Sinus (comblement des)

Certaines personnes présentant un délabrement dentaire pour différentes raisons (infections à répétition, gingivite
importante, traumatisme, etc.), nécessitent la mise en place d'un implant dentaire, correspondant à la pose chirurgicale de dents artificielles dans les mâchoires. Le chirurgien stomatologue pose l'implant au niveau du plancher du sinus maxillaire (dont l'épaisseur est parfois insuffisante). Quand cette épaisseur est insuffisante, c'est-à-dire qu'il n'existe qu'une fine lamelle osseuse, le chirurgien devra effectuer un comblement des sinus avant de procéder à l'implantation, permettant ainsi une meilleure fixation de la racine de l'implant. En effet, celui-ci aura ainsi toutes les chances de résister aux efforts de mastication (mâcher les aliments) s'il est soutenu par un os suffisamment solide.


La technique pour combler un sinus (cavité située à l'intérieur des os du crâne et plus spécifiquement de la mâchoire) afin de permettre la pose d'un implant dentaire est une technique qui a été proposée la première fois par H. Tatum en 1970 et qui se fait, sous anesthésie générale, par voie endobuccale (par l'intérieur de la bouche). Le but est de créer un orifice osseux appelé volet osseux externe puis une cavité à la base du sinus, sans relation avec le sinus maxillaire. Cette cavité est ensuite remplie avec une matière synthétique (l'hydroxy-apatite) ressemblant à de l'os, ou avec un os hétérogène, ou encore avec un os issu du patient lui-même (os autogène). Actuellement, l'os naturel est préféré pour des raisons liées à l'éventualité d'une contamination. Cette technique nécessite de déplacer, refouler la membrane qui tapisse l'intérieur des sinus, mettant ainsi les sinus en communication avec l'air extérieur (perte d'étanchéité des cavités sinusiennes).

La pose
d'un implant peut être faite en même temps que l'on remplit le sinus (comblement) et ceci à condition que la hauteur en dessous de celui-ci soit supérieure ou égale à 5 mm. Dans le cas contraire, c'est-à-dire quand cette hauteur est inférieure à 5 mm, les implants sont mis en place environ 6 mois plus tard.

L'évolution de ce type d'intervention est le plus souvent bonne.
L'os qui a été greffé est généralement convenablement assimilé à sa nouvelle place, la néovascularisation (création de nouveaux vaisseaux) se fait normalement : la pièce rapportée s'intègre donc convenablement et intègre les futurs implants-prothèses. Au niveau du sinus lui-même, certains patients présentent néanmoins une perte d'étanchéité par délabrement de la membrane sinusienne. Quelquefois, la brèche de cette membrane du sinus est à l'origine de complications infectieuses susceptibles de survenir longtemps après l'intervention. Dans la majorité des cas, on constate la survenue d'un œdème (collection de liquide) dont le volume est plus ou moins important, sans autres symptômes (notamment sans douleurs).

Les complications les plus fréquentes proviennent du lieu de prélèvement de l'os. Ainsi, quand celui-ci est fait au
niveau de la crête iliaque, on constate par la suite un léger handicap fonctionnel à type de boiterie plus ou moins
importante. Néanmoins, ceci rentre habituellement dans l'ordre au bout de quelques mois, parfois plus tôt.
Quand l'os est prélevé au niveau du menton, on constate chez certains patients des troubles sensitifs des canines et des incisives inférieures. Ce type de prélèvement s'accompagne également quelquefois d'une hémorragie importante.
En ce qui concerne les prélèvements sur l'os pariétal (os situé au-dessus du crâne), site le plus souvent choisi par les
chirurgiens, on ne constate pas de suites opératoires majeures en dehors de quelques douleurs résiduelles. D'autre part, cette localisation procure de l'os de bonne qualité et ne semble pas entraîner de complications péjoratives.

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