Os (tumeur maligne secondaire des)

Voire également os, métastase, radiothérapie, chimiothérapie, cytokine, hydroxyproline, phosphatase alcaline, phosphatase acide, calcémie.

Cancer survenant secondairement sur le squelette. Autrement dit il s'agit d'un cancer secondaire à une métastase qui est une tumeur qui au départ était cantonnée à un ou plusieurs organes de départ et dont les cellules cancéreuses ont migré vers le tissu osseux.

N'importe quel cancer est susceptible de métastaser vers un tissu osseux. Néanmoins les carcinomes des poumons, des seins, de la prostate, de la thyroïde, du rein, les lymphomes, les sarcomes sont les cancers les plus susceptibles de donner des métastases osseuses. Plus précisément les cancers de la prostate, du sein et du poumon sont responsables d'environ 80 % de toutes les métastases osseuses.

Les tumeurs osseuses secondaires sont plus fréquentes que les tumeurs osseuses primitives.
La propagation des cellules cancéreuses à partir d'une tumeur primitive se fait par voie hématogène (voie sanguine). Il existe également une propagation des cellules cancéreuses directement dans le squelette à partir d'une cellule d'une tumeur de voisinage.
L'ensemble du squelette, autrement dit toutes les parties osseuses du squelette peuvent être atteintes. Néanmoins il faut signaler que certaines zones squelettiques comme celles situées en dessous du genou et des coudes sont rares.
Les localisations du squelette qui sont par ordre de fréquence les plus souvent atteintes sont :

Les vertèbres
La partie proximale du fémur (située vers le haut)
Le bassin
Les côtes
Le sternum
L'humérus (partie proximale)
Le crâne

Les métastases osseuses peuvent être de nature ostéolytique (destruction du tissu osseux lui-même) ou ostéocondensante quand le tissu osseux se condense sur lui-même) ou bien les deux à la fois.
La métastase ostéolytique s'observe quand la tumeur secrète des substances responsables d'une résorption osseuse que l'on appelle la vitamine D like, les prostaglandines PTHrP ou encore des cytokines pouvant être à l'origine d'une formation d'ostéoclastes (cellules à l'origine de la destruction de l'os proprement dit), il s'agit alors d'interleukine 1 et TNF. Cette variété de lésions est le plus souvent bien diagnostiquée grâce à une radiographie standard. Néanmoins, parfois elle n'est visible qu'une fois que sa taille a atteint 1 cm.

La métastase ostéogénique ou ostéocondensante s'observe lorsque la tumeur fabrique des cytokines qui activent les ostéoblastes (cellules fabriquant de l'os). Dans ce cas la tumeur synthétise des cytokines. La cytokine est une glycoprotéine (en chimie : association d'un sucre et d'une protéine) sécrétée par les lymphocytes et les macrophages, qui sont les cellules de défense de l'organisme chargées d'absorber des particules étrangères.

En résumé la plupart des cancers peuvent entraîner l'apparition des deux types de lésions de manière concomitante et peuvent passer par des stades où l'un puis l'autre type va prédominer.

Symptômes

Parfois aucun. Dans ce cas la tumeur est découverte de façon fortuite quand le patient passe une radio entre autres, pour une autre pathologie.

Survenue de douleurs. Il s'agit là du symptôme le plus courant. La douleur s'intensifie progressivement de semaine en semaine et est le plus souvent localisée et généralement plus intense la nuit que le jour. Certains patients se plaignent de douleurs dorsales voire lombaires. Dans ce cas, quand il existe une notion d'antécédent de cancer ailleurs (prostate, sein, thyroïde etc.) il est alors nécessaire d'envisager des examens pour mettre en évidence un cancer osseux, de façon à pouvoir apporter une thérapeutique adaptée.

Déformations osseuses

Fractures pathologiques (survenant anormalement)

Douleurs irradiantes pouvant être expliquées par un processus osseux à proximité d'une racine nerveuse (nerf sortant de la moelle épinière entre deux vertèbres)

Les examens complémentaires
Les patients traités ou en tout cas connus pour avoir présenté une tumeur cancéreuse doivent être surveillés de très près. En effet quand un de ces patients se plaint de douleurs osseuses il est nécessaire de rechercher une métastase à ce niveau en effectuant :

Des radios du squelette
La scintigraphie osseuse du corps entier permet de déceler quelquefois des lésions métastatiques avant qu'elles soient apparentes à la radio.

La biopsie (prélèvement) permet quelquefois d'orienter la localisation de la tumeur primitive. Dans certains cas c'est la métastase osseuse qui est découverte avant la tumeur primitive.

Une hypercalcémie (augmentation du taux de calcium dans le sang est quelquefois constatée quand il existe une destruction importante du tissu osseux. On parle alors de métastases ostéolytiques (dans laquelle le tissu osseux est détruit)

Le dosage de l'hydroxyproline montre une augmentation de cette substance. Il s'agit d'un acide aminé (le plus petit composant d'une protéine) en quantité abondante dans le collagène qui est une protéine participant à la constitution du tissu conjonctif (tissu de soutien et de comblement de l'organisme) et du tissu osseux entre autres. Son taux d'élimination dans les urines est le reflet (dans une certaine mesure) de la destruction de la trame protéique de l'os, c'est-à-dire de l'activité ostéoclastique. Les ostéoclastes sont les cellules " destructrices " de l'os, contrairement aux ostéoblastes qui reconstruisent l'os.

Le scanner permet essentiellement de mettre en évidence les lésions dans lesquelles l'activité ostéoblastique est importante. En effet cet examen est sensible à du tissu osseux nouvellement constitué.

Diagnostic différentiel. Il est nécessaire de ne pas confondre cette pathologie avec une ostéoporose. Dans ce cas l'os cortical (à la superficie de l'os) est quelquefois préservé alors que l'on rencontre habituellement une destruction de cette corticale en présence de métastase.

Traitement
Il dépend de la nature du tissu osseux atteint et de l'origine de la lésion cancéreuse mais également des symptômes que présente le patient.
La radiothérapie associée à la chimiothérapie (utilisation de médicaments anticancéreux) sélective ou associée à l'hormonothérapie (hormone) est la méthode la plus souvent utilisée. Le traitement hormonal fait appel aux antiandrogènes (médicaments ayant une action contre les hormones mâles : les androgènes) essentiellement pour le cancer de la prostate et aux antioestrogènes pour le cancer du sein.
Le strontium 89 est une substance présent une attirance (une affinité) pour le tissu osseux et les radionucléides ayant un pouvoir antitumoral sont susceptibles d'atténuer les symptômes.
Les biphosphonates (pamidronique) atténuent la résorption osseuse (destruction du tissu osseux). Quand il existe des fractures pathologiques susceptibles de survenir secondairement à la fragilisation du tissu osseux il est quelquefois nécessaire d'intervenir chirurgicalement afin de permettre d'éviter une amputation.
Chez certains certain patient quand l'ensemble d'un os est touché par la métastase c'est-à-dire qu'il existe une extension et que le traitement est réfractaire à la radiothérapie il est quelquefois nécessaire d'envisager une fixation interne en prévision de lésions supplémentaires en pratiquant une endoprothèse chirurgical.
Quand le cancer primitif est extirpé et qu'il ne reste plus qu'une seule métastase osseuse, l'exérèse et l'utilisation de rayons en tant que thérapie avec la chimiothérapie est quelquefois curative.
Les douleurs doivent être traitées quelquefois avec une quantité importante d'analgésique.
Le traitement de l'hypercalcémie (augmentation du taux de calcium dans le sang) se fait non pas par la diminution de l'apport calcique dans l'alimentation, mais par l'utilisation des diphosphonates. En résumé ce traitement dépend de l'intensité de l'hypercalcémie.

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