Depuis plusieurs années, les poissons d’élevage tels que le saumon, la daurade, la truite et autre bar, font place nette sur les étals des poissonniers.
Que contiennent-ils vraiment ? Ont-ils les mêmes valeurs nutritionnelles que le poisson sauvage ?

Poissons d’élevage : que mangeons-nous vraiment ?

En France, les principales piscicultures élèvent des daurades, des bars, des truites et des turbots.
L’élevage de saumon se fait principalement en É
cosse ou en Norvège. La production industrielle de cabillaud est en cours de développement.

Au départ, les élevages de poissons ont été mis en place pour préserver la faune sauvage. Or, c’est l’inverse qui est en train de se produire : en effet, pour produire 1 tonne de poissons d’élevage, il faut prélever 3 tonnes de poissons sauvages pour en faire des farines.

Antibiotiques et pesticides
Du fait de la forte densité de poissons présents dans les cages d’élevage, les risques de maladies et de blessures sont importants. Pour cela, une grande quantité d’antibiotiques est administrée aux poissons avec leur alimentation.
Les traitements actuels se basent également sur l’utilisation de puissantes toxines : les poissons sont entassés  pour être baignés dans des
organophosphates ou des pyréthrines synthétiques. Ils reçoivent aussi des traitements chimiques dans leur nourriture.

Certaines de ces substances peuvent se retrouver dans la chair du poisson une fois dans notre assiette. En effet, la plupart des toxines sont stockées dans les graisses du poisson.

Par exemple, une parasitose fréquente du poisson est le poux de mer, qui se nourrit de sa chair. Étant donné la forte concentration de poissons dans les cages, ces parasites infectent la quasi-totalité de l'élevage. 
Les cages d’élevages sont donc vaporisées de diflubenzuron, un composé chimique pour lutter contre ce parasite qui fait des ravages chez les saumons d’élevage.
Selon l’industriel Norge (principal éleveur de saumon en Norvège), on retrouverait très peu de cette substance dans le produit fini étant donné qu’il faut attendre 100 jours entre la dernière administration de ce composé et la commercialisation des poissons.
Pourtant, il semblerait que l'ingestion de 
diflubenzuron entraîne la formation, dans l'estomac et les intestins des poissons, d'un composé appelé PCAconsidéré comme cancérigène pour l’homme d’après l’EPA et l’Ineris (institut national de l’environnement industriel et des risques).

Des scientifiques américains sont très préoccupés par deux études qui montreraient que le saumon d'élevage accumulerait plus de cellules cancérigènes et des dioxines toxiques que le saumon sauvage à cause de la consommation importantes de produits chimiques (pesticides) et d’antibiotiques à trop fortes doses.

Colorants
Dans l’alimentation des poissons d’élevage, surtout le saumon et la truite, il y a souvent un enrichissement en colorant pour donner à la chair du poisson une couleur « rose saumon ».
Sans ces compléments, leur chair serait grise et peu appétissante.

Analyse nutritionnelle du poisson d’élevage
Les poissons d’élevage sont généralement plus riches en lipides que les poissons sauvages. Ceci est dû à une alimentation riche en graisses et une dépense énergétique plus faible que les poissons sauvages.
De plus, les poissons d’élevage contiennent moins
d’oméga 3 et plus d’oméga 6 que les poissons sauvages : le rapport oméga 3/oméga 6 est 2 fois supérieur à celui des poissons sauvages. Ceci est dû à une alimentation trop riche en graisses saturées et mono insaturées.

Enfin, le fait de nourrir les poissons d’élevage avec des farines végétales modifierait la teneur en minéraux : par exemple, le bar d'élevage contiendrait moins de fer que le bar sauvage.

Crédit photo : Trout fish farm, Portugal -  Vlada Z - Shutterstock.com

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