamus qui contiennent des neurones sécréteurs et le lobe antérieur de l'hypophyse.
  • Le pancréas avec les îlots de Langerhans.
  • La thyroïde.
  • Certaines glandes du tube digestif (composées de cellules endocriniennes).
  • Les organes chromaffines (cellules qui se colorent en brun par utilisation des sels de chrome et appartenant au glandes surrénales).
  • Il existe des cellules APUD qui sont situées en dehors des glandes qui sécrètent des hormones à l'intérieur du sang. Elles appartiennent au système endocrinien diffus ou SED que Feyrter a étudié entre 1938 1954 et qu'il a nommé cellules claires.
La caractéristique majeure des cellules APUD les font entrer dans le système appelé système APUD. Ces cellules ont la capacité de capter et de stocker des amines.

Certaines amines jouent un rôle physiologique important. C'est le cas entre autres des acides aminés, des alcaloïdes et des vitamines. L'adrénaline, la sérotonine, sont des amines. Les précurseurs des amines sont également utilisés par les cellules APUD. Leur origine se situe dans la crête neurale (précurseur du système nerveux chez l'embryon).
Ces cellules possèdent également la capacité de sécréter, pour leur plus grand nombre, des hormones et d'autres substances telles que le glucagon, la calcitonine, gastrine, ACTH est sans doute des catécholamines.

Les tumeurs constituées de cellules APUD sont les apudomes.

Le chymotrypsinogène (en anglais chymotrypsinogen) est une substance, précurseur inactif d'une enzyme qui est sécrétée par le pancréas et qui est transformée par la trypsine en alphachymotrypsine active.

La lipase est une enzyme qui participe aux transformations chimiques des lipides à l'intérieur de l'organisme. Cette structure est constituée de protéines qui ont action sur les lipides de la famille des triglycérides. Par l'intervention de la lipase on obtient des acides gras après scission des triglycérides. Le plus importante des enzymes est fabriquée par les cellules du pancréas puis sécrétée au niveau de l'intestin grêle. C'est dans cette partie du tube digestif que la lipase intervient dans le processus de la digestion des lipides provenant de l'alimentation.
Le taux de lipase dans le sang est normalement compris entre 0,2 et 1,5 unités internationales par litre.
La concentration de lipase dans le sang augmente dans certaines pathologies en particulier en cas d'inflammation du pancréas (pancréatite) mais aussi en cas d'obstruction du canal de Wirsung (canal pancréatique) par un calcul ou une tumeur de nature cancéreuse.
Le dosage régulier de la lipase dans le sang d'un patient, présentant ce type de pathologie, permet de suivre l'évolution de sa maladie.

Le terme glycorégulation (en anglais glycoregulation) désigne la régulation du métabolisme (utilisation et gestion à l'intérieur de l'organisme) des hydrates de carbone (sucres) en faisant intervenir le foie, le pancréas et certaines glandes endocrines (qui déversent leurs hormones à l'intérieur du sang) ainsi que les muscles et le système nerveux central.