Surra

L'homme est susceptible de contracter la trypanosomiase africaine appelée également maladie du sommeil ou nagana, par la piqûre de la mouche tsé-tsé dont la salive contient un parasite : le trypanosome, un protozoaire c'est-à-dire un micro-organisme constitué d'une seule cellule avec un flagellé (qui permet à cette cellule de se déplacer dans le sang entre autres).

Il ne faut pas confondre la trypanosomiase appelée également trypanosomose ou trypanosomatose avec la maladie du sommeil. En effet la trypanosomiase est le nom générique qui est donné aux maladies qui sont déterminées par différentes variétés de trypanosome (voir ci-dessus) ces trypanosomiases comprennent des maladies épizootiques (touchant les animaux) et plus particulièrement les équidés, les bovidés. La maladie du sommeil de la tsé-tsé, le surra, le mal de Caderas, la dourine, la trypanosomiase africaine appelée également et la trypanosomiase américaine ou maladie de Chagas font partie des trypanosomiases.

Plus précisément on distingue :
La trypanosomiase africaine qui est due à trypanosomiase brucei gambiense et qui sévit en Afrique occidentale et centrale.
La trypanosomiase africaine du a trypanosomatose brucei rhodesiense qui affecte l'Afrique orientale.

Contamination
La trypanosomiase africaine est transmise à l'homme par l'intermédiaire de la piqûre de mouche : la glossine appelée également mouche tsé-tsé. Le protozoaire ainsi injecté, le trypanosome, va se déplacer dans le sang et dans les ganglions lymphatiques ainsi que le système nerveux cérébrospinal (du cerveau et de la moelle épinière) grâce à son flagelle.
Le parasite se multiplie par scissiparité c'est-à-dire en se scindant en deux et diffuse dans la circulation sanguine ainsi que dans le système lymphatique environ une semaine après l'inoculation et possède une particularité. En effet il est capable de résister aux défenses immunitaires de l'organisme autorisant ainsi une nouvelle colonisation par modification de leur surface ce qui induit un nouveau cycle de multiplication quand l'infection n'est pas traitée. C'est ainsi que le cycle de multiplication se répète pendant de nombreux mois envahissant certaines zones de l'organisme comme le myocarde lui-même (muscle cardiaque proprement dit) et le système nerveux central (cerveau et moelle épinière). Signalons que la trypanosomiase peut également être transmise par une transfusion sanguine.

Symptômes Le temps d'incubation qui est la période silencieuse correspondant au développement dans l'organisme de germes à l'origine d'une maladie qui ne se manifeste pas encore par des symptômes. Cette période se situe entre la contamination (contact avec le germe : contagion) et l'apparition des premiers symptômes de cette maladie (invasion) dur entre 5 et 20 jours.
Chez certains malades cette pathologie ne se déclare qu'au bout de plusieurs années.
Tout commence par une papule (petite plaque de peau légèrement en relief) qui peut se développer en quelques jours à deux semaines au point de piqûre de la mouche tsé-tsé. Cette papule évolue ensuite vers un nodule (durcissement local de la peau) prenant une coloration rouge foncée et devenant douloureux et dur (chancre trypanosomal) qui se résoud spontanément. Précisant que ce mode d'apparition est plus fréquent chez les non-Africains que chez Africains eux-mêmes.
La phase suivante se développe plus rapidement que chez africains et survient quelquefois brutalement et précocement elle comprend :

Une fièvre intermittente
Des céphalées (maux de tête)
Des frissons
Un oedème transitoire quand les trypanosomes se disséminent dans le sang, les ganglions et la moelle osseuse
Une éruption cutanée de coloration rouge rose quelquefois bien délimitée survenant 6 à 8 semaines après l'infection et plus facilement visible sur les zones découvertes de la peau.
Des démangeaisons
Apparition d'adénopathies (ganglions augmentés de volumes douloureux) au niveau du cou
Splénomégalie (augmentation du volume de la rate)
Hépatomégalie (augmentation du volume du foie)
Fatigue excessive du patient s'accompagnant d'une irritabilité et quelquefois même d'une tristesse ainsi que d'une agitation
Le patient est à la fois très disert (il parle beaucoup) et à la fois se réfugie dans la morosité.
Certains patients présentent des troubles du comportement avec quelquefois agressivité nécessitant une intervention psychiatrique.

Évolution
L'apathie (absence d'intérêts) est remplacé par une hypertonie (le patient dort beaucoup) et une hyperphagie (le patient mange beaucoup).

Le patient présente une agitation nocturne qui contraste avec l'apathie diurne.
En l'absence de traitement, dans un délai variable selon les individus, on assiste tout d'abord apparition de tremblement, d'ataxie (perte de coordination des mouvements) et enfin un coma qui évolue inéluctablement vers la mort habituellement avant le neuvième mois du début de la maladie pour la forme rhodésienne et pendant la deuxième ou troisième année pour la forme gambienne). La mort est due à l'inflammation du myocarde (myocardite) la malnutrition ou d'autres infections secondaires.

Le labo
Les analyses sanguines et les analyses du liquide céphalo-rachidien (liquide circulant l'intérieur du système nerveux central par l'intermédiaire des ventricules et du canal épendymaire) obtenus par ponction lombaire met en évidence la présence le trypanosome qui est le parasite responsable de cette pathologie. Les analyses permettent également de mettre en évidence une anémie, une élévation marquée du taux d'anticorps de type IgM polyclonale.
Pour les spécialistes, en plus des trypanosomes, des cellules caractéristiques de Mott (cellules plasmatiques enfant de morula remplies de gouttelettes d'Ig) peuvent être présentes. On constate également dans certains cas monocytose.

Traitement
Il existe des médicaments antiparasitaires (utilisé contre le parasite lui-même) mais ils sont dangereux. Leur efficacité est réelle mais leur toxicité est importante.

Médicaments utilisés :
La suramine
La pentamidine

En ce qui concerne les atteintes du système nerveux central, le mélarsoprol est le médicament de choix. Néanmoins il existe des effets secondaires graves qui comprennent une encéphalopathie (atteinte de l'encéphale : partie du cerveau) réactionnelle et une inflammation de la peau entre autres.
L'eflornithine est efficace à la fois contre les stades précoces et les stades tardifs de la trypanosomiase gambienne mais non rhodésienne. Son administration se fait par voie intraveineuse.

Prévention
Selon les pays africains, les services de santé luttent parfois efficacement contre la maladie du sommeil en essayant d'éradiquer les mouches tsé-tsé.
Les voyageurs devant se rendre dans les pays concernés par cette maladie courent peu de risques. En fait d'être l'atteinte par une trypanosomiase due à la mouche tsé-tsé n'est pas une pathologie urbaine et ne se développe qu'après de nombreuse piqûres de mouche tsé-tsé.
Sachant que la mouche tsé-tsé pique à travers les vêtements constitués de toile fine, il est nécessaire de se revêtir de vêtements résistants possédant des manches longues et des pantalons. Les répulsifs doivent être utilisés contre les insectes, on a recours à la pentamidine que dans des situations particulières. En effet si ce médicament confère une certaine protection contre la forme gambienne, elle peut entraîner une insuffisance de fonctionnement de la filtration rénale (insuffisance rénale) et des diabètes. D'autre part, elle est susceptible de masquer une infection sans la traiter de façon adaptée.

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