Péricardite calleuse

Synonyme : péricardite constrictive) symphyse péricardique.

Forme de péricardite chronique (s'étalant dans le temps) et se caractérisant par un épaississement du péricarde appelé pachypéricardite. On ne connaît pas avec précision son origine mais le plus souvent il s'agit d'une infection tuberculeuse qui est confirmée par la biopsie (prélèvement). Celle-ci est devenue rare dans les pays industrialisés. Les causes actuelles sont : le cancer du poumon, du sein, le lymphome malin, un traumatisme direct du cœur, une radiothérapie. Chez l'enfant, la péricardite constrictive se développe quelquefois après une péricardite purulente (s'accompagnant de pus) due à hemophilus influenzae.

La péricardite constrictive se caractérise par la présence d'un un sac fibreux , véritable carapace engainant le cœur, pouvant atteindre 1 cm d'épaisseur, comportant quelquefois des calcifications (dépôts de carbonate de calcium surtout dans les formes tuberculeuses). Ce sac diminue progressivement de volume (rétraction) finissant par jouer un rôle d'étau sur le cœur qui ne peut plus avoir de contraction normal (on parle d'adiastolie c'est-à-dire d'absence de remplissage des ventricules). Ceci entraîne consécutivement un engorgement du foie par le sang (pseudo- cirrhose péricardique), des reins, et de la rate, l'ensemble s'accompagnant d'une stase (diminution de la circulation sanguine veineuse) importante.
Son évolution se fait vers une insuffisance cardiaque (insuffisance de la pompe cardiaque elle-même) s'accompagnant d'une hypertension veineuse (élévation de la pression à l'intérieur des veines) et tout spécialement de la veine cave inférieure dont le sang ne se déverse plus normalement dans le cœur. La péricardites constrictive s'accompagne également d'une ascite (épanchement liquidien au niveau du péritoine de l'abdomen) d'une hépatomégalie (augmentation de volume du foie).

La péricardite constrictive comporte également :
Une dyspnée (difficulté à respirer)
Une asthénie (fatigue très importante)
Une anorexie (manque d'appétit)
Une dyspepsie (digestion lente et parfois douloureuse)
Une cyanose (coloration en bleu des tissus secondaire à une insuffisance d'oxygénation de l'organisme par diminution de transport de celui-ci dans le sang par le cœur)
Une distension des jugulaires (veines situées de chaque côté du cou)
Plus tardivement, un oedème des jambes (liquide non résorbé par les veines dû à insuffisance de fonctionnement de la pompe cardiaque dans son mouvement d'aspiration du sang périphérique).
Un pouls rapide et irrégulier
Une tension artérielle basse, avec une différence entre la tension systolique (chiffre maximal) et diastolique (chiffre minimal) faible
Les examens complémentaires comportent la radiographie (montrant quelquefois des calcifications et une silhouette cardiaque relativement petite) du thorax, un électrocardiogramme typique (montrant un bas voltage : tracé peu élevé), l'échocardiogramme confirme le diagnostic, le cathétérisme cardiaque (mis en place dune sonde à l'intérieur des cavités cardiaques permet de mesurer la pression à l'intérieur de celles-ci.

Évolution
L'évolution est relativement bonne si le diagnostic est précoce. En absence de traitement une évolution fatale peut survenir et être due à une baisse progressive des capacités de la pompe cardiaque en tant que telle, à l'origine d'une baisse du débit sanguin et consécutivement d'une diminution de l'apport en oxygène aux tissus.

Le traitement nécessite une péricardiotomie (ou péricardotomie) c'est-à-dire une incision faite au péricarde dans le but d'évacuer la collection de liquide entre les feuillets du péricarde. La résection chirurgicale du péricarde doit se faire avant que le myocarde (muscle cardiaque proprement dit) ne soit trop atrophié. On parle alors de décortication correspondant à un véritable pelage du péricarde il s'agit d'une variante de la péricardectomie. La décortication permet de libérer le cœur de la gaine qu'il emprisonnait. Les résultats sont généralement bons et aboutissent à la guérison. Le traitement de la tuberculose (l'antibiothérapie spécifique a nettement diminué la fréquence des péricardites chroniques constrictives) fait partie des thérapeutiques.

Une péricardite se caractérise par une inflammation du péricarde qui est l'enveloppe de nature fibreuse entourant et protégeant le cœur. Cette enveloppe est constituée de deux feuillets, un pariétal et un viscéral.

Causes

Aucune quelquefois
Infectieuse (voies aériennes supérieures, méningocoque, tuberculose).. Les virus les plus fréquemment rencontrés sont le virus de Coxsackie A et B, les virus E.C.H.O. En ce qui concerne la péricardite infectieuse, le bacille de la tuberculose est mis en évidence dans le liquide de ponction (de prélèvement) dans 30 à 50 % des cas. Le diagnostic est confirmé par la biopsie du péricarde ou du foie. Son pronostic est réservé et son évolution se fait vers la péricardite constrictive dans quelques cas. Les autres maladies infectieuses sont : l'actinomycose, la candidose, l'échilnococcose, l'histoplasmose (rare)
Rhumatisme articulaire aigu
Connectivite (maladie du tissu conjonctif : tissu de remplissage et de glissement) due à une maladie auto-immune dans laquelle le patient fabrique des anticorps contre ses propres tissus.
Cancer
Traitement par radiothérapie (utilisation des rayons pour traiter une lésion)
La maladie péricardique à cholestérol provoque des épanchements péricardiques abondants avec une forte concentration en cholestérol pouvant induire une réaction inflammatoire est une péricardite constrictive (voir ci-après)
Une insuffisance rénale chronique peut entraîner une péricardite urémique principalement chez les patients bénéficiant d'une hémodialyse

On distingue plusieurs variétés de péricardite (liste non exhaustive) :

Symptômes communs aux péricardites :
La douleur thoracique est un symptôme important mais inconstant qui est généralement présente au cours des péricardites d'origine infectieuse et dans celles liées à un processus auto-immun (pathologie au cours de laquelle le patient fabrique des anticorps contre ses propres tissus). En ce qui concerne les péricardites dont l'évolution se fait lentement (c'est le cas des péricardites tuberculeuses, celles secondaires à un traitement par radiothérapie : péricardite radique, les péricardites d'origine cancéreuse et urémique : voir ci-après) la douleur est souvent absente. Typiquement, la douleur de la péricardite est située en arrière du sternum (rétrosternale) et précordiale gauche (près de l'emplacement du cœur à gauche). Cette douleur est généralement aggravée par l'inspiration (l'air entrant dans les poumons), la toux et les changements de position. Quelquefois la douleur peut être continue donnant une impression de constriction (serrement) irradiant à un ou aux deux bras. Elles sont quelquefois accompagnées d'une hyperthermie (fièvre). Cette pathologie est parfois confondue avec un problème abdominal aiguë.

La différence entre un infarctus du myocarde est une péricardite aiguë est parfois très difficile à faire cliniquement. Ce n'est que l'élévation de certaines enzymes (protéine dont le taux augmente en cas de lésions tissulaires) : les transaminases et de la créatine kinase qui permette de faire le diagnostic différentiel (vers la différence entre les deux diagnostics). Néanmoins, élévation des enzymes est quelquefois observé également au cours d'une péricardite, ceci s'expliquant certainement par une atteinte simultanée de l'épicarde (membrane recouvrant le cœur et du péricarde.
L'auscultation des bruits du cœur montre un frottement péricardique qui est le signe physique plus important. Ce bruit est entendu le plus souvent à l'expiration (quand le patient vide ses poumons) chez un sujet en position assise. Quelquefois aucun bruit n'est audible le jour même et réapparaît le lendemain.

L'électrocardiogramme au cours de la péricardite aiguë sans épanchement important montre des anomalies secondaires à l'inflammation localisée en dessous de l'épicarde (couche la plus superficielle du cœur). Pour les spécialistes le tracé le plus typique est un susdécalage diffus du segment ST au niveau de deux ou trois dérivations standards et de V2 associé à un sous décalage en miroir isolé en arrière et parfois V1.

L'échocardiographie permet de faire le diagnostic avec certitude. Il est sans danger pour le patient et peut se faire au chevet de celui-ci.

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